Maman Blues a 10 ans !

Informer, soutenir, agir... Les dernières actus sont ici !

Mère - Maternité - Difficulté Maternelle : Méconnaissance et Réalité

Mère et Maternité : Des certitudes et évidences trompeuses

"Parfois les mots ne suffisent pas à rendre compte de la nature réelle de ce qu'ils recouvrent." (Nathalie Sarraute)

"On la confond et on la méconnaît dans l'établissement du mot de dyade et on en fait celle qui répond ou ne répond pas de façon convenable aux demandes du bébé et à ses compétences." Guy Benoit Psychiatre. Cahier de Maternologie.


Mère : femme qui a mis au monde ou qui a adopté un ou plusieurs enfants.
Maternité : état, qualité d'être mère.

Le dictionnaire donne systématiquement une définition tautologique des mots Maternité et Mère.
La mère se définit simplement comme celle qui met au monde un enfant ou en adopte un et la maternité est le résultat logique d'un processus biologique (fécondation, gestation et accouchement) ou d'une démarche d'adoption.

Chacune de ces deux définitions se retrouvent renvoyées à l'autre et semblent se suffire à elles-mêmes.

Si leur approche et compréhension varient au fil du temps, c'est généralement en fonction de critères et d'attentes qui leur sont extérieurs. Ces changements éventuels restant toutefois conformes aux règles morales, sociales et culturelles du moment et du lieu. Il y a une compréhension universelle, spontanée, tacite et en apparence satisfaisante de la Maternité et de ce qu'est une mère : on sait de quoi on parle parce que cela se voit ou se déduit. Il y a une femme et son bébé et l'ensemble constitue la maternité*.

* Avec parfois en périphérie l'évocation du père, pour cadrer (recadrer ?) les gestes ou états d'âme de la mère.


Le sens de la maternité et de l'état d'être Mère s'imposent d'emblée, juste en les énonçant, sans qu'il soit besoin d'aller au-delà de ces postulats de base ou de questionner et de débattre de leur nature et fonctionnement. Il a une automaticité d'existence réciproque : là où il y a une mère, il y a de la maternité et vice-versa. Cela ne peut être autrement, comme la lumière va de pair avec l'ombre, le recto avec le verso, la mère va avec la maternité.


Dans l'esprit de tous, la maternité est une compétence innée de la femme et cet instinct se retrouve « merveilleusement » complété par l'amour maternel tout aussi automatique. L'amour maternel étant ce qui distingue la femme de l'animal, ce qui donne au côté pulsionnel et rude de l'instinct, fût-il maternel, de la douceur et du moelleux. Avec un tel bagage ontologique les mères effectivement ne peuvent que se sentir mère et en lien avec leur bébé.


Pourtant, lorsque la difficulté maternelle survient - et elle survient plus d'une fois sur dix - il devient compliqué de comprendre et d'accompagner une femme qui se sent dans l'incapacité de répondre aux besoins de son nouveau-né, qui ne ressent pas ou peu d'élan pour lui ou bien qui se sent déchirée par les sentiments d'amour qu'elle éprouve...


Conscients de ces dysfonctionnements maternels, la nécessité de leur fournir des explications rationnelles et rassurantes s'est fait sentir, ne serait-ce que pour ne pas contredire les belles théories de la maternité humaine. Au fil des époques et des découvertes, on a avancé différents facteurs : des facteurs naturels avec l'absence d'instinct maternel pour certaines femmes « dénaturées », moraux avec la mauvaise mère par opposition à la bonne mère, la seule admise, des causes physiologiques avec les hormones, génétiques* et psychiatriques où nombre de femmes dépressives ou psychotiques ont été diagnostiquées.

* théorie de l'attachement génétiquement programmé chez la mère et l'enfant de John Bowlby.


Etant impossible de nier ces « ratés » dans le mécanisme si bien huilé de la maternité, il fallait avancer des causes qui les mettraient à distance. Oui ces comportements déviants existent, mais ils n'ont rien à voir avec la maternité. Ils ne sont surtout pas des effets du devenir mère, mais des « empêcheurs » de maternité.
Tout au plus a-t-on accordé aux mères, par souci d'humanité, quelques atermoiements légitimes du fait de leur histoire personnelle ou d'un accouchement difficile, et un petit délai compréhensif qui est le baby blues, « la ristourne de complaisance » comme l'évoque Jean-Marie Delassus.
Mais passés ces premiers instants de tolérance, la volonté de remédier au plus vite à ces égarements maternels se mobilise et ce avec d'autant plus de vigueur et de célérité que l'évènement inquiète et déstabilise l'entourage et le corps médical.


Ces différents points de vue maintiennent la difficulté maternelle dans une impasse et peinent à apporter une véritable réponse à ce problème de santé. Touchant dans des proportions non négligeables, des femmes sans antécédents psychiatriques ou sans saillies particulières dans leur personnalité ou caractère, la difficulté maternelle dérange car elle dément le caractère naturel et automatique prêté jusque-là à la maternité humaine. Le taux élevé – et certainement peu fiable – de 10 pour cent de mères concernées devrait pourtant nous inviter à réviser nos croyances ou opinions. Sauf à croire que chaque année, surgissent à la faveur d'une naissance plus de 80 000 femmes dont on n'avait pas vu auparavant les problèmes psychiatriques, hormonaux, moraux ou génétiques...
Sommes-nous vraiment sérieux quand nous persistons à défendre ces considérations sur la difficulté maternelle ?
Le temps n'est-il pas venu de reconsidérer et d'explorer la dimension réelle de la maternité ainsi que les fondements du désir d'enfant ?

La Maternité Psychique, le versant ignoré : le véritable « continent noir » de la femme* ?

* Allusion à Freud, qui dans “La question de l'analyse profane", exprimait son désarroi : “La vie sexuelle de la femme adulte est encore un continent noir pour la psychologie”

"La Maternité n'est pas seulement liée à la reproduction, Mais au désir, Elle ne vient pas du hasard mais du rêve, Elle accomplit l'existence de l'homme et ne se limite pas à la procréation". «  La maternité n'est –elle pas avant tout plus qu'un rapport des corps, un état d'esprit ? ». Jean-Marie Delassus


Longtemps, la croyance lénifiante en un instinct maternel a suffi à expliquer la nature et le fonctionnement de la relation mère-bébé.
Cette conception naturaliste avait « le mérite » de rassurer les femmes sur leurs compétences maternelles futures, qui seraient à ne point en douter « livrées » en même temps que leur bébé. L'existence d'un instinct maternel permettait de ne pas aborder d'emblée la maternité du côté de l'inconnu et l'incertitude. Hélas, en cas d'éprouvés douloureux face à leur bébé, la déception, désillusion et même la panique qui s'ensuivaient, devaient être plus rudes et incompréhensibles. Les sentiments de culpabilité et faute morales devaient en être décuplés, puisque même la nature ne les avait pas confirmées : moins qu'un animal !


Le caractère éminemment physiologique de la maternité humaine a longtemps masqué sa véritable nature et spécificité. Sa partie immergée, c'est-à-dire ce qui généralement la définit : la grossesse, l'accouchement, une mère et son bébé dans les bras l'un de l'autre, se trouve dotée à l'inverse des autres mammifères, d'un fondement psychique. Celui-ci émarge aux processus inconscients et relève d'une construction qui s'élabore tout au long de sa vie, partant de son histoire prénatale en passant par celle de sa naissance et petite enfance. A cette genèse – ossature - de la maternité psychique se rajoute au fil du temps l'impact – positif ou négatif - des évènements passés, des traumatismes et deuils, des circonstances de la grossesse et de l'accouchement, des relations de couple, ...


* Selon certains courants psychanalytiques et cliniques, ce versant ou processus psychique est désigné sous les termes de :


Maternogénèse (Maternologie) : trame de la maternité psychique qui s'élabore de la vie prénatale à l'enfance, composée de quatre stades correspondants aux quatre fantasmes originaires relevés par la psychanalyse : expérience de l'originaire avec sa mère, puis rupture du syncrétisme (séparation de la mère à l'initiative de l'enfant), auto-attribution du maternel (la petite fille reprend à son compte la possibilité d'avoir un enfant dans l'avenir), puis confirmation par le père (reconnaissance tacite de ses futures compétences maternelles par celui-ci). "Le sens de la maternité" aux éditions Dunod de Jean-Marie Delassus.


Maternalité : expression de Racamier emprunté à l'expression anglaise motherhood (1961) : c'est l'ensemble des processus psychoaffectifs qui se développent chez la femme à l'occasion de la maternité, genèse de la maternité, fruit d'un processus complexe qui commence dès le premier âge dans les relations du bébé fille avec sa propre mère et qui se poursuit dans la manière dont est vécu le conflit oedipien et la valorisation que le père apporte à sa fille future mère (Bernard Durand - Société Marcé Francophone).
Pour Catherine Bergeret Amsellek la maternalité serait une crise d'identité nécessaire et curative que l'on se permet de vivre si on est bien entouré (au risque sinon de perdre la raison). Le mot crise n'étant pas à prendre ici dans le sens de pathologique ou anormal, mais plutôt dans celui que lui donne Jean Didier Vincent dans son livre Biologie des passions (éditions Odile Jacob) : « une crise n'est pas la rupture d'un ordre, ni même d'un désordre, mais le retour en force de ce qui fait le fond de l'être. ». Ce processus de maternalité peut se poursuivre sur plusieurs maternités successives et ne pas nécessairement s'engager/s'enclencher en même temps que l'évènement maternité : il peut se trouver différé, voir même escamoté par le moi qui s'en défend énergiquement.
Selon Guy Benoit, psychiatre maternologue, le concept de maternalité est à manier avec prudence, car il considère la maternité comme une crise en rapport avec l'activité libidinale de la femme, avec son complexe de castration, de telle sorte qu'à cette occasion se remobiliseraient des choses mal résolues dans l'enfance ou l'adolescence. La maternité serait donc définie à la base comme un état fragile, un état de relatif déséquilibre.


Pour Monique Bydlowsky dans "Je rêve un enfant" : la maternité se construit en 3 étapes, selon 3 composants psychiques dont l'enfant arrive au point de convergence : s'identifier dans un premier temps comme la mère du début de la vie, puis s'en détourner, s'en détacher et désirer avoir un enfant du père (comme la mère), plus tard le désir sexuel éprouvé pour un autre homme que le père lui permettra de tenter de réaliser la synthèse de ses désirs anciens en un projet d'enfant.
Cette identité maternelle se construit et se consolide pendant les deux ou trois premières années de l'enfant, d'où la nécessité de poursuivre tout accompagnement bien au-delà de la simple disparition des symptômes d'anxiété et de dépression chez la mère...


Sophie Marinopulos et Israël Nisand, dans le livre « Neuf mois et cætera » (Editions Fayard),  évoquent l'origine du sentiment maternel : « Nous pouvons dire que le sentiment maternel qui se développe pendant la grossesse s'origine dans un passé qui convoque des personnages rencontrés précédemment. Il apparaît bien avant que la grossesse ne se déclare. Il est là, en la mère, dans sa chair, et il met en jeu un autre corps, virtuel, différent, composé de pensées. Le sentiment maternel chez les humains est un « corps-pensées-pensant ». Ainsi, la maternité n'est pas instinctive mais historique. Elle prend son sens dans la construction de l'histoire de la personne alors qu'elle était elle-même enfant de ses parents. Elle s'inscrit dans des repères filiatifs où le père et la mère de ce personnage enfant occupent des places centrales. »

Sous-estimation de la difficulté maternelle en France


Une femme sur 10 traverserait une difficulté maternelle majeure*, lors de la naissance de son enfant : soit plus de 85 000 femmes annuellement. Il s'agit donc d'un réel problème de santé publique.

* c'est à dire nécessitant une prise en charge psychologique régulière pouvant aller de plusieurs semaines à plusieurs mois.


Toutefois, nous avons des raisons de penser que ces statistiques sont sous-estimées et ne reflètent qu'une partie de la réalité : celle des cabinets médicaux et non celle des foyers.


D'abord parce que les moyens de prévention et détection de ce problème de santé sont limités et variables dans leurs critères d'approche et de déduction, et qu'ils ne s'attachent, pour la plupart, qu'au recensement des dépressions du post-partum ou des exceptionnelles psychoses puerpérales. Sont écartées de ce fait, d'autres formes de difficulté moins "flagrantes" : maternités dites formelles où la mère recouvre sa propre défaillance en s'absorbant dans un maternage continu, bébés dont le développement psycho affectif stagne...
Ensuite parce qu'une majorité de femmes n'en disent rien par honte et/ou ignorance de ce qu'elles vivent.
Comment alors considérer ces chiffres comme fiables et pouvant servir de base de réflexions et d'actions ?


Les mères en souffrance dans leur maternité sont certainement plus nombreuses que ce que les statistiques nous en disent. Au-delà de celles qui ont été « recensées » médicalement comme étant en dépression, combien sont-elles, celles qui demeurent silencieuses chez elles dans une stupeur douloureuse à attendre que l'amour maternel, qui devait normalement les envahir à la naissance, vienne régler tous leurs problèmes d'adaptation et de relation avec leur bébé ?
Combien sont-elles réellement, celles qui ont abordé leur maternité, confiantes, la tête pleine de certitudes, et qui se découvrent le coeur vide, incertain, déchiré, dans une attente affolée d'émotions fortes ?


Il leur faudra toutes faire le deuil de leurs rêves et idéaux de maternité aux couleurs d'image d'Épinal, généreusement entretenus par les médias, la publicité et la société toute entière. Alors que la venue au monde de leur bébé risque de les effondrer et qu'elles doutent jusqu'au vertige de leur capacité de don et d'amour, il leur faudra trouver de quoi patienter pour le faire vivre, se taire et faire « bonne figure ».

Les facteurs de méconnaissance de la difficulté maternelle Maltraitance des mères

"Le fait d'être mère est un acte humain, avec ses particularités et sa liberté." Pascale Rosenfelter : « Bébé blues. La naissance d'une mère. (Éditions Points actuels).

« Une femme enceinte fait partie des biens publics, j'ai commencé à me sentir comme un bus avec « maman » marqué dessus, et le monde entier se bousculait pour monter dedans... Tout le monde avait son inconscient au bord des lèvres. Tout ce que mon corps de femme enceinte déclenchait n'était pas social, ni politique, c'était animal et primitif et sans défense. » (Anne Enright : le choc de la maternité).


Plusieurs facteurs contribuent à faire de la difficulté maternelle un drame humain qui se joue dans l'ombre.


Postuler que la maternité est une disposition naturelle et affective de la femme constitue l'un des premiers facteurs de cette méconnaissance. Il y a une injonction morale, sociale et même médicale parfois qui ordonne qu'elle soit toujours au rendez-vous de sa maternité, toute entière requise à cette tâche. La mère doit assurer la maternité avant même que de songer à respirer pour elle-même. Elle est une fonction et un devoir au regard du langage. La mère est une figure imposée, il n'y a pas de programme libre en maternité. N'y-a-t-il pas là une violence à dénoncer ? Pour Monique Bydlowski, l'idéalisation de la maternité serait d'autant plus exacerbée, qu'aujourd'hui, la contraception peut donner l'illusion de ne concevoir que des enfants désirés. Catherine Serrurier, dans L'éloge des mauvaises mères (Editions Desclée de Brouwer), rappelle que le mythe de la mère sacrée est toujours aussi tenace : « Il continue de se transmettre de génération en génération, superbement indifférent à la formidable transformation des moeurs ces dernières décennies et aux mille voies de la révolte des femmes. »


Le silence spontané des mères dans ces moments difficiles : celles-ci répugnent à évoquer leur difficulté ou leurs doutes et voient parfois dans l'acceptation stoïque de leurs souffrances, le prix à payer pour leur indignité maternelle. La crainte en particulier de se voir retirer leur enfant peut sceller les lèvres des plus "audacieuses".


La confusion et l'imprécision des termes médicaux pour désigner les troubles de la maternité psychique : déprime, blues, dépression... Ces mots à la signification vague font de ces épisodes de vérités personnelles, de banals incidents de parcours répertoriés et étiquetés. Ils lissent l'éprouvé des mères et ne visent qu'à mettre en place les moyens de juguler au plus vite les effets de leur détresse. Pourquoi circonscrire toute la complexité et la diversité de cette difficulté en la réduisant à quelques termes largement médiatisés auprès des femmes ? Que disent-ils de leur histoire, de leurs impressions, et de leurs craintes les plus folles ? Que disent-ils de la maternité humaine et du devenir mère ?


Le soin ou l'attention porté à la difficulté maternelle se limite encore à des préoccupations d'ordre social : Pour prévenir toute maltraitance infantile, on ne veut voir ou intervenir que sur les causes sociales prêtées à la difficulté maternelle, difficulté qui peut être avérée, supposée, « prédite », ou bien totalement absente. En dehors de ces critères la difficulté maternelle est niée. Elle sera attribuée à une défaillance d'ordre psychiatrique, sans plus de rapport direct avec l'évènement maternité, et évacuée vers la psychiatrie à charge pour elle de prendre la suite. Quant aux mères défaillantes pour des raisons dites sociales ou éducatives, elles seront certes au centre d'attentions multiples, mais tronquées à la base. Les mesures prises viseront d'abord à réguler des comportements ou des situations dites à risque au détriment du fond qui pose problème. L'empathie et la bienveillance ne seront pas une priorité (sauf pour le bébé) et seront réservées aux « repentantes », à celles qui feront un effort. Les problématiques sociales ou morales constituant les seules clignotants pour repérer une difficulté maternelle en constitution, les services de prévention se focaliseront sur les carences et défaillances visibles des mères : précarisation, fragilités psychologiques manifestes, antécédents psychiatriques, personnalité ou caractère atypique, âge, situation de couple, comportements dérangeants ou inquiétants pour l'ordre public... C'est muni des meilleures intentions que tout ce monde déploiera d'énormes moyens pour "normaliser" les situations et les attitudes. Cette manière d'appréhender la maternité nous semble particulièrement inappropriée et peut même s'avérer maltraitante sur le long terme. En se préoccupant essentiellement de leur apparence et de leurs comportements, en s'appuyant sur leurs présupposées incapacités à faire face aux évènements de leur vie et sur leurs possibles défaillances à l'arrivée du bébé, on risque de les fragiliser davantage et d'induire une réelle difficulté maternelle.
Comme s'en émeut Françoise Molénat dans son livre "Mères vulnérables" :"Le risque de maltraitance est un concept assez flou qui a le mérite d'émouvoir mais l'inconvénient de cibler les parents comme coupables, chaque intervention dans un but de prévoyance se fonde sur l'existence de carences donc sur les aspects de manque et de limites."


La société se sent plus légitime à intervenir dans ces domaines plutôt que dans le registre des émotions maternelles. Faut-il y voir de pudeur, du désintérêt, voire de la peur ? Comme si elle avait le pressentiment que sonder les profondeurs de la maternité était non seulement une perte de temps mais la renverrait à quelque chose d'impossible à affronter. En travestissant le sens de la difficulté maternelle derrière des problèmes sociaux ou des causes psychiatriques, la société garde le contrôle sur la maternité et assure son bon ordre. Le monde tel qu'on le bâtit et souhaite le maintenir serait-il encore le même après un tel voyage en terre de maternité ? L'ordre de ce monde ne peut donc voir que du désordre et des troubles dans la difficulté maternelle.

"Nous ne pourrions souffrir que les femmes disent la vérité. Nous ne pourrions pas le supporter. Cela causerait une souffrance infinie, amènerait les plus effroyables bouleversements dans ce paradis illusoire assez médiocre, mais cependant idéaliste, dans lequel chacun d'entre nous vit sa propre petite vie" (Joseph Conrad)


La médicalisation pédiatrique des effets de la difficulté maternelle sur le bébé entretient également cette méconnaissance de la maternité. Alors que l'enfant est dans les premiers mois de sa vie comme "un psychisme branché" en permanence sur sa mère et constitue avec elle une véritable entité clinique, ses problèmes de santé sont rarement rattachés à une possible souffrance maternelle sous-jacente, ou alors sont évoqués comme les conséquences d'une négligence ou maltraitance maternelle éventuelle.

« Au lieu de pathologiser ou de la surmédicaliser ou de la bousculer, ne conviendrait-il pas de respecter ce temps de seuil pour la maman dans la rencontre presque poétique avec son nouveau né ? »Valérie Loiret, cahier de Maternologie numéro 21.

Elsa Grangier, chroniqueuse aux Maternelles sur France 5, marraine de Maman Blues

NOUVEAU !
Nouvel ouvrage auquel Maman Blues a participé :

Soutenez Maman Blues

Pour rester informé des actions à mener, pour partager nos informations et nous soutenir, adhérez à l'association Maman Blues.

Désormais, vous pouvez régler votre adhésion en ligne et en toute sécurité avec Paypal.

Logo Paypal

Vous pouvez également nous soutenir en vous rendant sur notre profil HelloAsso (lié à MailForGood)

ha-logo

Logo du label 'Droit des usagers de la santé'Label de la Commission sur les Droits des Usagers accordé à notre plaquette d'information sur la difficulté maternelle

 

Regarder, rire, s'émouvoir... Acheter !

Nos partenaires

MagicMaman, partenaire de Maman Blues

 

Allo Parents Bébé, partenaire de Maman Blues

Design et mise en place par ikicrea.com, création de sites web Marne-la-Vallée, 77