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Mon petit William et moi. :'(

Lil'
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Mon petit William et moi. :'(

Message par Lil' » 10 juin 2014, 10:51

Bonjour,

Je nous présente: je suis une jeune femme de 35 ans maintenant, professeur d'anglais en lycée, et je suis la maman d'un petit William né le 24 octobre 2013, donc âgé de 7 mois et demi maintenant.
Mon histoire est particulière et longue. Il y a 8 ans, j'ai rencontré un homme qui s'est avéré violent, j'ai réussi à m'en libérer au bout de 4 ans. Le temps de me reconstruire, j'ai rencontré en 2012 Marc, à qui je me suis fiancée. Nous devions nous marier le 17 août 2013, malheureusement, il a déclaré un cancer des intestins en novembre 2012 et est décédé moins de 4 mois plus tard.
Suite à cela, un ami m'a soutenue et est devenu mon "copain", peu sérieux pour moi plongée dans mon chagrin. Deux mois après le début de notre relation et trois après la mort de Marc, je me suis retrouvée enceinte. J'avais entre temps fait un pélerinage à Barcelone pour mon fiancé, continuais par réflexe à prendre la pilule, je me sentais fatiguée et mal à l'estomac en permanence mais mettais cela sur l'épuisement dû au deuil.

Jusqu'à un dimanche où je souffrais tellement que je suis allée aux urgences, persuadée de faire un ulcère à l'estomac. Bilan de santé... tout allait bien, j'étais juste enceinte de 8SA. La question de l'avortement s'est posée, je ne me sentais pas d'enchainer là dessus, mais le papa était éperdu de bonheur, et en voyant mon petit à l'écho de datation, j'ai vite su que je ne pourrais jamais m'en débarrasser.

Souci; j'ai découvert, deux mois plus tard, que mon "ami" avait une femme.
Il ne m'a pas abandonnée pour autant, ce fut très chaotique, il a beaucoup menti, m'a dit qu'il allait quitter sa femme, puis qu'il l'avait fait, je découvrais que c'était faux, il me demandait de le couvrir ce que j'ai fait malheureusement (la joie de recevoir un coup de fil du père de votre enfant, sur haut parleur, pour bien confirmer à la légitime que l'on ne se voit plus! Et ce, plusieurs fois...)
Bien sûr, elle a su que j'étais enceinte, lui a toujours nié être le père. Et soutenu que je lui avais caché la grossesse. M'a aussi suggéré de dire à notre enfant à naître qu'il (le père donc) était mort, histoire que son gosse ne déboule jamais sur le pas de sa porte un jour.

On va faire court.... j'ai été accoucher toute seule (pas de famille, loin, ni d'ami, j'ai eu le bon goût d'accoucher pendant les vacances, tout le monde était parti)
L'arrivée fut catastrophique mais belle; 30 heures de travail sans péri, le bébé en souffrance au final, césa en urgence et bébé sorti en 3 minutes montre en main, très violemment car coincé dans le bassin.
J'ai allaité malgré tout, 10 jours à la mater', avec une souffrance physique que je n'oublierai jamais, et des auxiliaires de puériculture bien souvent odieuses.

Le père a vu son fils au bout de 10 jours, à la rentrée, le lendemain de ma sortie de la mater'.

J'aime mon bouchon de tout mon coeur, aucun souci d'attachement.

J'ai juste encaissé beaucoup de choses, je m'occupe de William exclusivement seule, aucune relève, ni ami ni famille (il est bien connu que tout le monde est autour de vous quand tout va bien, quand le bateau tangue, les rats quittent le navire^^), donc beaucoup de chagrins à répétition et désillusions immenses. Sur tout, au point de m'en vouloir d'avoir mis au monde ce petit bout. Entre boulot, travail en tant que maman et solitude forcée, je suis concrètement en train de mourir.
Je pesais 78 kgs à l'accouchement, j'en pèse à peine 50 aujourd'hui, je ne peux plus manger (je vomis/ça ne passe pas) et tiens le coup via le Rénutryl prescrit par mon toubi.

Voilà. : )
Je ne sais pas quoi faire dans le fond, sinon continuer à me battre, me faire suivre, mais je suis dubitative quant au résultat, je me sens tellement vieille et usée par la souffrance, physique et morale.

Pardon pour un récit aussi long. Heureuse dans tous les cas de vous rencontrer, je suis de nature joviale malgré tout cela, et j'espère pouvoir apporter un chouilla de bonne humeur et de soutien si possible.

A très vite!

Lil'

weshallovercome
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par weshallovercome » 10 juin 2014, 14:44

Sois la bienvenue Lil. Mais Dieu que tu as l'air mal en point ... :triste2:
Il ne faut plus tarder à aller chercher de l'aide : en clair aller voir un psy, pour que tu puisses te relever de cette série d'épreuves destructrices et achever de devenir maman dans la sérénité. Tu peux en consulter un dans une institution (PMI, école des parents et éducateurs, unité mère-enfant...), ce qui a le double avantage d'être peu coûteux et de te garantir un niveau élevé de formation au périnatal. Si tu ne sais pas où t'adresser, tu peux envoyer un message privé (MP) à une modératrice (pseudos en orange et rouge) en précisant où tu résides, pour qu'on tente de t'orienter grâce au carnet d'adresses de l'association.
Sur le plan matériel, également lourd dans ton cas, tu peux sûrement te faire seconder par une TISF ("technicienne d'intervention familiale", en somme femme à tout faire de maman KO) ; son coût est pris en charge au moins partiellement par la CAF et/ou le conseil général, selon ton lieu de résidence.
Comment fais-tu pour être d'attaque au travail dans de telles conditions ? :aille2: ton petit coeur est en crèche ? lui est en bonne santé ? passes-tu de bons moments avec lui ?
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

Lil'
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par Lil' » 10 juin 2014, 16:28

Je suis suivie par la psy et la puer' de la PMI de ma ville. J'ai épuisé pas mal de ressources dispos (bien que je ne savais pas pour la dame qui aide pour le ménage^^) et je ne vois pas quoi faire d'autre pour m'en sortir. Autre que me dire que je n'ai pas le choix.

Pour William, ça se passe bien. Mais j'ai peur des journées de congé et fériées où l'on ne voit concrètement personne. De même pour les vacances scolaires qui arrivent à grands pas... j'ai très peur. J'adore mon bébé, mais cette situation ne me correspond tellement pas, et ne correspond tellement pas aux espoirs de vie que j'avais fondés, que j'ai un mal fou à gérer les jours où l'on est que tout les deux. Dans tous les cas, je ne tiens pas le coup sans sortir au moins une fois par jour, et je redoute ces périodes.
Je n'arrive dans tous les cas plus à prendre soin de moi, sauf en termes physique, pour donner le change.

Comment je tiens au taf?
Je sais pas.
William dort bien, mais là, il a 40°C de fièvre, il a eu une nuit pourrie, on doit aller chez le toubi dans une heure, je suis ramassée et TRISTE; il a un père qui habite à 10 minutes, qui sait qu'il est malade en n'envoie même pas un sms pour savoir comment il va. Bref.

J'ai pas fini de morfler je crois. Et je ne sais pas par quoi passera le 'mieux'. Je me fane.

Pis je vois pas trop en quoi l'hospitalisation m'aiderait en fait.

hirondelle
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par hirondelle » 10 juin 2014, 16:40

Bonjour Lil et bienvenue parmi nous
J'espère que tu trouveras ici une écoute apaisante qui te mettras sur le chemin de la sérénité.
Tu les accumules quand même! Quand on a des soucis, on prend souvent la première épaule comme soutien. Si le soutien est solide c'est bon sinon il nous coule un peu plus.
J'ai rencontré mon deuxième mari de cette façon, lors de mon divorce et ma fille malade. Heureusement, le miens m'a aidé mais le tiens t'a berné. On dirait qu'il profite des fragilités des autres.
Je ne sais pas ce qu'en disent les psy mais je ne pense pas qu'il soit bon de caché la vérité à ton fils car les non dits ne rendent pas heureux.
As tu des amis avec lesquels tu peux te changer les idées sur tes repos?
L'hospitalisation permet une mise entre parenthèses, un temps pour s'occuper de soi, pour rebondir....
J'espère que ton Loulou va aller mieux. Tiens nous au courant
Courage :hello:
Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse … Et qui font de nous un édifice
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weshallovercome
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par weshallovercome » 10 juin 2014, 16:50

Ah tu as un suivi, ouf, ça me rassure. Tu as peut-être l'impression que ça ne change rien, mais ça sème du mieux-être, l'air de rien; et puis ça protège du pire.
Est-ce que tu prends un/des médicament(s) ?
Quelqu'un t'a parlé d'hospitalisation ? pour toi seule, ou conjointe avec le bébé ? parfois ça peut être très aidant ...
Quoi qu'il en soit, retrouver le goût de vivre, te remettre des épreuves passées, te recréer une sécurité intérieure malgré les trahisons du père de ton fils, je t'assure, c'est possible.
Appréhender les jours à passer seule avec le bébé, les trouver par avance interminables, on est beaucoup à avoir ressenti ça ... même en vivant en couple, avec un cercle d'amis, et/ou avec d'autres enfants, une famille élargie pas trop loin ... Couper la journée par une sortie au moins est déjà positif. As-tu la possibilité de fréquenter un accueil associatif, de faire des activités de groupe maman-bébé ? ça aide à rompre l'isolement et ça renforce la complicité et le plaisir d'être ensemble.
Bon courage pour soigner la maladie de ton petit loup. Parle-lui, dis-lui des mots doux; même si tu te sens triste et abandonnée tu peux le lui dire, ça lui fait même du bien d'entendre des mots sur ce qu'il ressent et pressent mais qui n'est pas nommé. Et si en plus tu parviens à ajouter un "tu n'y es pour rien toi", "heureusement que tu es là", ou simplement "maman t'aime fort" ... :coeur:
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par weshallovercome » 11 juin 2014, 13:48

Si tu te poses des questions sur l'hospi conjointe (maman-bébé), je te conseille la lecture de certains témoignages du site (particulièrement Betty blue, Liane et Céline) :
http://www.maman-blues.fr/temoignages.html
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Lil'
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par Lil' » 13 juin 2014, 10:37

Voui, merci les filles, j'ai déjà lu.

Je ne sais simplement pas si ça ferait l'affaire. Je panique assez facilement quand je sors de mes pénates, même pour aller chez mes parents à 500 kms de distance (bon, ok, ça fait une trotte) mais une des choses qui m'aident à tenir, c'est d'avoir mon petit nid.

En fait, mal être/chagrin profond qui se traduit par une anorexie totale. Ma gorge ne s'ouvre plus. On me voit comme ça, on ne s'en doute pas une seconde, la plupart des gens pensent que je suis une maman épanouie. Alors que le chagrin me bouffe.

Je croyais que mon bébé était un enfant de l'amour, et je me rends compte que j'ai été blousée par un ignoble connard; et je n'en aime pas moins William, mais ça me perturbe beaucoup... son papa avait été jusque choisir son prénom, et il porte le prénom de son père en second prénom.
C'est terrible pour moi de ne plus savoir pourquoi j'ai eu mon bébé. Je n'étais pas malgré mon âge en désir d'enfant immédiat, je l'ai gardé parce que je pensais que son père m'aimait et que je ne me voyais pas me débarrasser d'un joli mélange de nous...

Bref, c'est dur. Vraiment l'impression d'avoir été victime d'une mauvaise blague. Et du coup, je ne m'épanouis pas dans mon rôle de maman comme je le devrais, y'a toujours une sorte de ressentiment dans toutes les contraintes que je ressens.
Je me dis simplement que s'il ne s'était pas mis dans la tête de me culbuter, je n'en serais pas là.

C'est dur ce que je dis, pardon. :/

hirondelle
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par hirondelle » 13 juin 2014, 13:14

Tu es là pour donner ton ressenti et tu ne seras pas jugée.
Tu as été trahi et tu ne peux faire confiance à personne et même plus à toi même car en plus tu culpabilises.
Rien n'est de ta faute, c'est toi la victime et il n'aurait pas dû profiter de ta vulnérabilité. IL faudra apprendre à te faire confiance et à t'aimer. Avec ton thérapeute, ressens tu une confiance, une compréhension, une aide? IL faut un peu de temps pour réaliser que c'est efficace mais il faut que t'y soit à l'aise et comprise.
Peux tu faire des activités avec ton fils: piscine, ateliers massages.... ce qui te permettrait de sortir de chez toi et de prendre du plaisir avec lui ...
Lil' a écrit : d'avoir mon petit nid.
mais à l'extérieur.
Ton petit nid est important mais c'est une façon de t'isoler dans la dépression d'où la nécessité de trouver du bonheur ailleurs. Et chez tes parents, tu ne serais pas bien pendant quelques jours? :amen:
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weshallovercome
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par weshallovercome » 13 juin 2014, 17:09

Tu n'es pas la seule Lil' ! tu me fais penser en particulier à une ancienne, Ondelinat, quia raconté son histoire avec son fils dans le recueil Tremblements de mère. Elle avait des mots très forts pour parler de ça, la blessure d'avoir été trahie, la crainte d'avoir fait un mauvais choix en mettant au monde son garçon, puis plus tard la complicité, la joie intense de la présence de ce petit, l'apaisement suffisamment grand pour pouvoir lui dire "tu es venu parce que j'ai aimé ton père très fort" (sans ajouter "même si j'ai su après que c'était un salaud" ...) tu as droit toi aussi à ce soulagement, ce bonheur.
Dans un séjour conjoint, on a plus que son petit nid : un "berceau psychique", un "placenta", un "cocon", une "couveuse" ... (pardon je mélange des mots de mamans et de professionnels, mais tous sont parlants ...) enfin un lieu contenant, où on tisse son mieux-être et son lien avec le bébé en toute sécurité. Là tu pourrais lâcher ce terrible verrouillage qui t'empêche de manger, de sourire, presque de respirer ...
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

guérir
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Re: Mon petit William et moi. :'(

Message par guérir » 14 juin 2014, 22:38

Bonsoir Lil' (l'île)
Tu peux poser tes valises ici. Sois la bienvenue. Quel parcours de vie jusqu'ici. tu es si jeune et tu as déjà vécu tant de choses. Tu portes en toi des moments douloureux sur lesquels tu vas pouvoir mettre des mots avec la psy. Ce petit bonhomme qui est là va t'accompagner. Devenir mère finalement est aussi l'occasion d'interroger quelle femme on est ou quelle femme on peut devenir...ton petit William peut être fière de sa maman, de la femme qu'elle est, des épreuves qu'elle a été en capacité de surmonter.aujourd'hui, c'est une étape importante de ta vie.celle de la lucidité,du travail sur soi,du regard bienveillant que tu vas porter sur toi pour avancer apaisée. Ici tu peux faire tomber le masque et mettre en mots ta souffrance.c déjà une façon d'accepter d'aller mal. :coeur: ton histoire me touche sensiblement.je suis ravie de faire ta connaissance. À très vite comme tu dis. ;)

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