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C'est l'histoire d'une petite fille...

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 04 juil. 2018, 20:14

Il planait sans cesse comme une urgence, un danger, une nécessité à s'agiter, à ne pas "juste être soi". Donc quand je m'imagine me connecter à moi en présence de ma fille c'est comme demander à Ritalea petite de lâcher, de faire confiance, de lâcher cet état de vigilance malgré l'attitude de ma mère qui elle est paniquée, tu vois?
Ça j'aurais pu l'écrire aussi.
Lâcher la vigilance, faire confiance... Se faire confiance en tant que mère, quel gros morceau.
Moi aussi quand je materne ma fille je me fais penser à ma mère. Mais ça ne me dérange pas trop. Et puis j'en ferai toujours moins qu'elle niveau hystérie ^^

Je comprends un peu ton impression d'étouffer. Je ressens quelque chose de proche: je me sens envahie. Et, comme il n'y a pas de hasard, j'avais une mère très envahissante. J'aimerais pouvoir avoir "les bonnes distances" avec ma fille. Pour ne pas reproduire le schéma familial. Mais je trouve que vivre avec un bébé, c'est un peu être dans la fusion forcée. Même quand tu ne veux pas parce que tu as trop connu ça. Du coup je m'accroche à l'idée que je me sentirais mieux quand elle sera plus grande...

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 05 juil. 2018, 15:11

Antonella a écrit : Je remonte toujours par SAS. Des périodes douloureuses qui me permettent d'avancer que je ne maîtrise pas
Ces SAS dirais tu que c'est la petite fille en toi qui s'exprime? Qui pleure, qui crie, qui souffre? Pour ensuite laisser de nouveau la place a Antonella femme?

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Antonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Antonella » 05 juil. 2018, 19:39

Bonsoir Ritalea,

Ces SAS de décompression comme une remontée sous marine j'ai arrêté de les analyser, de les comprendre. Je me dis que si je suis ainsi c'est qu'il doit y avoir une raison. J'accepte ces moments difficiles en attendant que cela passe.

Ce que je ressens avec certitude, une fois que le mal-être passe, c'est la sensation d'avoir mué.
Une sensation douce d'être plus légère, plus confiante dans la vie, plus heureuse, plus ancrée dans la réalité et l'instant présent.

Bonne soirée :coeur:
Enfin libre d'etre mère

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 30 juil. 2018, 09:45

Antonella a écrit :J'ai accepté de ne pas être la mère que je m'étais imaginé être. J'ai accepté que mon fils pourrait en souffrir. J'ai accepté que c'était ainsi. J'ai vécu sans me poser de questions, sans penser au lendemain, en faisant les choses même si cela n'était pas du tout ce que je souhaitais. C'était comme ça. J'étais épuisé de contrôler, de tenir. Fatiguée.
Et bien malgré moi, c'est à partir de là que j'ai commencé à avancer sur ce chemin tétanisant de la maternité.
Petit à petit, j'étais en train de sortir de ma prison, de ce piège que je m'étais moi-même tendu. Je suis sortie de ma boîte, de mon rectangle :) .
Je me suis libérer de mes interdits.
J'ai relu tes écrits dernièrement, à la recherche d'espoir. Et ce passage m'a parlé.

Je crois que ce lâcher prise auquel tu fais référence ici, je ne l'ai toujours pas fait. Je refuse de le faire. Je préfère tenir, contrôler. J'ai toujours agi comme ça.
J'ai peur de m'effondrer si je le fais, j'ai peur d'abandonner mon mari et ma fille si je lâche, j'ai peur de m'exposer, de me sentir vulnérable, d'être jugée par ma fille, de ne plus être une "mère".

Comme toi, si je le fais, je ne serai pas la mère que je m'étais imaginée être.

Ces derniers temps en thérapie je crois avoir fait le tour de ma relation à ma mère. Comme si j'avais bouclé la boucle. Et au lieu de m'en sentir libérée et prête à aller de l'avant, c'est tout le contraire qui s'est passé. J'ai vécu une semaine dernière entière de grosse souffrance. Comme jamais. Comme jamais parce que j'étais à deux doigts de m'écrouler, d'avouer à tout le monde ma vérité, et de partir en disant "je ne peux plus, je suis désolée". Avec ma fille ca a été l'horreur, je n'avais pas envie de m'occuper d'elle, j'étais Ritaléa la plus authentique, celle qui n'a jamais voulu être mère ou en tout cas celle qui n'a jamais désiré cet enfant pour moi, pour devenir mère, mais encore une fois j'ai fait cet enfant pour avoir l'amour de ma mère. Cette semaine dernière j'ai pleuré devant ma fille. La seule phrase qui sortait authentiquement de ma bouche c'était "tu vois moi je ne suis que ça, ce que je suis vraiment c'est ça, une petite fille qui pleure, qui voulait sa maman, qui a besoin de son mari comme une petite fille, qui n'est pas à la hauteur d'être mère et surtout qui n'a pas envie d'être mère parce que je suis moi même en besoin d'une maman". Ma fille est partie me chercher un mouchoir et j'avais tant envie d'être consolée, d'être rassurée, d'être aimée comme je suis. Mais je sais très bien que ce n'est pas à ma fille de faire cela.

J'ai peur en étant moi même de ne pas mettre ma fille à la bonne place, de lui en demander trop. Par exemple, qu'elle sente que je suis fragile ou angoissée et que du coup elle me protège, qu'elle prenne soin de moi ce qui n'est ni sa place ni son rôle.

J'aurais vraiment tout essayé mais ma fille me met en danger, met en péril ce que je suis de plus authentique et profond.
J'ai du mal à décrire vraiment ce que ça me fait. Par exemple, avant chez moi et dans ma vie en général, je me sentais protégée, je pouvais avoir mes petites habitudes sans être jugée, je pouvais apprécié la vie sans être jugée, je pouvais enfin vivre et me sentir libre car j'avais le droit d'être ce que je suis. Protégée du regard de ma mère un petit peu, sortir de ce rôle d'être à ces côtés. Depuis que ma fille est dans ma vie, elle vient menacer cela. Non pas que je ne puisse plus le faire concrètement. Mais je n'arrive plus à le ressentir. Quand je me lève le matin, avant j'adorais le début de la journée, prendre mon pti dej, me préparer, maintenant dès le réveil c'est l'angoisse, ma fille vient perturber tout ça, et le message que ça m'envoi c'est "non tu ne peux plus être toi". Alors je lui en veux. J'ai peur pour moi. De vivre en apnée, terrorisée je n'en peux plus. Mais je n'ai pas de solution.

Je ne peux pas lui faire confiance. Me dire qu'elle m'aime pour ce que je suis. Me dire que je peux être moi. Me dire qu'elle est authentique avec moi.

Je revis pleinement la relation à ma mère. En fait ma fille c'est ma mère quoi.

Bref c'est très dur.

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 30 juil. 2018, 09:58

Et tu vois si je m'étais écoutée la semaine dernière, si j'avais vraiment écouté mes besoins, je serai partie. En expliquant à tout le monde: mon mari, en avouant à ma famille, en disant la vérité aussi à ma fille, que je n'y arrive pas. Que je souffre et que j'en peux plus de faire semblant et de porter coûte que coute.

J'ai l'image d'être dans le bureau de ma psy, lui avouer que je ne peux plus, et qu'elle me propose de prendre son téléphone et qu'elle appelle les membres de ma fille pour leur expliquer la situation. Un poids en moins s'enlèverait malgré toute la honte, la culpabilité et la peur que je ressentirais aussi.

Mais moi au moins voilà j'avouais à tous ce que je suis.

Parce que depuis le début c'est vraiment comme si je portais un lourd secret que seule moi connaît: que ce bébé dès le début je ne l'ai pas désiré, que je savais que je ne le faisais pas pour moi, que je n'avais pas envie d'être mère, que je n'aimais pas ça, que je n'aime pas mon bébé. Mais je joue le jeu, je fais semblant, je me persuade que ça va.

C'est pas ça la vérité. La vérité je la dois à ma fille aussi. Que moi je n'étais qu'une petite fille, que j'ai toujours ressenti du rejet et de la rivalité envers elle. Qu'elle n'a absolument rien fait pour ça mais que je me sentais menacée dans mon existence. Ensuite j'ai tout fait pour faire bonne figure, pour bien m'occuper d'elle mais je la détestais de m'imposer ça. De m'imposer à devoir l'aimer, devoir être épanouie et heureuse alors qu'elle brisait ma vie et mon existence. Voilà la vérité. "Je ne suis que ça". Moi mon vrai intérêt dans tout ça c'était ma mère. C'est ça que j'ai poursuivi toute ma vie. Quand je m'imagine m'adresser à elle ainsi je me sens une petite fille, j'ai honte, je me sens côte a côte avec ma fille, à la même hauteur qu'elle, une petite fille aussi. Comment veux tu que je devienne une maman en ressentant ça? C'est tellement nul...

Je n ai pas envie de donner a une autre personne qu'a moi :rouge:

Et je ne peux pas demander à ma fille de nourrir la petite fille en moi, de s'adapter à mes besoins, de prendre soin. Je suis dans une impasse.

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 30 juil. 2018, 19:05

Ce sentiment d'impasse je le connais bien... Et c'est terrible de ressentir ça. Moi aussi j'ai eu l'impression pendant les premiers mois d'avoir fait un enfant pour faire plaisir aux autres, inconsciemment. C'est violent de réaliser ça. Du coup depuis que je vais un peu mieux j'essaie de réinvestir ma relation à ma fille, de me l'approprier. Ça se construit petit à petit.
L'impasse est selon moi une construction intellectuelle. Pour ma part mes émotions viennent souvent me montrer que la vie ne peut pas entièrement s'intellectualiser. Je vais jouer avec ma fille, la baigner, et tout à coup c'est agréable. Mes émotions me font soudainement sortir de mon impasse, au moins momentanément. Es-tu suffisamment à l'écoute de tes émotions? J'ai parfois l'impression que l'analyse, le cérébral, prend beaucoup de place chez toi (je suis pareille). Peut-être est-ce au détriment de certaines émotions?

Moi aussi je me suis beaucoup dit au départ que je ne trouvais pas mon compte chez la psy parce qu'elle ne me disait pas ce que j'avais besoin d'entendre : "vous souffrez trop, confiez la petite au papa et prenez soin de vous". Je crevais d'entendre ça. Je trouvais même que de me laisser m'occuper d'elle coûte que coûte était une forme de torture. La société toute entière devenait mon tortionnaire de m'imposer ça... Et, dans un élan de survie, on pense à fuir. C'est humain. Mais à l'heure actuelle je vois la fuite différemment, et ça m'aide. Ce n'est plus un interdit qui ferait de moi une mère atroce. C'est un choix que je peux faire si je veux. J'ai le choix, oui. Celui de partir comme celui de rester. Je pense que faire le choix de partir peut être un excellent moyen pour se retrouver, faire le point. Et derrière être libre de faire le choix de revenir.

Ne plus avoir droit à tous ces rituels qui nous ont construit c'est très difficile (tu parles du matin, c'est très vrai. Je pense aussi aux repas calmes et aux soirées en amoureux...). On perd nos repères de vie. Et on doit les troquer contre des choses qui ne nous font pas forcément envie, c'est ça le pire... Peut-être faut il mettre en place de nouveaux rituels dans lesquels on ne s'oublie pas?

Tu ne veux pas donner à quelqu'un d'autre qu'à toi? Tu me paraîs dure avec toi même. Ça fait deux ans et demie que tu le fais. Et tout le monde sait que les premières années sont les plus dures question don de soi...

Courage.
Rien n'est figé, tu l'as dit toi même ;)

almarita
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par almarita » 04 août 2018, 22:32

ritalea a écrit : Ces derniers temps en thérapie je crois avoir fait le tour de ma relation à ma mère. Comme si j'avais bouclé la boucle. Et au lieu de m'en sentir libérée et prête à aller de l'avant, c'est tout le contraire qui s'est passé. J'ai vécu une semaine dernière entière de grosse souffrance.
J'ai souvent remarqué qu'après des séances importantes en thérapie, quand je realisais des choses, après je me sentais mal. Même physiquement. Avant d'aller mieux ensuite.

Quand tu dis que tu penses à ta psy qui appelle tes proches : est ce que tu pourrais avec certains passer ce coup de fil toi même ? En commençant par les personnes les plus à l'écoute.

J'ai ressenti de la honte, de la culpabilité. Mais en fait ce n'est pas justifié. Souffrir est déjà tellement dur en soi. Ce n'est pas une faute a avouer. Nous n'avons pas choisi de souffrir en devenant maman. Certaines personnes le comprennent d'ailleurs très bien. Et aujourd'hui que je vais mieux, je trouve même nos rapports plus forts.

La vérité que tu écris il ne faut pas la nier. Mais il ne faut pas non plus te limiter à elle. Ce que tu décris la existe bien sûr. Mais ça ne raconte pas le lien avec ta fille, quand tu imagines que tu marches à ses côtés, quand tu as l'énergie pour aller chercher des questions, quand tu coupes ce cordon qui t'empoisonne...

L'ambivalence fait partie de la vie. J'ai du mal à l'accepter aussi.
On ne veut pas un enfant pour une seule raison, il n'y a pas une façon d'être une bonne maman, on peut ressentir tout plein de choses contradictoires...

Tu es quelqu'un de bien Ritalea. Ça se sent sans aucun doute. Tu souffres, ça crée des situations dont tu as honte mais je rejoins Polka, on ne peut pas dire que tu ne donnes qu'à toi.

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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par hirondelle » 05 août 2018, 00:29

Bonsoir Ritaléa,

Penses tu vraiment avancer avec ta psy ou crois tu avoir fait le tour avec elle?
Si tu lui montrais ton dernier post que tu nous a envoyé? Il est important de mettre carte sur table avec elle… l'alliance thérapeutique est indispensable… as tu vraiment confiance en elle?

Elle doit vraiment t'aider à débloquer ce mal être persistant… sinon il faudra peut être essayer une autre méthode…


Tu as déjà bien avancé; tu as décortiqué le lien à ta mère… connaitre/savoir ne suffit pas toujours… Peut être qu'une autre méthode thérapeutique pourrait prendre le relais….Qu'as tu déjà tenté comme soins?

Qu'en penses tu?
Je t'embrasse :coeur:

Santonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Santonella » 06 août 2018, 11:58

Bonjour Ritalea,

Je suis un peu d'accord avec Hirondelle, as-tu essayé d'autres méthodes thérapeutiques?

Je pratique depuis mon effondrement maternel, la relaxation. Grace à elle, j'ai réussi à accueillir mes émotions, à les libérer. C'est un moyen encore pour moi aujourd'hui de pouvoir exprimer ce qui n'est pas toujours exprimable auprès des autres, ce qui me fait peur.

"Je crois que ce lâcher prise auquel tu fais référence ici, je ne l'ai toujours pas fait. Je refuse de le faire. Je préfère tenir, contrôler. J'ai toujours agi comme ça.
J'ai peur de m'effondrer si je le fais, j'ai peur d'abandonner mon mari et ma fille si je lâche, j'ai peur de m'exposer, de me sentir vulnérable, d'être jugée par ma fille, de ne plus être une "mère".
Comme toi, si je le fais, je ne serai pas la mère que je m'étais imaginée être"


Lâcher-prise c'est accepter d'avoir peur. C'est dans tes mots ci-dessus qu'est la clé.

Pensées :coeur:
Enfin libre d'être mère.

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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par guérir » 07 août 2018, 11:03

:coeur:

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