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Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Sur la maternité, parentalité, difficulté maternelle...
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betty_blue
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Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par betty_blue » 26 janv. 2010, 16:48

Pourquoi ? - quelques reflexions ....
Ajouté le : 01/08/2007 12:00
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Message :
Pourquoi sommes nous si peu à en parler alors que plus d'une femme sur 10 souffre dans sa maternité, souffre de ne pas réussir à se sentir mère, souffre de trop ou de pas assez d'élan pour son enfant ...?

Pourquoi les femmes se taisent à ce sujet, pourquoi n'ont-elles pas envie de faire bouger les montagnes quand il s'agit de difficulté maternelle ?

Pourquoi se mobilisent-elles autour d'autres sujets tout aussi douloureux ou complexes : violence, inceste, racisme, .... et rien ou si peu sur ce sujet en particulier ?

Pourquoi outre atlantique sont-elles mobilisées et pas ici ?

Pourquoi laisse - t-on toute la place aux médecins, aux psychiatres, aux jugements, à la honte, à la culpabilité , à tout ceux qui ont une idée sur le sujet et savent mieux que vous pourquoi vous vous êtes effondrées ?

Pourquoi les intellectuelles, les féministes laissent de côté ce sujet , sauf pour en dire qu'on n'est pas obligé de devenir mère pour se réaliser ?

Pourquoi si l'instinct maternel n'existe pas souffre-t-on autant quand on ne réussit pas à s'attacher à son enfant ? Qu'est-ce qui ne souffre pas de souffrir alors dans la difficulté maternelle ?

Pourquoi, pourquoi , pourquoi ....?

*** Message édité par betty_blue le 03/08/2007 14:07 ***




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Steph18

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Ajouté le : 01/08/2007 12:40
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Message :

Oui c'est vrai, pourquoi ?

Je me rend compte aussi que c'est le genre de discours que je n'"entendais" pas avant d'être mère à mon tour.
Aujourd'hui où le sujet m'intéresse beaucoup plus, je chope à droite à gauche les dires d'autres mamans qui en parlent un peu.
Quelques exemples au boulot :
En parlant de la situation d'une jeune accouchée, une collègie qui dit naturellement (comme coulant de source) : "en plus on est toujours plus ou moins dépressive après une naissance".
Pareil hier, une collègue qui vient d'être grand-mère et une autre en parlant de la maman "De toute façon, elle va beaucoup pleurer, on pleure toujours beaucoup après".

Mais bon, c'est vrai que c'est surtout le baby blues qui est connu et pas le reste.

Je ne savais pas qu'aux Etats-Unis ils parlaient plus de difficulté maternelle.





betty_blue




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Ajouté le : 01/08/2007 13:25
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Message :
merci VYC ... Si si aux états unis on en parle plus ... peut être pas en voulant approfondir ces évènements de maternité et savoir ce qu'ils peuvent signifier ds la vie de quelqu'un ... mais au moins on en parle suffisamment pour prévenir les futures mamans .....
mais je pense quand même qu'individuellement et intimement cela reste trés tabou ... on en parle d'un point de vue médical, ce qu'il faut savoir sur les différents symptômes et les différentes prises en charge possibles parce que la maldie c'est acceptable, c'est tolérable , c'est surtout controlâble :
tu es malade parce que tu as tels ou tels symptômes, on te soigne ....
mais on n'ose pas aller plus loin , dire tout ce que cela signifie sur l'amour, l'attachement maternel .... comme s'il fallait absolument que cela reste au niveau médical ou psychologique : dire comme on commence à le faire ici que c'est aussi une façon de devenir mère, que cela passe par là pour certtaine sans que l'on soit forcement "malade" sur un plan psychologique , ça c'est une .... "révolution" / évolutiuon
Parce que je suis d eplus en plus convaincue que les mères développent des symptômes faute d'être véritablement comprise ds ce qu'elles vivents , comme si le seul choix que l'on avait c'était d'être malade poru pouvoir en parler sinon les gens ne comprendraient pas !
D'où tout ces bruits autour du baby blues, de la déprime obligatoire pour devenir mère....

*** Message édité par betty_blue le 01/08/2007 14:29 ***




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betty_blue




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Ajouté le : 01/08/2007 13:30
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Message :
en gros on sait ... mais on ne veut pas véritablement savoir !



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sanat351
Enfin libre comme l'air, libre enfin d'exister !
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Ajouté le : 01/08/2007 16:10
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Message :
Pourquoi ?.....

Tant de questions que l'on peut choisir de se poser à jamais...

Ou bien choisir d'y répondre, maintenant, en agissant, en faisant de petites choses comme ce que nous faisons au quotidien sur ce forum...
Il y a environ 400 membres sur ce forum internet, ce n'est pas rien. Ce sont en grande majorité des femmes qui vivent ou ont vécu une difficulté maternelle.
Elles, elles viennent en parler. Ce sont peut-être les premières, mais elles montreront le chemin à celles qui les suivront (utopie ?)

Nous commençons à déplacer des petits cailloux qui peut-être bâtiront une montagne... une nouvelle montagne, pleine d'amour. Le notre et celui de toutes ces mamans en souffrance qui ont tellement de merveilleuses choses à partager.

Nous aussi, nous y arriverons, comme Outre-Atlantique... Il y a beaucoup à faire au niveau des mentalités françaises, ne sous-estimons pas le travail à réaliser...

Oui, c'est sûr, on peut être découragées... Mais que ce soit justement ce découragement qui nous fasse avancer plus que jamais, encore et encore... Car ce n'est pas lorsqu'on y sera arrivé qu'il faudra retrousser nos manches... C'est MAINTENANT !!!

Toutes ensemble, on y arrivera les filles !
Ya pas grand-chose à faire, juste déclencher un tsunami dans les consciences....

Nadège, merci d'avoir entamé ce "combat", c'est toi qui a tout initié, maintenant yapuka continuer !









Ka

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Ajouté le : 01/08/2007 16:13
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Message :
Pourquoi? Si les réponses étaient si simles, nous ne ne serions pas ici à nous battre presque dans l'anonymat. Voilà un bon début de discussion. Je vais tenter quelques pistes de réponses.

Si la difficulté maternelle était connue du grand public, si elle était davantage médiatisée, montrée comme un problème majeur de santé public, si des campagnes de sensibilisation étaient entreprises à la télévision, comme pour la sécuríté routière ou la cigarette, si la difficulté maternelle était montrée comme LA complication la plus fréquente de la naissance, si elle était sortie du domaine strictement psychiatrique si stigmatisé par le grand public, si les gynécologues-obstétriciens donnaient de l'information sérieusement à leurs patientes avant l'accouchement et surtout lors de visite post-partum, si les pédiatres et les spécialistes de la petite enfance penaient en compte non seulement l'enfant mais aussi la mère dans leurs observations et leurs interventions post-natales, les mères n'auraient plus honte de raconter leurs difficultés, de chercher de l'aide, et de partager leur expérience avec d'autres mamans, et d'aider, de se regrouper dans notre association ou dans d'autres, comme le font les victimes du cancer ou de l'insécurité routière.

Pourquoi les femmes ne sont-elles pas prêtes à faire bouger des montagnes après la difficulté maternelle? Encore une fois parce que pour la plupart d'entre-elles, sela signifie l'effondrement de la toute-puissance que nous devons montrer sur le déroulement de leur vie, cette obligation que nous nous sommes créée vers l'atteinte de la perfection dans tout. Pour la plupart des femmes, la difficulté maternelle représente un épisode honteux et douloureux de leur vie qu'il vaut mieux oublier et cacher afin de ne pas montrer ses failles de mère et d'être humain. Si nous prenons le terme de dépression du post-partum, mieux connu du grand public, cela signifie maladie mentale, donc faiblesse psychologique, ce qui est totalement inadmissible dans notre société. Cela nous ramène encore à la honte, à la honte d'avoir montré des faiblesse en étant atteinte de dépression ou en souffrant de difficulté maternelle. Les femmes ne veulent pas être étiquettées comme malades mentales ou faibles d'esprit. Une fois la difficulté surmontée, elles la cachent au plus profond de leur esprit en espérant que jamais personne ne soupçonnera combien un jour elles ont perdu le contrôle d'elles-mêmes. Donc faire bouger des montagnes est impossible quand on préfère se réfugier dans le silence.

Pourquoi les femmes se mobilisent-elle outre-Atlantique? Je crois que le problème se situe au niveau des traditions sociétales. Dans les pays anglo-saxons, il est de tradition de se regrouper en fraternités, en groupes, en associations ou en lobbys, de se regrouper entre personnes de même sexe, de même couleur, de même origine, etc. Dans les universités par exemple, on retrouve ce même genre de sous-groupes (étudiants africains, gays, lesbiennes, végétariens, etc.) Les anglo-saxons revendiquent et vivent leurs différence. En France, rien de tout ça, l'homogénéité prime au détriment des différences individuelles: surtout pas de communautarisme, entend-on souvent. Bien sûr, la France regorge de millieurs d'associations de tout genre, donc je ne crois pas que ce soit un problème de se regrouper. Mais se réclamer d'une expérience particulière, revendiquer sa différence individuelle, au niveau de la santé mentale (car c'est de cela qu'il sagit quand on parle de dépression du post-partum pour le public en général) n'est pas du goût de beaucoup de femmes.

Pourquoi laisse-t-on la place aux médecins? Parce que nous ne la prenons pas notre place! Mais nous, les Maman-blues, nous allons changer tout ça. Nous allons élever nos voix, parler assez fort et dérager au point que nous aussi aurons notre place non parmi eux, mais à côté d'eux, comme une alternative nécessaire et bienfaitrice qui comprend et qui aide toutes ces mamans dans la souffrance. Un jour, rapidement j'espère, les mamans en difficulté sauront que leur expérience n'a plus seulement de réponse dans le milieu médical, mais dans le vécu d'autres mamans qui sont capables elles-aussi de les aider à surmonter la difficulté maternelle.

Pourquoi les intellectuelles et les féministes ne s'intéressent-elles pas à ce sujet? Je ne sais pas. Peut-être par manque d'intérêt pour quelque chose qu'elles n'on jamais expérimenté ou côtoyé? Parce que c'est réservé au domaine de la médecine? Parce que la difficulté maternelle fait partie des éléments négatifs du gernre féminin (de l'anglais "gender") et qu'il ne faut pas trop s'y attarder? Parce qu'il n'y a pas matière à recherche étant donné que la difficulté maternelle est habituellement cachée? Parce qu'il n'y a pas de documents sur lesquels s'appuyer pour faire une recherche historique ou sociologique? Parce le sujet n'est pas vendeur en sciences humaines ou en sciences sociales? Je ne sais toujours pas.

Pourquoi souffre-t-on quand on ne réussit pas à s'attacher à son enfant? La réponse pourrait être bien longue... Mais peut-être est-ce tout simplement parce qu'on nous y a fait croire depuis des lustres, à cet instinct maternel?

Oui, pourquoi, pourquoi...






betty_blue




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Ajouté le : 01/08/2007 17:43
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Message :
Merci pour ces réponses qui finalement s'ouvrent sur d'autres questions, qui entraînent elles mêmes d'autres réponses et ainsi de suite ...

Je reviens sur cette notion d'instinct maternel qui divisent encore pas mal de personnes dans leur approche de la difficulté maternel ...

J’avais commencé à lire le livre d'Elisabeth Badinter ' l'amour en plus " qui prend le contre pied de cette affirmation/dogme comme quoi il existerait en chaque femme un élan, un comportement automatique, inné/biologique - aujourd'hui on dit génétique - qui ferait qu'elle trouverait plus ou moins rapidement mais de manière sure et universelle, la bonne manière pour élever son enfant et aussi par extension le chemin pour s'y attacher/ l'aimer ...

Celle ci ds son ouvrage explique qu'il n'en a pas toujours été ainsi ... non pas en s'appuyant sur quelques exemples de difficultés maternelles mais en faisant une recherche sur les sociétés des siècles passés. Le 17 et 18e siècle par exemple n'étaient guère maternants avec les enfants et personne ne semblait en souffrir ou s'en offusquer - à part les enfants mais bon ils n'avaient pas d'existence propre -

Badinter démontre donc au fil de sa recherche que ce fameux sentiment maternel soi disant inné et universel est en fait quelque chose que l'on a cultivé, suscité à force de persuasions chez les femmes et les parents et cela au fur et à mesure que l'on a accordé d'importance à l'existence humaine ... le siècle des lumières.
Il serait en sorte une pure création de l'homme à un moment donné de son histoire où il fallait que les parents élèvent eux même leurs enfants et qu’ils n’en fassent point trop mourir ...

Même si EB ne nie pas que l'on a toujours aimé ses enfants - mais c'était plutôt l'exception que la règle- elle constate que l’on a commencé à parler d’instinct et d’amour maternel au moment où la société s'ouvrant à des notions nouvelles telle que la liberté individuelle, le partage des richesses et des connaissances, l'éducation pour tous, la médecine .... , il devenait gênant de continuer à ignorer le sort des enfants mis en nourrice …

Il fallait donc commencer à se soucier enfin de leur sort des enfants et donc à affirmer qu'il n'y avait rien de plus merveilleux pour une femme que d'avoir des enfants, de s'en occuper et de les aimer ....
Rousseau et quelques autres ont donc été voir du côté des animaux et tout attendris de ce qu'ils constataient en ont déduit avec force - sinon avec preuve - que forcement la mère humaine ne pouvait pas faire moins que les animaux .... la notion d'instinct maternel a donc vu le jour à partir de ce moment là . à ce propos je vous recommande le livre de Delaisi et Perceval : l’art d’accommoder les bébés… il y a tout un passage sur les fluctuations de l’instinct maternel et de ses comparaisons avec celui des animaux ;-)

Si donc EB a dénoncé tout ce qu'il y avait d'aliénant, de risqué et même de faux ds cette notion d'instinct ce que je partage sans peine .... il me semble quand même qu'elle est passée – mais elle n’est pas la seule - à côté de quelque chose de particulier et de propre à la maternité humaine .... Dire que l'amour maternel - même sincère - trouve sa source ds cette culture , ds cette exigence et urgence qu'il y a à faire vivre un enfant , que les mères répondent là à un code moral et à une exigence de la société sociétal .... me semble insatisfaisant .
Il y a quelque chose qui manque, qui n'explique pas nos douleurs quand - et ce fut mon cas - on n'arrive pas à s'attacher à son enfant ....
Bien sur il y a la honte, la culpabilité, le sentiment de déchéance qui trouvent leur source ds cette culture de la mère toute puissante et parfaite, ce miroir dans lequel nous ne nous reconnaissons pas … mais quand même il y a quelque chose de plus profond dans cette douleur, qui n’est pas seulement de la déception et du désespoir parce qu’on arrive pas à être telle que l’on voudrait ou telle que les autres voudraient que l’on soit …. C’est quelque chose qui va beaucoup plus loin qu’une non-conformité à un modèle moral et sociétal … comme si cela touchait notre propre structure, notre être tout entier … comme si cela affectait aussi quelque chose de commun à toutes les femmes … qui ne serait pas un instinct, qui ne serait pas un gène défaillant ou des hormones en effervescence mais qui pourrait quand même nous affecter gravement au point d’en perdre la vie ou la raison …. Et il me semble , que c’est cette partie de nous peut être qui une fois touchée a beaucoup de mal ensuite à se ramasser, se mobiliser et ensuite s’imposer pour qu’enfin on puisse nous entendre réellement …..




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betty_blue




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Ajouté le : 03/08/2007 13:08
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Message :
Que mes disgressions ne vous empêchent pas de répondre



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flo

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Ajouté le : 03/08/2007 15:14
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Message :
Pour ma part, je pense qu'on ne parle pas de nos difficultés maternelles parce qu'elles nous sidèrent; on ne s'attend pas du tout à ce qui nous arrive quand notre enfant naît (ne pas le supporter, regretter la vie que l'on menait sans lui, vouloir sa disparition...). On n'est pas préparées à l'éventualité de la dépression post-partum, et, pour la plupart d'entre nous je pense, on n'en a même pas entendu parler, ou alors très vaguement (pendant mes 10 séances de préparation à l'accouchement, la sage-femme n'en a parlé que 5 minutes -et encore...- en se référant aux animaux comme les femelles chamois -sic !- qui paraît-il tuent parfois, ou abandonnent, leur premier "bébé chamois", mais se débrouillent très bien avec leurs petits suivants -resic !-). Je n'ai pas vérifié si cela était vrai, mais je me souviens que ça m'avait quand même marqué, et que je m'étais dit que j'espérais ne pas ressembler à une maman chamois... Et pourtant si !!! J'en plaisante mainrenant que tout va mieux, mais sur le coup, quand je me débattais dans une sombre déprime, ça ne me faisait pas marrer du tout !
Mais je m'égare... Donc si la difficulté maternelle était plus "médiatisée", les femmes qui l'éprouvent en parleraient sûrement plus facilement. De plus, je pense que celles qui en parlent à leurs proches, qui consultent, qui s'expriment sur ce forum sont celles qui vont vraiment mal (et j'en ai fait, et en fait encore un peu parti). Pour moi, parler était presque question de vie ou de mort, je n'aurais pas pu ne pas en parler, même si pendant la première semaine de vie de mon bébé je me suis tue, le temps de réaliser que quelque chose ne tournait vraiment pas rond... Je crois qu'il y a divers degrés dans la difficulté maternelle, et que certaines femmes ne vont pas suffisamment mal pour dépasser leur honte et en parler (même si cela serait vraisemblablement important pour elles et leurs bébés).
Comme Betty le dit, je ressens aussi que le silence qui entoure ce problème de la part des mères est dû à autre chose (en plus de la culpabilité): par-delà la morale, les normes sociales et la notion d'instinct, il y avait dans ma dépression quelque chose d'indéchiffrable, d'indicible, une souffrance venue du plus profond de moi-même de ne pas savoir faire et être avec mon enfant. Cela m'est très difficile de l'expliquer, de mettre des mots dessus, car c'est vraiment de l'ordre du ressenti, c'est une tristesse immense qui vient des tripes... voilà l'image qui me semble la plus claire.
Enfin, il me semble que le silence honteux des mères induit le silence général autour de la difficulté maternelle, ce qui évite aux professionnels de la santé, et par rebond aux politiques, de considérer ce problème à sa juste valeur, de s'attacher à le prendre en charge, ce qui demanderait forcèment des moyens financiers, humains... Bref, on n'en parle pas trop, on fait comme si cela n'existait pas (hormis quelques articles de presse ou reportages télévisés, au demeurant intéressants, mais trop rares), comme cela on fait des économies, et tant pis pour les méres et leurs enfants qui, faute de soins appropriés, risquent de voir leur relation partir sur de mauvaises bases (même si tout est rattrapable, j'en suis la preuve, mais il faut dire que j'ai "bénéficié" des soins ad-hoc).
J'arrête là ma diatribe, car je suis peut-être un peu pessimiste dans ma façon de voir les choses ou de les exprimer; mais il me semblerait vraiment nécessaire que la difficulté maternelle soit enfin traitée comme un réel problème de santé publique, puisque chaque année 10% des femmes qui accouchent y sont confrontées, à des degrés divers (en 2006, nous avons donc été environ 80000 à être affectées dans notre maternité: 80000 femmes qui souffrent un peu, beaucoup, énormèment, jusqu'à la folie, et tout cela dans un silence assourdissant !!!). Je suis prête à m'impliquer dans des actions "concrètes" pour que cela change; je suis déjà adhérente de l'assoc', et j'aimerais faire plus (dans la limite de mes obligations personnelles et professionnelles, et de mes moments de loisirs indispensables...ce qui ne me laisse pas beaucoup de temps ). Mais je ne vois pas quoi !!! Enfin, j'ai bien quelques idées, à creuser avant de vous en parler.
A bientôt .
Florence (maman de Gabriel, né le 23 juillet 2006, et qui vient de se réveiller de sa sieste, donc fini Internet...).



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Florence, maman de Gabriel, mon petit rayon de soleil né le 23 juillet 2006 !!!



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Message :
merci Flo et dés que tu veux t'engager - car c'est bien d'engagement qu'il s'agit - tu nous fais signe , tu seras la trés bienvenue ...merci pour ces réflexions que je partage totalement surtout ce passage :



je ressens aussi que le silence qui entoure ce problème de la part des mères est dû à autre chose (en plus de la culpabilité): par-delà la morale, les normes sociales et la notion d'instinct, il y avait dans ma dépression quelque chose d'indéchiffrable, d'indicible, une souffrance venue du plus profond de moi-même de ne pas savoir faire et être avec mon enfant. Cela m'est très difficile de l'expliquer, de mettre des mots dessus, car c'est vraiment de l'ordre du ressenti, c'est une tristesse immense qui vient des tripes... voilà l'image qui me semble la plus claire.
Enfin, il me semble que le silence honteux des mères induit le silence général autour de la difficulté maternelle, ce qui évite aux professionnels de la santé, et par rebond aux politiques, de considérer ce problème à sa juste valeur, de s'attacher à le prendre en charge, ce qui demanderait forcèment des moyens financiers, humains..



je crois que c'est de ce noyau là dont il s'agit , quelque chose d'intrinsèqueà l'être - qui surgit quand il est en souffrance mais qui jaillit aussi sous forme d'élan ou d'amour quand cela va bien ....

ta SF est bien bizarre parler des chamoix pour illustrer un problème humain , était-elle gênée ?


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Steph18

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Message :

Passionnante cette discussion,

Je voudrai rebondir (comme on dit ) sur plusieurs trucs.
Notamment sur 'linstinct maternel. Je pense qu'il existe quelque chose de commun à toutes les femmes mais c'est ce terme avec les significations qu'il véhicule qui est probablement à revoir. A part dans les situations de déni de grossesse qui se prolonge jusqu'à la naissance alors que la femme n'a pas conscience qu'elle vient d'avoir un enfant, ne comprend pas ce qui lui arrive, à part ces là, je pense qu'il existe un lien avec l'enfant qui vient de naître, un lien indéniable, naturel, un instinct de protection, biologique, qui fait que la mère qui ne peut pas donner cette protection parce qu'elle en est empêchée psychiquement ou physiquement, en souffre et comme tu le dis Betty, en souffre à en devenir folle.
La nature a prévu cet sorte d'instinct, d'une force incroyable, pour la survie de l'espèce, objectif de tout ce qui est "naturel". Et même dans les cas de déni de grossesse, la mère n'en sort pas indemne, loin de là.
L'instinct comme réflexe de survie existe donc je pense. Ce qui par contre vient se greffer dessus n'a plus rien de naturel et rejoint l'évolution des 17e et 18e que tu évoquais Betty : la culpabilité, la honte : voilà un produit bien culturel et qui va presque jusqu'à contrecarrer les effets voulus par l'instinct puisqu'il il empêche la mère en souffrance de l'exprimer en criant son désarroi et en appelant à l'aide pour son bien à elle et celui de son bébé.
Donc l'instinct existe mais il a été phagocité, remplacé par un instinct de substitution, un instinct culturel et culpabilisant qui exigeait des mères qu'elles élèvent elles-mêmes leurs enfants et qu'elles n'assurent plus uniquement leur survie mais aussi qu'elles élèvent ce petit être comme un trésor unique, qu'elles fassent tout pour qu'il soit le plus heureux du monde, le plus épanoui... Et là la tâche est beaucoup plus rude que d'assurer uniquement le gîte, le couvert et un calin de temps en temps !!
En poursuivant cette réflexion, le rôle de cet "instinct naturel" serait d'assurer la survie de son enfant...et donc d'avoir la possibilité d'abandonner son enfant à quelqu'un de plus apte si soi-même on y arrive pas et cela sans culpabilité... Bon, je pousse un peu le bouchon mais c'est un peu ça.

Alors pourquoi on en parle pas ?
A cause justement de cette culpabilité !! Je pensais vraiment être devenue un monstre, de ceux que l'on voit à la télé, le regard vide, l'air impassible (d'ailleurs, je ne les regarde plus pareil notamment Mme Courgeau...je trouve que dès sa première apparition télévisée on devinait son état)
Comme toi Flo, ma souffrance était telle, ma certitude de mourrir ont fait que je n'ai pas pu ne pas en parler à certaines personnes.
A mon mari d'abord, par honnêté, car je le voyais veuf ou père seul avec enfant dans les jours suivants donc je me devais de lui dire. A ma belle mère du coup pour que mon mari soit soutenu.
Au personnel soignant (sages femmes et médecins) ensuite pour essayer de m'en sortir.
Puis à personne d'autre, trop honte. A tout le reste j'ai affiché un sourire de circonstance.

Enfin, comme tu le dis Flo, vient toujours la question des moyens. Pourquoi ça ne bouge pas plus ? Parce que cela demande des moyens et les politiques, pour en obtenir, il faut les harceler (car comme malheur pas pris en compte dans notre société, il y en a un paquet).
Donc voilà, c'est à nous les mamans d'en parler, de faire du bruit, de les réclamer ces moyens !!


PS : oui, ta SF est vraiment étrange avec le coup des chamois !!






betty_blue




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Message :
merci VYC pour ce long développement ... j'aime bien quand les femmes peuvent exprimer leur vérité intérieure sur ce sujet sans que tout de suite quelqu'un cherche à avoir raison sur leur dos et à les supplanter de ses opinions ....fussent-elles étayées de raisonnement scientifique ou de convictions culturelles ...

le problème c'est que pour évoquer ce fond commun et pour le "mailler" à notre culture - droits et devoirs maternels en tout genre - on n' a pas pu trouver autre chose ou un autre mot que le mot instinct - qui fait de suite référence au monde animal - on n'a pas su se départir de ces références mamifères ... non pas que je n'aime pas les bêtes , mais j'estime que la maternité humaine est un peu plus complexe que les comportements de nos amis les bêtes qui sont déterminés dés la naissance , qui sont programmés génétiquement ...

je pense qu'il y a une trame "maternelle" commune à toutes les femmes et même les hommes - comme toi jep ense que le déni de grossesse n'est pas dénué de ce fond commun , parce qu'il y a toujours à un moment donné prise de cosncience même si ds la foulée il y a "mise à l'inconscient ...
je crois qu'il y a une constitution commune à tous les être humains qui fait que l'on a un besoin spécial , un besoin de dépasser la nature - à contrario des animaux qui eux s'adaptent trés bien à celle ci - et que ce besoin s'éprouve ou du moins peut se vivre - et parfois se combler pour certain - ds le fait de désirer un enfant , l'aimer , le protéger ...
Ce besoin spécifiquement humain fait d'ailleurs les artistes, les poêtes , les musiciens .... L'enfant , le besoin ou le désir d'enfant , c'est la possiblité de vivre - je crois - ce besoin "constitutif " de l'espèce humaine ...
Alors je pense quand ce besoin est contrarié par l'histoire d'enfance de la personne , par la vie qu'elle mène , quand la naissance de l'enfant vient éprouver durement ce fond commun .... alors oui c'est un véritable tremblement de l'être ... et ce tremblement là n'a pas sa place ds notre culture , sauf à ne le voir que comme une maladie , un défaut de la nature , une fragilité génétique ....



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betty_blue




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Message :
ou à l'expliquer par les mamans chamoix



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nénon
Invité Ajouté le : 07/08/2007 16:31
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Message :
je trouve cette discussion fort intéressante.
pourquoi les mères qui ont vécu une difficulté à vivre leur maternité ne se mobilisent pas? peut-être parce qu'on ne se sort jamais réellement de cette difficulté. je ne dis pas qu'on garde ses symptômes mais que cette difficulté même si elle se dit en mots ne se dira jamais complètement puisqu'il est question de l'être même qui ne se donne donc jamais totalement. et puis être en difficulté rassemble les femmes qui ont vécu cela mais en même temps chaque difficulté s'origine dans qqch d'individuel, une trame historique personnelle. chacune est donc commune à l'autre et en même temps tellement différente. un viol quelle que ce soit son histoire c'est un évènement extérieur tout comme le racisme ou l'inceste: il y a un agresseur extérieur. pour nous l'ennemi est à l'intérieur et on doit se battre non contre une partie de la société qui ferait du mal à une autre partie mais on doit se battre contre nous même, contre ce qui nous a constitueé, forgée, construite. alors militer pour faire connaitre cette difficulté propre à la maternité c'est s'exposer. c'est un acte fort et presqu'impudique non?
j'ai passé énormément de temps sur ce site, ma difficulté à devenir, à êtremère est qqch qui aujourd'hui m'origine presque, je tente de faire qqch à mon modeste niveau mais en même temps je sens lorsque je parle de cela que tous mes interlocuteurs ne sont pas prêts à entrer ds cette intimité, cette intimité maternelle.
j'ai lu un livre incroyable dont il est fait mention sur le forum "dans le silence des mères". j'ai été bouleversée par ce livre. j'ai voulu que mon zhom le lise. lui qui est prêt à chque fois que j'en ai besoin à m'écouter bah là il a pas pu lire. et pourtant ce livre en tous cas pour moi dit si bien cette difficulté à travers l'histoire de femme et d'enfant en difficulté.
bref témoigner c'est abandonner une part de pudeur c'est nécessaire mais toutes les femmes ne peuvent/veulent pas donner cela d'elle. écouter notre difficulté c'est entrer ds notre intime, dans notre féminité et bcp ne peuvent pas non plus se laisser aller à entendre ce que nous avons pourtant à dire. si on résume difficulté de la mère = dépression si dépression non soignée = enfant psychotique c'est parce que ça rassure les pros et la majorité des gens. une maman qui en va pas bien hop un traitement de cheval, un enfant qui va mal hop diag de carence du lien maternel mais il est rare qu'on prenne le temps d'écouter ses souffrances parce qu'elles dérangent, parce que la mère est le pilier de nos sociétés occidentales, parce qu'on en a tous une, parce qu'elle se doit d'être parfaite. auxx US on parle de dépession post-partum mais finalement assez peu des souffrances maternelles. c'est une autre façon de ne pas lever le voile il me semble.
si une mère souffre c'est qu'elle n'est pas ce dogme, cette digue sociétale... impensable pour bcp. on préfère alors fermer les yeux et se dire qu'elle a "juste" le droit d'être malade mais pas celui de souffrir de sa maternité; nous sommes tous des enfants d'une mère et cette universalité fait peut-être qu'il est difficile d'accepter que la maternité n'aille pas de soi.

quand aux féministes... dire qu'un des livres le mieux vendu de l'été c'est "no kid. 100 bonnes raisons pour ne pas avoir d'enfants" de C. maier .... j'ai du mal à comprendre ces phénomènes de mode. bien sûr que la féminité ne s'accomplit pas ds la maternité mais elle ne s'accomplit pas non plus ds la revendcation de la non procréation et ds le dénigrement de celle ci.

il faut toujours que els combats soient lisses pour qu'ils soient entendus et votre (notre) combat est un combat auqeul il manque uen bonne couche de vernis.


*** Message édité par nénon le 07/08/2007 17:54 ***






betty_blue




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Ajouté le : 07/08/2007 16:45
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Message :
Oui le monde s'écroulerait ou plutôt craindrait de s'écrouler - la fameuse peur de l'effondrement mis en lumière par winnicott
Moi je crois volontiers qu'il y gagnerait ... mais sur le long terme , loin de la conception actuelle qui veut que production, rentabilité, performance et perfection régissent nos sociétés ... et fassent tourner le monde en sens inverse de nos réels besoins mais ds le bons sens par rapport au porte monnaie .
même la maladie doit être rentable - coûter peu à la société mais rapporter beaucoup à ceux qui en vivent

C'est trés juste ce que tu dis nenon sur la difficulté à fédérer des souffrances communes mais d'origines diverses
Mon mari m'avait déjà exposer cette ambiguité : c'est à la fois universelle parce que cela vient d'un fond commun à tous les hommes : la capacité d'entrer ou pas en relation avec l'autre et notre enfant c'est aussi l'autre mais double difficulté l'autre qui vient de soi , et en même temps comme tu le dis la difficulté maternelle est singulière et "intime" ....

Témoigner c'est de toutes façons quel que soit le sujet : s'exposer , mais là on s'expose doublement sauf à tout rejeter sur l'autre ou la société , on sait bien aussi que cela vient de nous .... et comme ce nous doit aussi rendre des comptes à l'extérieur et être un pillier de la société , c'est trés difficile de parler vrai de cela .




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"C'est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire" Nathalie Sarraute
Céder sur les mots , c'est céder sur les idées .



betty_blue




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Ajouté le : 07/08/2007 16:54
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Message :
j'ai retrouvé la citation qui illustre ton propos

Nous ne pourrions souffrir que les femmes disent la vérité. Nous ne pourrions pas le supporter. Cela causerait une souffrance infinie, amènerait les plus effroyables bouleversements dans ce paradis illusoire assez médiocre, mais cependant idéaliste, dans lequel chacun d'entre nous vit sa propre petite vie" (Joseph Conrad)




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nénon
Invité Ajouté le : 07/08/2007 17:02
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Message :
j'aime bcp cette citation c'est ds quel livre? qui est ce monsieur?
je suis de ton avis le monde aurait à y gagner mais j'ai bien peur que l'on fonce droit à une société qui va encore plus vers le rentable mais ce combat n'est pas perdu j'en suis sure. je crois qu'il y aura un bouleversement des mentalités mais cela ne peut se faire que sous notre impulsion.





betty_blue




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Ajouté le : 07/08/2007 17:06
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Message :
je ne sais plus c'est un grand ami qui me l'avait offerte



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nénon
Invité Ajouté le : 07/08/2007 17:10
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Message :
je vais faire une recherhe google





nénon
Invité Ajouté le : 07/08/2007 17:14
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Message :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad

c'est un article wikipédia. sinon en écivant la citation je tombe sur maman blues
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betty_blue
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par betty_blue » 26 janv. 2010, 16:49

10/11/2007 15:07
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Message :
Passionnant vos échanges, mesdames.
Je vous lis entre rire (bonne idée Betty le "bêtisier de la difficulté maternelle " ) et larmes.
Parler du mal être, de la tragédie intime, ça dérange.
C'est bien plus simple de mettre une étiquette de dépressive ou d'hystérique que d'aller accompagner l'autre dans sa forteresse intérieure non ?
Et tout ceci fait appel à des sentiments tellement archaïques... Les attaques les plus violentes auxquelle j'ai dû / je dois faire face viennent très souvent des femmes (ex collègues notamment).

Merci à toutes pour ce que vous faites.
Pour ce que vous dites.
Pour l'espace de parole que vous libérérez.







mamounette

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Ajouté le : 10/11/2007 15:48
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Message :
Je ne trouve pas la comparaison avec le monde animal si deplacee, il serait interesant de savoir ce qu'il en est chez les animaux de ce fameux instinct maternel, d'ailleurs "instinct" est plutot un terme qu'on emploie pour les animaux. Est-ce que le milieu scientifique fait des recherches sur le sujet et obtient des resultats ?

Du chamois de Flo a mon chat... : j'ai eu une petite chatte qui a eu sa premiere portee et n'a pas du tout reagi "normalement", elle semblait completement perdue, preoccupee seulement par le nettoyage du sang sur son pelage. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Je sais qu'il y a des femelles qui acceptent spontanement de recueillir un petit orphelin (parfois meme d'une autre espece, parfois alors meme qu'elle n'ont pas de petit a elle a ce moment-la !) et d'autres femelles pour qui c'est hors de question.

Une amie me disait a propos de mes deux allaitements rates : "tu sais, tu intellectualises trop tout ca, l'allaitement c'est quelque chose d'"animal", faut pas reflechir ".

Quant au feminisme, l'effet pervers est qu'aujourd'hui il faut reussir sur tous les plans, etre independante et forte pour etre l'egal des hommes. Hors etre mere c'est accepter une part de fragilite. Je suis femme/mere au foyer, et le regard des autres n'est pas toujours facile a assumer.





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Magali, maman d'une cocotte de 6 ans et d'un coco de 3 ans



Labello

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Ajouté le : 27/11/2007 16:34
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Message :
Passionnante lecture !

Mais il y a un point que je semble important de souligner : là où l'on parle d'instinct maternelle devient pour moi du "forcing" maternelle.

Je m'explique. Pendant toute ma grossesse et par la suite, on m'a martellé que mon bébé devait dormir au plus près de moi, et même être en permanence avec moi (dixit le corps médical, les ouvrages et autres journalistes en herbe).

On m'a même dit : Les africaines font ainsi, garde leur enfant au sein le plus longtemps possible et le lien est immense, comme en asie, où elles portent constamment leur enfant sur elle".
Et moi, j'ai toujours refusé, ne serait-ce que l'idée d'élever mon enfant de cette façon. Ce refus était instinctif pour moi, mais également et surement le début de ma dépression.

Je me mets aujourd'hui à penser que notre société, dans un forcing maternel, oubli les mères elles-mêmes !
Et si l'africaine garde l'enfant au sein si longtemps, c'est peut être qu'elle ne peut pas l'alimenter autrement ! Finalement, la société essaye de nous ramener à l'élement le plus "bestial" de notre être, en qualifiant ses rapports mère-enfant d'instinctif.

Et bien, je l'affirme haut et fort : je ne suis pas un animal. Je n'ai pas eu d'instinct envers ma fille. Par contre, j'ai appris, petit à petit et nous nous sommes découvertes toutes deux, dans cette relation.
Plus j'avance dans ma psychotérapie, plus le poid de la société est immense, et chez moi il s'est manifesté par un refus de tout stéréotype qui a surement entrainé un refus de mon rôle de mère.

Et j'irais même plus loin : maintenant que je suis assez forte pour en parler autour de moi, avec une assurance qui montre à quel point cette maladie m'a fait progressé, je constate qu'aucune mère n'est comme le décrit notre belle société. Toutes fragiles, toutes incertaines, toutes anxieuses, seul un animal (et même lui!) pourrait ressembler à ce stéréotype.

Je suis une mère, donc, comme tant d'autres !





cinelle

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Ajouté le : 09/01/2008 13:36
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Message :
Vos réflexions font un bien fou !
Que ça fait du bien, cette sortie enthousiaste des sentiers battus, tout ce que vous dites me parle, et surtout je me rends compte que je suis dans le conformisme le plus total dans mes attentes envers moi (moi par rapport à mon enfant). Autant j'étais une militante avant, toujours à courir les rues, dans des associations, pour aller contre la pensée unique, contre l'uniformisation du monde, des valeurs ... et maintenant, je suis dans l'attente de coller à des images de maman qui ne me correspondent pas, mais que j'aimerais tellement faire miennes pour enfin avoir, à mes yeux au moins, l'impression d'être "normale" ! Et pourtant, dieu sait que la normalité peut être chiante ...

Alors merci pour vos écrits, un vent de révolution souffle sur ces pages, et ça me plaît énormément !







mere

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Ajouté le : 12/01/2008 16:11
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Message :
Tout pareil.
Attention ! Mères de fammille subversives !
Et pudiques, violentes, aimantes, blessées, sarcastiques, critiques, désespérées, bleuies, battantes, courageuses, épuisées, fières, honteuses, militantes, poètes, hitoriennes, généalogistes... (à compléter).

Mais pour en revenir au sujet du post, et apporter une pierre personnelle qui a déjà été évoques : il faut une grosse dose de courage et de confiance pour exposer cette intime souffrance, surtout lorsqu'on s'est pris de bonnes baffes par l'entourage proche.

Et puis, des doutes sur la capacité des autres à "entendre" , et ensuite à "prendre en compte pour agir".

Mais je trouve que le travail effectué sur ce forum est magnifique.





weshallovercome
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller
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Ajouté le : 17/01/2008 12:57
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Message :
Parfois on dirait que notre société est régie par une loi tacite : "l'élevage des petits d'homme est une affaire trop sérieuse pour qu'on la confie à leurs mères". N'avons-nous pas toujours dans les pattes, de préférence quand on a rien demandé, quelqu'un pour nous dire comment nous y prendre ? le plus souvent nos propres mères ou belles-mères, qui peut-être prennent ainsi leur revanche sur la dépossession qu'elles ont elles-mêmes subie ?





chioccia

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Ajouté le : 27/02/2008 13:09
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Message :
je partage totalement ce qu'écrit nénon. Et je suis très heureuse de l'existence de ce forum, même si je continue à garder tout ça pour mai, car moi aussi "je sens lorsque je parle de cela que tous mes interlocuteurs ne sont pas prêts à entrer ds cette intimité, cette intimité maternelle".
J'ai réussi à acheter sur e-bay le livre de Brooke Shields, dont la lecture m'a fait beaucoup de bien. Mais là aussi: il a été épuisé dès 2005, et jamais réimprimé en France. C'est injuste car il n'y a rien de pire que de se sentir face à un sujet tabou alors que la souffrance est si difficile à partager.






weshallovercome
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller
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Ajouté le : 27/02/2008 13:34
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Message :
" Pourquoi les femmes se taisent à ce sujet, pourquoi n'ont-elles pas envie de faire bouger les montagnes quand il s'agit de difficulté maternelle ? Pourquoi se mobilisent-elles autour d'autres sujets tout aussi douloureux ou complexes : violence, inceste, racisme, .... et rien ou si peu sur ce sujet en particulier ? "
Réponses possibles selon Nénon et Chioggia, donc :
- nous nous taisons parce que sortir du silence expose notre intimité, nous n'y sommes pas toutes prêtes et notre auditoire potentiel pas toujours prêt à entrendre;
- nous pouvons moins difficilement nous engager sur les violences et le racisme parce qu'ils restent des évènements extérieurs à notre être profond.
Très brillamment expliqué. Mais j'aimerais simplement ajouter : à ceux qui peuvent nous dire "votre sujet est marginal et minime par rapport à des sujets de société plus fondamentaux, le racisme, la violence, les inégalités, la santé publique...", je crois qu'on est en droit de répondre : "travailler à protéger la naissance des relations mère-bébé et le début de la vie, c'est ausi travailler sur tout ça, c'est agir à la racine pour une société meilleure, parce que composée d'individus plus sains, plus solides, plus confiants en eux-mêmes et ouverts à autrui." De l'utopie ? mais on n'a jamais obtenu de progrès social sans utopie...






betty_blue




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Ajouté le : 01/03/2008 18:06
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Message :
est-ce que ce qui fait l'origine, l'originaire d'un homme est un sujet marginal, un sujet minime ? Non la réponse ne peut être que non , alors pourquoi ce silence?
Parce que se préoccuper de ce sujet, c'est revenir en arrière, c'est revenir vers ce que l'on a oublié , vers ce que l'on a du oublier pour grandir !
Parce que s'occuper de cette première période, c'est oser aller à contre courant de la vie telle qu'on la définit au quotidien, certains diront régresser, mais régresse-t-on vraiment quand on va vers ce qui nous a constiuté et nous constitue encore ?
C'est pour cela que de la maternité on n'en a gardé que l'emballage : la mère , le bb ds les bras, l'allaitement et le maternage, les sentiments apparents. Pas le sens profond, pas celui qui nous obligerait à revoir toutes nos valeurs actuelles : la course à la réussite, la gagne; le CAC 40, ...
Jean Marie Delassus en parle trés bien ds son chapitre 16 : la maternité entre deux mondes ds le sens de la maternité .



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weshallovercome
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller
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Ajouté le : 03/03/2008 14:40
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Message :
Ah oui........
Quelque chose m'a frappée depuis la naissance de mon bébé (mais est-ce une déformation de la perception ?) : chez certaines femmes, par ailleurs très à l'aise dans ces tendances dominantes que tu décris (réussite et fric), me donnent l'impression que leur vie tourne autour de 3 choses qui vont de soi et "vont ensemble" comme des évidences =
- gagner de l'argent, réussir en affaires;
- être très en phase avec leurs mères, avoir le "sens de la famille";
- faire des enfants, vouloir avoir une grande descendance, vouloir vivre longtemps.
Je ne sais pas si c'est un modèle. En tout cas c'est très loin de ce que je vis.
Peut-être que c'est aussi de la déformation ou des préjugés, mais il me semble que c'est particulièrement marqué chez les juives et les chinoises.
Est-ce qu'il y a donc chez elles qqch de plus intact dans cet "originaire de l'humain" ?
C'est confus dans mon pois chiche encore... mais j'y réfléchis...





lauradeline

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Ajouté le : 04/04/2008 13:41
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Message :
Betty, Betty, c'est quoi cet écrit de JM Delassus dont tu parles? Ca c'est un sujet urgent pour moi en ce moment!
bises!



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Adeline, maman de Clément et Tristan



weshallovercome
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller
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Ajouté le : 26/06/2008 12:22
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Message :
En ce moment, dans les conversations de couloir au bureau, j'entends des choses qui me font tomber les bras. Des collègues qui ont eu dernièrement ou vont bientôt avoir des bébés me stupéfient par leur résignation, presque leur satisfaction, de subir leurs maternités, de se soumettre à des procédures et des décisions prises par d'autres, de ne jamais être "sujet" dans cette affaire.
C'est "de toute façon je ferai ce qu'on me dira" (variante : "comme ma soeur"), "on n'a pas le choix c'est pas nous qui décidons", "si ça les arrange de déclencher l'accouchement parce que l'obstétricien part en vacances qu'est-ce que tu veux que j'aie à dire", "s'ils te disent qu'il faut ventouser t'as plus qu'à la fermer comment tu veux argumenter avec des médecins"...
Et si j'ai le malheur de dire que les femmes ont une légitimité à prendre part à de telles décisions même en étant pas des pros de la santé et que même certains pros de la santé justement pensent ainsi et l'intègrent dans leur pratique, les collègues elles rigolent :"mais ma pauvre ce que t'es naïve"... A croire qu'il y a même une fierté à se soumettre en chantant à l'arbitraire des maternités confisquées.





marie
Tu es pour moi unique au monde. Je suis pour toi unique au monde
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Ajouté le : 21/08/2008 15:40
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Message :

Je réfléchi beaucoup sur le sujet dernièrement. J'en suis arrivée, en regardant la société, à la conclusion suivante, peut-être fausse mais voici mes conclusions:

Finalement la depression post-partum n'est pas très différente d'une autre dépression. Et pourquoi la société est-elle aussi dépressive? Peut- être parce que la vie qu'on nous fait miroiter, tout posseder, avoir de l'argent, réussir, être beau et mince, bronzé, parfaitement heureux... n'a rien à voir avec la vi RÉELLE.

Je me promène en ville avec mon bébé et qu'est-ce-que je vois. D'un côté des pins-ups à la dernière mode à moitié anorexiques, qui s'achètent des crèmes de beauté à 50E, et de l'autre, des personnes âgés, seules, assises chacune sur un banc, dix bancs, dix petit-vieux, qui ne se parlent pas, à qui personne ne parle.
Le contraste me choque.

La maternité, comme les crème anti-âge est devenue elle aussi un produit de marketing. Les mamans tout sourire des publicités, les Toys're us rempli de jouets à saciété, jusqu'à l'overdose...
Bien sur que l'instinct n'existe plus chez les humains, nous ne sommes plus des animaux, en tout cas des animaux guidés non plus par leurs nature mais par leur intellect, et par une société qui se charge de penser pour nous.

Alors où est passé l'humanité. Je revendique l'humanité.







labelette

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Ajouté le : 21/08/2008 16:22
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Message :
C'est marrant cette réflexion car je me la fais aussi en ce moment
hier pour les dix ans de notre rencontre, mon mari et moi sommes allés faire un resto à paris
à la base on aime pas trop paris, désolée s'il y a des parisiens ici, mais à mon gout trop de trop à paris
on va dans un petit resto sympa, et là on discute justement de la société dans laquelle on vit actuellement et on voit quoi : des jeunes et parfois moins jeunes qui veulent rentrer dans un moule, etre habillés pareil, vouloire ressembler à ce que la société reflète pour épater l'autre, des manières dans la façon de parler qui sautent aux yeux par leur manque de naturel
et moi qui dit à mon mari que maintennant je ne veux plus etre dans ce moule mais seulement etre moi
il y a un an pour un anniversaire comme celui là je me sais habillée toute jolie et sexy, je me serai maquillée plus que d'hab, pour avoir l'air quoi, plus jolie plus de le moule de la femme qui doit plaire et qui ne peut plaire qu'à travers des vetements et du maquillage ? et bien hier nous étions tous les deux en jean et tshirt, et baskets, dans paris, pas plus maquillée que d'habiture, parceque c'est comme ça que nous nous sommes rencontrés et aimés
je ne me suis jamais sentie bien dans mon corps, quand nous faisions des fetes avec les amis je voulais m'habiller dernière mode, pour ressembler à mes copines qui sont dernirèes modes et qui à chaque fois qu'elles se voient 'oh tu es belle comme ça, oh j'ai vu la meme robe j'ai failli l'acheter" et du coup je voulais m'habiller comme elle car j'enviais le fait qu'elles acceptement leur corps
alors je pense que je rentrais plus dans le moule, du coup moi aussi j'avais le droit aux "oh t'es belle comme ça", mais finalement je ne me sentais pas bien dans cette tenue, je faisais semblant, je ne veux plus de ça maintenant
notre génération a un sacré travail à faire
et je ne veux pas de ça pour ma fille, je ne veux pas qu'elle soit jugée sur son apparence
alors forcément c'est pareil pour les mamans, mais tu te rends compte tu vas avoir un bb c'est merveilleux, c'est trop mignon, oui les deux premiers sont parfois un peu fatigants mais après ça va comme sur des roulettes
comme si élever un enfant, jusqu'à ce qu'il soit autonome pouvait se dérouler comme sur des roulettes






pipelette

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Ajouté le : 25/08/2008 12:37
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Message :
j'arrive après la bataille mais j'ai moi aussi pleins de pourquoi sous le coude.

pourquoi cette difficulté d'être mère est tellement tabou même avec notre propre famille?

pourquoi devons nous faire bonne figure pour ne pas choquer?

pourquoi lorsque enfin nous arrivons à en parler avec nos proches, ils ne nous comprennent pas?

pourquoi le rapprochement maman-enfant est parfois si difficile à accomplir?

pourquoi devons nous aussi supporter le poids d'une société si fermée aux problèmes des mamans?

pourquoi faut t il croire avant d'être maman qu'une maman est forcément heureuse et épanouie? ne devons nous pas essayer d'expliquer aussi aux futures mamans que cette vie n'est pas toujours rose? (perso si j'avais eu quelqu'un qui m'aurait expliquer tout ça, ce mal être, je crois que j'aurais attendu avant de faire un enfant.)







weshallovercome
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Ajouté le : 25/08/2008 12:42
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Message :
Voilà un brillant résumé des questions qui reviennent sans cesse dans nos réflexions, Pipelette... As-tu lu tout le post ? les bluesnautes ont formulé des pistes d'explication très instructives... On en trouve aussi sur le site Maman Blues proprement dit (auquel tu accèdes en cliquant sur le logo maman-bébé en haut à gauche). Mais il reste toujours des choses à dire, et chacune a des explicaitons à trouver dans sa propre histoire.





ausecours

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Ajouté le : 08/12/2008 15:26
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Message :
moi j'ai une question a ajouter a toutes celles la, très intéressantes d'ailleurs et qui mènent à réfléchir a bcp de choses...

pourquoi MOI?

étant en plein dedans, c'est la première question que je me suis posée. quand ma psy m'a dit que 1 femme sur 5 faisait une DPP, je me suis immédiatement dit "mais pourquoi je fais pas partie des 4 autres???"
ça semble peut etre égoiste mais je pense que c'est la première question qu'on se pose. encore et tjs cette bonne vieille culpabilité
et d'autant plus quand autour de vous, vous ne voyez que des "mamans parfaites" qui, meme si vous savez qu'elles ne le sont pas, semblent bcp moins en souffrance en tous cas que la pauvre fille hirsute et avec des cernes qui vous regarde, hébétée, dans le miroir
"C'est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire" Nathalie Sarraute
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melanie
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par melanie » 19 oct. 2011, 22:14

bonsoir
j'ais un probleme je viens d'accoucher de mon deuxieme enfant c est une fille et mon premier est un garcons
pour les deux j'ai eut des cesariennes mais cette fois on me dit qu'il faut eviter une troisieme grossesse car mon uterus est couper a deux endroit et que ce serait risquer compliquer pour un troisieme'risque que d'emoragie massive et accouchement un mois avant le terme programmé.

depuis que l'on me la annoncer c'est difficile car j'ais tjr voulu 3 enfants et meme si on me dit c'est bien ta un garcon et une fille ne risque pas ta peux je ne peux m'empecher d'y penser constamment et je ne profite pas assez de ma puce !! ca me hante et elle pousse trop vite deja presque 3 mois . je l"a regarde en me disant que c'est la dernier fois que je veerai un si petit visage et petites mimine pariel pour mon ventre que je regarde avec tristesse et colere. aidez moi je ne sais pas si je dois riqker ou me faire une raison et dans ce cas aider moi a allez mieux est ce que quelqu'un vit la meme situation
melanie

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fifou72
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par fifou72 » 02 juil. 2012, 16:30

Bonjour Mélanie ,

j'entend bien ta peine , je pense que tu devrais ouvrir une nouvelle discussion pour qu'on puisse échanger avec toi sur ce qui te fait du mal , car ici ton message n'est pas visible ;)
tu peux ouvrir une discussion dans témoignage et soutien mutuel par exemple ,
sinon as tu un suivi psy ? car je pense qu'il te pourrait être nécessaire de parler de ta douleur à un pro :coeur:
Cordialement
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Lisette
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par Lisette » 02 juil. 2012, 20:21

Fifou,
Je doute que Mélanie te réponde puisque son message date d'octobre 2011...
La perfection n'existe pas. S'accepter telle que l'on est, voilà le douloureux chemin à parcourir pour enfin devenir mère...

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fifou72
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par fifou72 » 02 juil. 2012, 20:57

effectivement , je m'en suis rendu compte après coup , c'est dommage , qu'on est pas pu aider cette maman , j'espère qu'elle à trouver l'aide dont elle avait besoin ...
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Re: Pourquoi ? - quelques reflexions ....

Message par Lisette » 03 juil. 2012, 08:43

Nous l'espérons aussi, chaque maman étant la bienvenue et pouvant trouver ici, sur ce forum, un espace qui lui est destiné!
La perfection n'existe pas. S'accepter telle que l'on est, voilà le douloureux chemin à parcourir pour enfin devenir mère...

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