Maman Blues a 10 ans !

Les différents visages de la Difficulté Maternelle

"Ces blues, ne seraient-ils pas quelque part l'acceptation par la femme d'être traversée légitimement par les émotions de la naissance ?"


Pour lire les différentes parties développées ci-dessous, cliquez sur le titre qui vous intéresse

 

 

 

Avertissement


Il ne s'agit pas de fournir sur ce site la liste complète des manifestations psychiques et somatiques de la difficulté maternelle.
Mais de vous présenter* quelques troubles qui peuvent surgir pendant une grossesse ou après une naissance et qui doivent vous inviter à en parler et à consulter au plus vite : L'idéal étant de consulter avant même leur installation caractérisée, notamment dans le cas de la dépression du post-partum dont le diagnostic possible (5 à 6 semaines après la naissance) est aussi le signe que l'on a déjà trop tardé.

* Cette liste n'est ni complète, ni forcément révélatrice de ce que vous pouvez vivre en ce moment, seul un professionnel de la santé est compétent à ce niveau.

 

 

L'Effondrement Maternel

"D'abord il y a un drame intérieur" Paul Valéry


Il y aurait quelque chose d'antérieur à la dépression du post-partum, un effondrement intérieur, à la fois grave et furtif mais bien réel, qui la précèderait et se confondrait avec le simple baby blues.
La négligence de ce vécu antérieur se cicatriserait ensuite sous une forme mineure de dépression et d'anxiété.
Ce n'est pas un diagnostic clinique en lui-même mais plutôt la caractérisation générale d'un état de grande souffrance et de désarroi avant ou après la naissance.
Derrière les mots ou les silences, les comportements ou les éprouvés de ces moments, résiderait une réalité sous jacente plus sévère, incommunicable à autrui et qui serait un préalable à la difficulté maternelle.
À contrario de la dépression qui suivrait et qui ne serait plus alors qu'un réflexe d'ajustement et de protection, cet effondrement maternel serait rapide, instantané et se produirait très peu de temps après l'accouchement. Il serait d'ailleurs perçu tout aussi vite par la mère mais aussitôt réprimé, comme si toutes les forces du Moi* venaient à la rescousse afin de battre en brèche sa menace.**

* Le « Moi » représente cette instance de la personnalité qui nous est consciente et nous pousse à agir en recevant des informations du monde extérieur, tout en composant avec les pulsions et l'inconscient.

** Cet effondrement est l'inverse de celui qui préside lors d'un épisode de psychose puerpérale où il s'agit là d'un effondrement brutal non contenu par le Moi.


Il y a donc danger à attendre et à méconnaître ses premiers signes et de les prendre à tort pour ceux du baby blues*. L'observation précoce et attentive des femmes venant d'accoucher permettrait de révéler cet état ou du moins de l'envisager. Et savoir le reconnaître au plus tôt chez une jeune accouchée, permettrait de libérer sa parole et de lui donner accès très rapidement à la thérapie**.
Il importe donc de repérer dés le séjour en maternité , les signes et le langage traduisant la désorientation, la perte de l'élan vital, le dégoût et la mésestime de soi.

* Serait d'une tonalité moins franche que le baby blues, comme un baby blues qui traînerait en longueur.

** Ce n'est pas la régression en soi qui est bénéfique, mais de faire l'expérience de ses fragilités et défaillances sans que cela nous mette en danger ou ne nous condamne à la solitude.


Il existe une sémiologie de cet effondrement, même s'il est plus ou moins perceptible de l'extérieur, toutes les forces psychiques maternelles sont requises* si ce n'est réquisitionnées pour lutter contre*, pour tenir.

* On peut retrouver des traces de cette mobilisation active dans les souhaits maternels émis tout haut, de vouloir se reprendre, se ressaisir ou ne pas s'écouter...


C'est l'unité de Maternologie qui en premier* en a formulé l'hypothèse, en constatant (non sans inquiétude au début) que les mères hospitalisées après un temps où elles semblaient aller mieux, s'effondraient soudainement comme si leurs dernières défenses cédaient.

* Sur le site de la société Marcé francophone la psychiatre Odile Cazas évoque la présence de mouvements régressifs inquiétants au cours des hospitalisations des mères.

Les signes de l'Effondrement Maternel

- Les troubles du sommeil constituent un des premiers signes qui doivent interpeller. Synonyme d'abandon et de laisser-aller, dormir, permet de faire- par l'intermédiaire des rêves - tout un travail de remaniements psychiques indispensable au « devenir mère ».
Ne pas dormir, « s'empêcher » de le faire comme si c'était là un manquement au devoir maternel, c'est « s'empêcher de retourner en soi. », « se priver » d'un temps de réunion intérieure.
C'est se retrouver à plus ou moins brève échéance hors de soi, comme décentrée, bien loin de ce fond humain d'où on est issu et d'où vient également son bébé...
-Une vigilance exacerbée et des conduites d'hyperactivité :Ces mamans sont sur le qui vive permanent, guettant sans cesse leur bébé dans la crainte qu'il ne lui arrive quelque chose. Elles éprouvent le besoin de se dépenser; d'être sans cesse en mouvement comme s'il y avait un danger à se reposer, à ne rien faire et à se laisser pénétrer par la question et la réalité de leur enfant. Ces mamans là sont en général « très calées » sur tout ce qui touche à l'art de "bien" s'occuper de leur enfant. Mais le bébé et sa réalité humaine se retrouvent ensevelis derrière des préoccupations de maternage ou de santé. Le « faire » remplace « l'être ».
- Peur paralysante des pleurs et des cris du bébé : surtout la nuit.
-Indécision et difficulté autour du prénom choisi (une fois l'enfant né) : regrette ce prénom qui ne semble plus correspondre au bébé réel , est effondrée de culpabilité à l'idée de lui avoir choisi un tel prénom et du coup n'arrive plus à le prononcer, se trompe en l'appelant ou ne supporte pas de l'entendre dans la bouche des autres.
- Avoir froid en permanence : La maman peut éprouver le besoin de mettre plusieurs épaisseurs de vêtement sur elle ou entre elle et son enfant.
-Difficulté à se nourrir mais aussi difficulté à nourrir son enfant : Tétées ou biberons interminables, compliqués, qui seront l'objet de luttes ou de conflits...Bébé qui se crispera ou qui refusera de prendre volontiers le sein ou le biberon, ou seulement au prix d'un « acharnement maternel » à vouloir le nourrir. Passé le temps des premières recommandations, il faut toujours songer derrière une mise au sein compliquée ou rapidement ajournée, à une possible émergence d'une difficulté maternelle. Certaines mères auront du mal à regarder leur enfant pendant le temps de l'allaitement, lui donneront alors le biberon ou le sein de manière à ne pas croiser son regard. Les biberons seront longs et stressants, appréhendés jusque dans leur composition (dosage, température, intervalles entre chaque). Tout sera matière à questionnements et angoisses au niveau de l'allaitement , alors que ces moments sont avant tout des temps de communication, d'échange et de rêverie pour les deux, des temps de naissance psychique aussi pour l'enfant...On pourra assister également à des nourrissages trop rapides, des biberons ou tétées comme "engloutis". Durant le nourrissage, la mère pourra éprouver le besoin de bouger ou de parler sans cesse, de s'occuper à autre chose tout en donnant le sein ou le biberon. Il lui sera difficile de rester calmement avec son bébé dans les bras... Elle aura (de manière inconsciente), des difficultés à respecter le temps et les rythmes de succion de son bébé, ses besoins d'absorption "avide" dans un premier temps et ses besoins de rêverie dans un second temps : réajustera fréquemment sa position au sein, ou celle de la tétine dans la bouche afin qu'il boive sans discontinuer...
- Autodépréciation et culpabilité : dés l'accouchement
- Regrets de l'accouchement* : la mère a le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir accouché, elle se sent comme dépossédée de ce moment et a l'impression inavouable que ce n'est pas son enfant. L'accouchement ne l'a pas faite mère** !

* Dans certains cas, c'est le déroulement de l'accouchement en lui-même qui aura contribué à ces impressions (péridurale trop dosée, césarienne mal supportée, naissance trop rapide, épisiotomie...), mais il n'en demeure pas moins important et indispensable de chercher à savoir pourquoi cette mère ne peut en cicatriser pour accéder à son enfant.
** Certaines mères au plus mal chercheront même à recréer, à mettre en scène les conditions de leur accouchement pour mettre fin à l'insupportable et insoutenable sentiment de ne pas avoir mis au monde leur enfant.


- Toute prise de décision sera compliquée, difficulté à se concentrer : Que ce soit au niveau du bébé ou des choses qui jusque là allaient de soi, le centre n'est plus nulle part.
- Conscience aiguë et déchirante que plus rien ne sera comme avant, qu'on ne peut revenir en arrière. Sentiment insupportable d'être au coeur d'un néant.
- Syndrome de rejet du nouveau né : pas ou peu d'élan, résistance à l'émotion...
- Mise en place de conduites formelles et pragmatiques dans les soins de maternage, de conduites de « recouvrement » de sa difficulté : Gestes convenus ayant pour but inconscient de dissimuler le grand vide affectif et émotionnel de la maman à l'égard du bébé, celui-ci devient un « objet » de soin et d'attentions irréprochables. Il doit être avant tout pour la mère en difficulté un bébé sécurisé et sécurisant, un bébé sous haute surveillance dont rien de son existence ne doit pouvoir venir la surprendre.
- Distorsion visuelle, illusion d'optique, hallucinations ou visions fugaces et troublantes dont on doutera de les avoir perçues ou éprouvées : Selon le pédopsychiatre Jacques Dayan ces épisodes pourraient correspondre à une Psychose puerpérale émergente de résolution spontanée.
- Envie de partir, de fuir, de disparaître...
- Sentiment d'être de trop, d'être un obstacle entre son enfant et son père ou le reste de la famille, est convaincue que sa disparition ne serait pas regrettée - Idées suicidaires ou suicide pouvant être envisagé. Bien souvent, attirance vers "le vide" d'une fenêtre, d'un pont, etc.
- Quelques signes à prendre en compte très tôt lorsque l'on observe une jeune maman : en sachant bien qu'il ne sert à rien et même serait néfaste de "reprendre" ces comportements ou de les signaler ouvertement à la maman. Comme le souligne la psychanalyste Véronique Boureau Louvet :«En matière de maternité, on ne fait pas d'orthopédie ».Ces signes disparaîtront d'eux-mêmes avec la difficulté maternelle.)
- Mamans qui ne maintiennent pas suffisamment leur bébé lorsqu'elles l'allaitent ou le portent, mains non enveloppantes... Ne sont pas « contenantes » psychiquement et par extension physiquement.
- Temps de l'allaitement qui se déroule comme si elles laissaient leur bébé prendre de lui-même, comme si elles n'étaient pas partie prenante, comme si elles n'étaient qu'un support.
- Donne le biberon le bébé dans le transat ou à une certaine distance physique.
- Pendant la tétée tiennent leur bébé posé essentiellement sur leur ventre, comme s'il y avait là rappel du temps de la grossesse...
, - Caressent fréquemment le crâne de leur bébé : comme si quelque chose de leur grossesse n'était pas terminée, nostalgie du ventre rond ou comme si elles évitaient le visage de leur enfant ;« Comme si le crâne était une surface d'atterrissage à la disposition de la main maternelle égarée » Jean Marie Delassus


Effondrement maternel et états dépressifs, anxieux et somatiques en prénatal :

Les déprimes prénatales ne sont pas vraiment de l'ordre de l'effondrement. Le contexte est différent : l'enfant étant encore à naître, l'effondrement n'est pas une réalité clinique mais plutôt contenu dans l'idée, comme une menace imprécise. Il est plus subtil, d'avantage frôlé que réel, et se situe surtout au niveau de l'ambivalence du désir d'enfant.
La mère se trouve encore en prise avec sa réflexion autour de son désir d'enfant : Elle peut le garder ou pas et oscille en permanence entre ces deux « choix » (même à un état avancé de la grossesse et après le délai de recours à l'IVG).
En prénatal, l'effondrement s'apparente plutôt à un vacillement, comme à un écartèlement de soi où se joue de manière conflictuelle et souvent inconsciente la possibilité de donner ou pas la vie. Il pourra alors n'avoir été qu'un passage à vide, une fausse alerte qui laissera cependant des traces indélébiles, promptes à ressurgir et à se souvenir.

Les troubles de la grossesse laissant penser à ce type de difficulté sont difficiles à cerner car ils sont aussi l'exacerbation des symptômes habituels de la gestation.
Même s'il n'y a pas forcément de continuité dans l'état psychologique d'une maman avant et après l'accouchement* (20 à 50 pour cent de dépression ou état dépressif en anténatal ne se poursuivraient pas dans le post partum), nous vous invitons à être prudentes et à ne pas s'appuyer sur ces statistiques pour minimiser votre suivi de grossesse.

* Catherine Garnier Petit dans son ouvrage « Mal de mère » cautionne également l'idée qu'une grossesse difficile sur un plan psychologique n'est que rarement suivie d'une dépression dans le post partum.


Et si les symptômes de la grossesse avant d'être pathologiques avaient peut être tout d'abord un sens et un but ? C'est du moins l'idée suggérée par le Docteur Hugues Reynes dans son livre « le nouvel accouchement. »
Certains symptômes et notamment la fatigue pourraient être envisagés comme autant d'invitations à nous poser et nous reposer, pour mieux se retrouver et se préparer à cette rencontre. Les obligations de se reposer ou de modérer son activité seraient alors, autant de possibilités offertes par la grossesse de se recentrer, de changer de temps et d'espace en vue de nous préparer à cette naissance. Le premier trimestre et son cortège de malaises et de symptômes procèderaient alors à une sorte de « psychothérapie gratuite » qui donneraient à la future maman l'occasion de faire la paix avec son passé. Ces phénomènes seraient naturels, en vue donc de la venue du bébé. Leur absence totale appellerait par contre à plus de vigilance.
Dans le prolongement de cette conception de la grossesse et de ses bouleversements, Monique Bydlowsky estime que cette période de la vie d'une femme peut être un temps propice pour mettre en place une psychothérapie de soutien. La gestation s'accompagnerait d'une certaine transparence psychique, d'un abaissement du seuil de perméabilité de l'inconscient au préconscient qui faciliterait tout travail sur soi entrepris à cette occasion. La grossesse et ses symptômes de tristesse et de déprime viendraient alors comme redonner la parole au passé.
Jean Marie Delassus conteste cette notion de transparence, car selon lui, la grossesse serait davantage un temps de remous psychiques plus ou moins opaques, nécessitant toutefois d'être accompagné, plutôt qu'un moment où il serait possible via une échographie psychique de pronostiquer de l'état de la maternité à venir.

Quelques signes de difficulté en prénatal :

- Les transformations corporelles (souvent discrètes) nous renseignent sur l'état psychique de la grossesse, la façon dont le corps porte cette grossesse, si les seins et le ventre concourent à la gestation (seins ou ventre inexistants, ou alors comme raccrochés/rajoutés au corps).
- Les Vomissements gravidiques c'est-à-dire qui persistent au-delà du 4eme mois (à ce jour leur cause n'a pas encore été cernée : hormonale ou psychologique).
- Anxiété permanente : plus importante au début et fin de grossesse.
- Pensées envahissantes jusqu'à l'obsession qui vont de la crainte d'une malformation (effets iatrogènes de l'échographie ?) à un accouchement difficile voire catastrophique.
- Regrets inavouables d'avoir mis en route cette grossesse surtout après l'avoir si fortement désirée et investie.
- Pleurs fréquents, tristesse et abattement insurmontables...
- Changement brusque de caractère : pessimisme inhabituel, violence souvent à l'encontre du mari ou compagnon.
- Déni et dénégation de grossesse : refus ou incapacité à reconnaître son état (exclusion faite du mensonge ou de la dissimulation) et dont la fréquence est difficile à préciser du fait justement de sa problématique inconsciente. Il y aurait cependant un début de prise de conscience rapidement réprimé. Les dénis seraient donc d'avantage des dénégations puisque le refoulement ne serait que partiel. Certains auteurs tiennent le déni ou la dénégation de grossesse pour un trouble de l'adaptation qui permettrait à son auteur, de maintenir en l'état sa vie sociale et affective, quand la perspective d'avoir un enfant s'avère insupportable pour des motifs psychiques et sociaux.
- Le recours à l'accouchement sous X lorsque la mère ne se sent pas capable d'élever son enfant, lorsqu'elle envisage cette solution. L'effondrement dans ce cas aurait déjà eu lieu au niveau de l'inconscient.

Le temps du baby-blues

"Le baby blues s'il existe, c'est cela qu'il doit permettre, qu'on vous écoute et qu'on vous parle ! Et ce n'est pas parce que ça arrive aussi aux autres, à presque toutes les autres le baby blues ; que ça n'a rien à dire..." Patrick ben Soussan


Autres noms :
Blues du 3ème jour, post-partum blues, blues des mères, home blues, cafard des accouchées, fièvre de lait (autrefois).
L'acte de naissance officiel du baby blues date de 1952 dans un article de Moloney paru dans une revue de la Nouvelle-Orléans, sous le terme de "blues du 3ème jour".
"Blues" car le bleu est la couleur synonyme du cafard, de la tristesse, de la mélancolie ou du deuil pour les Anglo-Saxons.

De quoi s'agit-il ?
D'un état dépressif passager qui surgit inopinément dans les premiers jours qui suivent la naissance et que l'on peut comprendre comme étant le contre coup normal de cet événement.
Plusieurs explications tant physiologiques que psychologiques président à son émergence. Selon les différents auteurs, il serait :

  • Une réaction physiologique marquant la fin d'un stress physique et moral, liée à la modification brutale du taux d'hormones*.
  • L'adaptation brutale à un évènement chargé en émotions : un moment de coupure avec ce qui a précédé et qui aurait valeur de fonction d'aménagement défensif pour la mère, lui permettant de réaliser le deuil du bébé imaginaire et d'adopter celui qui vient de naître. Il favoriserait ainsi le passage symbolique de son statut de femme enceinte à celui de mère.
  • L'ensemble des déceptions que ressentent les femmes : déception de l'accouchement, déception liée à la perte de leur ventre habité, au fait qu'elles ne soient plus le centre des préoccupations, déception liée à la réalité de l'allaitement jamais aisé à mettre en route...
  • Ce temps où la mère qui s'est donnée toute entière à son accouchement et à la naissance de son enfant, est en attente d'un retour ou d'une reconnaissance de sa part. Ce peut être un temps de solitude
  • Un moment de véritable dépression où "tous les cadavres sortent des placards" Myriam Szejer
  • Un moment complexe et universel qui cumulerait le stress de la fin de grossesse et de l'accouchement et un état de dénudation psychique permettant à la mère de se mettre en phase avec son nouveau né. "Le cristal du Moi maternel serait en partie désorganisé et le blues serait alors l'exacerbation de cette préparation de l'esprit maternel à saisir les indices en provenance de son enfant" Monique Bydlowsky
  • Lié au fait qu'à partir des années 50 (date où l'on commence à en parler) les femmes ont commencé de manière générale à accoucher en milieu hospitalier et non plus à leur domicile .Séparées de leur cadre quotidien et soumises au pouvoir médical, elles seraient devenues sujettes au baby blues en réponse à cette dépossession de leur corps et de leur accouchement. Hypothèse formulée par le psychiatre Guy Benoît
  • L'expression des mouvements psychiques maternels et notamment celui d'une certaine ambivalence face au bébé à la fois merveilleux qu'elle attendait et l'être exigeant et extrêmement dépendant qu'il est en réalité. L'épisode du baby blues renforcerait la possibilité d'investissement de l'enfant réel (Mélanie Klein et Donald Winicott)
  • Un temps d'attente et de vacillement où le tout comme le rien peut arriver, un temps pendant lequel se met en place la relation : «c'est un gué, un passage délicat plutôt qu'un simple état passager» (Psychanalyse de la naissance 'Jean Marie Delassus)
  • Un temps d'ajustement (toujours selon jean marie Delassus) : Après avoir passé neuf mois d'intimité avec son enfant et de retrouvailles avec la mémoire de son corps, après avoir entrepris un véritable voyage intérieur, la mère se retrouve dans un autre pays et rencontre enfin son bébé : « Il était en elle, et maintenant, il est "hors" d'elle. La maman flotte, se sent bizarre. Elle a changé de fuseau du coeur et se trouve en décalage avec le monde extérieur. Une lame de fond la submerge Elle ne reconnaît plus son identité habituelle, elle connaît mal sa nouvelle identité. Des larmes peuvent jaillir, la tristesse et le doute l'envahir... » Ses deux identités s'entrechoquent dans ce moment immédiat du post-partum...

* Bien qu'aucune recherche n'ait abouti jusqu'à présent pour en conclure à une cause hormonale dans l'épisode du baby blues "Psychopathologie de la périnatalité" de Jacques Dayan.


Retenons surtout à propos du baby blues :

  • Qu'il n'est à priori en rien pathologique.
  • Qu'il touche 50 à 70 % des accouchées (taux variable selon les statistiques et leurs critères de sélection et définition).
  • Qu'il débute en général à partir du 3ème jour et ne va pas au delà de la deuxième ou troisième semaine.
  • Que c'est sa brièveté et son intensité "supportable" qui le caractérisent et le différencient de la dépression du post-partum.

Ses caractéristiques:

  • La fatigue mais qui va en s'estompant.
  • Les troubles du sommeil (dans des proportions non inquiétantes) dus à plusieurs choses : rythme des réveils du bébé, épisiotomie, péridurale, montée de lait...
  • La labilité de l'humeur : passage rapide et déconcertant de l'euphorie à la tristesse.
  • Les pleurs et crises de larmes par intermittence, la tristesse en pointillés.
  • Des sentiments "gérables" de doutes, d'ambivalence et de crainte, vis-à-vis de son bébé.
  • Une Hypersensibilité aux critiques comme aux remarques anodines.
  • Une réaction forte aux évènements extérieurs.
  • Un sentiment de frustration ou d'échec au moindre obstacle, une irritabilité inhabituelle.
  • Le sentiment fugace d'être devenue étrangère à sa vie.
  • Des doutes sur ses capacités à devenir une bonne mère, à savoir répondre aux besoins de son bébé.
  • Quelques troubles mnésiques discrets (mémoire immédiate).
  • Sentiment d'étrangeté déconcertant vis-à-vis de son corps et de celui du bébé.
  • Hyper vigilance* et hyperactivité* mais qui ne durent pas (* attention signe possible d'un effondrement lorsque la mère ne veut pas lâcher prise, lorsqu'elle lutte).
  • Distorsions perceptives : images se produisant au réveil. Confinant à l'hallucination ces symptômes peuvent avoir un ou deux pics, d'autres décroissent régulièrement.

Cependant, dans le cadre du baby blues, on reste consciente que ces sentiments et émotions sont disproportionnés. On garde au contraire des symptômes de l'effondrement ou de la dépression du post-partum comme un recul salvateur où l'on peut douter de la véracité de ses peurs. Il s'agit d'inquiétudes avec lesquelles on arrive à composer et pas d'angoisses qui nous débordent...

Le baby-blues est donc un évènement transitoire qui ne dure que quelques jours*.
On lit parfois qu'il diminue avec l'apparition d'un rythme plus régulier de vie chez son enfant : Nous nous garderons de minimiser des troubles qui iraient au-delà de ce temps "réglementaire", un bébé pouvant mettre plusieurs mois pour faire ses nuits.

* Dans le cas de mamans de bébés prématurés, le baby blues commencerait au retour de l'enfant à la maison.


Notre avis :

Effectivement le Baby-blues n'est pas une maladie comme on aime à nous le répéter à tous propos.
Il est sans doute la manifestation la plus "sensible" de cette nécessaire adaptation à l'évènement.
Cependant, il ne faudrait pas le généraliser au point de convaincre les femmes que celles-ci se doivent de passer par ces moments de doute pour devenir mère : le baby blues n'ayant aucun caractère obligatoire.
Comme le rappelle le pédopsychiatre Patrick Bensoussan, parler du baby blues comme d'une étape incontournable revient à répandre l'idée d'une catastrophe annoncée. Sa présence comme son absence ne nous garantissent pas que tout ira bien au-delà de ce petit temps de bouleversements légitimes.
Au grand dam peut-être de nos proches qui l'attendent de pied ferme soulagés de connaître et de maîtriser quelque chose du post partum. Les larmes ou le manque de réaction d'une jeune mère déstabilisent et inquiètent ceux qui en sont témoins, parler de baby blues est aussi une façon pour eux de se protéger et de se dispenser d'aller voir au delà.
Le temps du baby blues est en fait une période de latence qu'il conviendrait de surveiller et d'accompagner tout particulièrement avec vigilance et sérénité. Invariablement plaquée sur la moindre des réactions des accouchées, cette expression ne semble avoir été créée que pour mieux museler les émotions maternelles à défaut de rendre compte de leur intensité et fragilité, de leur sens humain et de leur caractère légitime.

« Il ne faudrait pas que le baby blues soit comme une totoche que l'on enfourne dans la bouche des bébés pour les faire taire, les faire dormir ou les rassurer, un syndrome que l'on brandirait à la vue des nouvelles mères, pour leur dire : Ne vous tracassez pas et ne nous tracassez pas, tout cela est banal, commun, habituel..."». Patrick Bensoussan

La fameuse dépression du post-partum

"Il y a des mots qui servent à caractériser, il y en a qui servent à éliminer... Le mot dépression gomme tout, évacue la spécificité de la souffrance maternelle et la range dans le cadre d'affections anonymes, dans le prêt-à-porter psychiatrique..." Jean-Marie Delassus.


C'est l'un des visages les plus familiers et redoutés du post partum, d'où une certaine propension médicale à phagocyter toute la complexité et la diversité des difficultés maternelles sous des diagnostics répétitifs de dépression.
D'une conséquence évidente et tardive des troubles de la relation mère-enfant, on en a fait une sémiologie incontournable que l'on évoque volontiers pour expliquer tous troubles maternels émergents.
Il nous semble logique qu'une femme qui se sent impuissante et même "néfaste" à l'égard de son enfant, réagisse à cet état : Tristesse, accablement et abattement ne vont pas manquer de se manifester. Il y a donc bien souvent de la dépression chez ces mères en difficulté et la constater au cours d'un examen médical relève ni plus ni moins d'un simple et banal état des lieux après une inondation.
Le diagnostic de dépression, qu'elle soit qualifiée de majeure ou de mineure, n'apporte en lui-même aucune explication clinique quant à la nature des bouleversements observés. Considérer la dépression comme une entité clinique alors que c'est juste une conséquence d'un état d'effondrement qui a eu lieu en préalable, n'est pas émettre un diagnostic étiologique et les conduites thérapeutiques qui en découleront seront tout aussi limitées.
Certes les anti-dépresseurs prescrits pourront juguler rapidement les angoisses et l'humeur, mais seront sans effet notable sur la relation mère-enfant. Ils ne rétabliront qu'une communication logique à défaut d'une communication plus affective, mais cette relation risquera de rester longtemps vide de sens. Leurs effets secondaires ne sont pas non plus négligeables : dans certains cas, ils entraînent un effet "steel face" chez la mère, c'est-à-dire que son visage, là même où se "nourrit" le bébé sera figé. Or c'est dans le dialogue avec le visage maternel, dans le jour du visage (pour reprendre la belle expression de Chantal Chawaf que celui-ci peut essentiellement lire l'attachement qu'il génère chez sa mère et la confirmation de sa possibilité d'existence).

On fait ainsi, sous couvert d'un diagnostic de dépression du post partum, l'économie de beaucoup de réflexions et de questions qui pourtant devraient couler de source chez le thérapeute et constituer un préalable à toute véritable prise en charge.
N'oublions pas non plus, que sous ce diagnostic de dépression s'opère aussi un phénomène d'identification de l'observateur et/ou du thérapeute au bébé et à ses besoins. Il s'agit pour celui qui en est témoin de tenter de "réanimer" cette mère aux prises avec des sentiments mortifères quitte à plaquer sur celle ci un début d'explication qui rendrait compréhensible et sans doute acceptable sur un plan moral, ses défaillances vis à vis de son nouveau né.

Autre nom :

Dépression maternelle, Dépression souriante, Dépression de la maternité (Jacques Dayan).
Cette dépression particulière n'est pas toujours évidente à reconnaître et à faire reconnaître. Elle fut Longtemps minimisée par le corps médical et les femmes qui en ignoraient tout, se taisaient par honte de ne pas correspondre au standard classique de la maternité bienheureuse. La seule prise de conscience de leur problème était et l'est encore aujourd'hui, d'ordre moral : "Je suis une mauvaise mère".
La dépression du post-partum n'est d'ailleurs pas reconnue à l'heure actuelle comme une entité singulière à part des autres types de dépression. Il n'existe pas de classification internationale bien qu'elle diffère par certains aspects, des formes classiques de cette pathologie :
L'anxiété par exemple y est plus intense le soir que le matin.
Les sentiments de tristesse et d'accablement ne sont pas permanents, des moments de répits plus ou moins longs existent.
Les soins et les gestes de la vie quotidienne sont assurés la plupart du temps : cette dépression entraînant moins de perturbations dans la vie courante.
Du coup la mère peut se raccrocher à certains instants de plaisir et méconnaître son trouble ou le nier, tout comme son entourage. Sans doute la présence du bébé l'incite à ne rien laisser transparaître de son mal-être et la pousse à se dépasser sans tenir compte de ses souffrances ...

Sa fréquence : 10 à 20 % des femmes.
Sa durée : Elle s'installe peu de temps après l'accouchement et dure plusieurs mois. Sans soin adéquat (médicament associé à une thérapie spécifique mère-enfant) elle peut se chroniciser et avoir à la longue des répercussions importantes sur l'enfant*.
Certains témoignages font état de guérison subite, presque « miraculeuse »de leur dépression, évoquant un fait ou un évènement qui subitement les a rendu mères : la reprise du travail, les sourires ou babillements de leur enfant, une ressemblance physique, quelque chose dans le développement de leur bébé... qui est venu les confirmer dans leur maternité, les rassurer sur leurs compétences.
Ces revirements subits existent mais sont rares, bien souvent une dépression non prise en compte s'enkyste durablement ou peut se déplacer sur le bébé qui tombera progressivement malade ou qui deviendra l'objet du ressentiment et de la déception maternels.

* Certains bébés vont même dés les premiers jours qui suivent leur naissance, manifester des troubles somatiques et psychiques en rapport avec la difficulté maternelle émergente de leur mère.

Les caractéristiques de la dépression du post-partum* :

La maman peut présenter :
- Des plaintes somatiques récurrentes, notamment un mal de dos permanent.
- Des palpitations, bouffées de chaleur, tremblements, sensation d'oppression, d'étouffement, de vertige...
- Une impossibilité de s'endormir, de se rendormir, un sommeil fortement perturbé : cauchemars, endormissement très long, réveils fréquents...
- Une fatigue constante pouvant mener à l'épuisement.
- Une activité frénétique jusqu'à l'effondrement.
- Une irritabilité permanente.
- Un détachement, une lassitude inhabituelle.
- Des difficultés de concentration : délaisse ses centres d'intérêt habituels, plus de goût à rien, perte d'envie (alimentaire, affective, sexuelle...).
- Des pleurs fréquents ou impossibilité de pleurer même quand l'envie est forte.
- Des colères incontrôlables, sans motif précis.
- Des pertes de mémoire, des oublis importants même dans les soins du bébé.
- Une anxiété constante, des crises d'angoisses, un sentiment de panique, de danger ou de catastrophe imminente.
- Une culpabilisation omniprésente pour tout et sur tout, avec un fort sentiment de honte de ne pas être heureuse.
Et aussi - Elle n'a plus envie de sortir de chez elle ou au contraire sort beaucoup car redoute le moment où elle se retrouve seule chez elle avec son bébé.
- Elle souhaite partir, disparaître, se sent un poids pour tout le monde...
- Elle a un sentiment de temps arrêté, de temps figé, d'avenir obstrué...
- Elle ne se sent plus aimée et a le sentiment de ne plus être capable d'aimer.
- Elle ressent un pessimisme global surtout envers le bébé.

Il y a moins d'idée suicidaire dans le cas de la dépression du post partum, les passages à l'acte sont rares car freinés par le sentiment d'être encore utile pour le bébé, en revanche le sentiment de ne plus être utile doit alerter (la défenestration, l'envie de se jeter dans le vide est le passage à l'acte le plus souvent réalisé ou imaginé).

Autour du bébé, la maman peut :
- Ne ressentir aucune émotion ou paniquer devant l'intensité de ses sentiments.
- Être réticence à le prendre contre elle ou au contraire avoir des difficultés à s'en détacher corporellement.
- Avoir la peur permanente qu'il lui arrive quelque chose ...
- Peut exprimer son désarroi envers son bébé par des gestes brutaux ou au contraire cacher ses pulsions par des démonstrations d'affection excessives en public.
-Penser continuellement qu'avoir eu un enfant était une erreur, que sa mission est terminée depuis qu'elle l'a mis au monde et qu'elle est interchangeable.
- Ressentir comme une "rivalité d'existence" avec lui, l'un (elle-même) devant disparaître pour que l'autre puisse vivre.
- Connaître des pensées et fantasmes obsessionnels, des phobies d'impulsion qu'elle ne peut chasser et qui l'anéantissent : peur de faire du mal à son bébé, peur d'être incestueuse... à différencier de l'envie de faire du mal à son enfant qui elle, relève de l'urgence psychologique.


En conclusion :

La dépression est une notion pragmatique qui banalise et inscrit la difficulté maternelle dans un registre très général qui en occulte toute la singularité et complexité :
Comme nous l'avons déjà vu, il ne s'agit pas de qualifier une simple difficulté d'exister temporaire, et d'y remédier avec quelques médicaments et paroles d'encouragement, mais bien d'accompagner sur le long terme une mère dans une transition identitaire délicate et de lui permettre d'assurer la naissance psychique de son enfant.
Réduire cette difficulté à son versant dépressif comporte un corollaire non négligeable et qui peut être préjudiciable : On s'inscrit d'emblée dans une prise en charge médicale qui vise des résultats rapides et quantifiables. Il s'agit de juguler au plus vite des effets dépressifs et de rétablir des comportements maternels conformes à ce que l'on attend et exige de l'évènement Maternité : sourires, entrain, optimiste sont requis au plus vite.
En privilégiant la surface, on évite soigneusement les questions de fond : à savoir celle du bébé, de son origine et celle de la maternité humaine et de son versant psychique.
La difficulté maternelle qui n'est que l'expression de la maternité psychique « contrariée » se retrouve ainsi au centre d'une temporalité qui n'est pas la sienne mais celle de protocoles médicaux qui accordent au soin de la dépression un délais d'environ 6 mois pour la traiter.
Certes, il y a toujours du soulagement à savoir que ce que l'on vit est issu du registre médical et peut se « soigner » ou du moins se tempérer dans ses effets les plus invalidants (angoisses et troubles de l'humeur) avec des médicaments, mais la tentation est grande alors de se « déresponsabiliser » en se réfugiant derrière le diagnostic de dépression :
« Ce n'est pas moi, c'est la dépression qui génère ce que je suis, ce que j'éprouve et ce que je fais ou ne fais pas.» Alors qu'une prise en charge psychologique permettrait à la mère d'aller cicatriser ce « fond d'elle-même » qui est en souffrance.
Mais comme l'avance Jean Marie Delassus , en évoquant l'ouvrage de Marcé - qui attribuait l'origine physiologique des psychoses, au fait que l'utérus maternel suppurait - , dans le cas de la difficulté maternelle "c'est bien le coeur qui suppure et le coeur ne peut pas être malade !"
La conception et le soin psychiatrique seraient une façon de forcer le coeur, de faire entendre raison au coeur.
C'est donc faute d'accueil à la réaction singulière de la mère à sa maternité, et par soucis de "normalisation" et de "codage" que l'on parle de dépression. On clôt ainsi la parole du sujet pour aboutir à des paroles plus ou moins détachées de son vécu : la dépression devient un état anonyme où se dilue la singularité de l'individu. La réflexion et la clinique du soignant ne s'exerceront plus qu'à travers l'évolution des symptômes dépressifs ou des épisodes de décompensation. La dépression devient le point de départ du suivi thérapeutique, le mètre étalon de la thérapie alors même qu'elle ne représente que la partie immergée de l'iceberg. Peut-on dire alors que l'on passe à côté des causes réelles de la difficulté de la mère ?

« Le diagnostic de la dépression du post-partum ne devrait viser avant tout que la reconnaissance d'une difficulté relationnelle avec son enfant et d'une évidente inadéquation entre les deux. Ce trouble de l'humeur signe l'installation d'un problème maternel qui porte atteinte à l'identité de la mère et produit un mode de relation pathologique mère-enfant préjudiciable à l'émergence de la maternité psychique nécessaire à celle de la naissance psychique de l'enfant. Il est primordial que le corps médical soit formé à reconnaître la souffrance ou la pathologie maternelle, non pas tant comme pathologie psychiatrique, mais bien comme une difficulté maternelle risquant de retentir sur le bébé. » Catherine Isserlis Pédopsychiatre.

Psychose puerpérale et folie d'être mère

"Moi dans mes délires, j'ai revécu ma naissance, l'expulsion, le goulet d'étranglement qu'est la mère, la douleur et puis l'éveil des sens...Maintenant quand j'y pense je me dis que c'était le symbole de ma seconde naissance : en tant que maman. Je suis sortie encore sous médicaments. L'angoisse était encore bien présente .je me posais quantité de questions sur ce qui m'était arrivé, sur ce que je prenais, sur le développement de mon fils... Donc j'ai fait des recherches en bibliothèque et sur internet. Sur la Psychose puerpérale malheureusement je n'ai pas trouvé grand chose. C'est assez mal décrit par rapport à ce que l'on peut vivre à l'intérieur. Tout ce qui est dit c'est qu'il y a un fort risque de suicide ou d'infanticide et des trucs pour prévenir de la gravité de la chose mais pas pour expliquer comment et pourquoi ..." (anonyme)


Expression latine francisée signifiant : affection liée à l'enfant.
Dés le 4ème siècle avant notre ère, Hippocrate s'était déjà penché sur ce trouble : 3eme livre des épidémies où il relate l'histoire d'une jeune femme frappée de folie 6 jours après la naissance de jumeaux.
Les travaux d'Esquirol (1819) ont donné une interprétation humorale de la psychose puerpérale (qui serait la remontée au cerveau d'un mélange de sang et de lochies). Marcé, son élève qui s'interrogeait sur la singularité de cet épisode lui consacra un livre* en 1858, sans doute soucieux d'apporter quelques explications psychologiques aux infanticides maternels que le 19e redoutait par-dessus tout.
*"De la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices".
Depuis 1960, grâce aux travaux notamment de Racamier, la mère n'est plus en théorie séparée du bébé.
Dans la réalité faute de place, elle est encore fréquemment séparée de son enfant avec l'argument fallacieux que c'est mieux ainsi pour les deux !
De quoi s'agit-il ? :

D'une affection rare et spectaculaire, d'un chaos émotionnel sévère qui survient brutalement dans les deux semaines qui suivent l'accouchement et qui s'accompagne d'un état délirant et d'agitations extrêmes.
C'est un véritable saut dans le précipice émotionnel que la naissance d'un enfant ouvre soudainement sous les pieds d'une femme, en général sans antécédent psychiatrique.
Pour Benedix, Durhen et Racamier la psychose puerpérale est un traumatisme où la personnalité et la structure mentale de la femme souffrent de l'impact d'une maternité spectaculaire.

Fréquence : 1 à 2 cas pour mille naissances (soit plus de mille femmes par an). On avance souvent sa rareté pour "rassurer" les femmes et oublier de les en prévenir pendant la grossesse.
Évolution :favorable avec quelques rechutes et rapide avec traitement et suivi spécifique.

La psychose puerpérale se présente donc comme une déstructuration psychique plus ou moins caractérisée qui nécessite une hospitalisation d'urgence et qui devrait en toute logique et humanité nécessiter dans le même temps - ou très peu de temps après, quelques jours tout au plus, le temps que les principaux symptômes de confusion s'apaisent - une hospitalisation conjointe avec son enfant, dans le cadre d'un milieu thérapeutique très contenant.

Caractéristiques :

Les troubles diminuent en une dizaine de jours avec parfois des rechutes dans les premiers mois qui suivent.

  • Se produit principalement chez les primipares (70% des cas)
  • Impossibilité presque totale de dormir ou de se reposer
  • Pertes de mémoire importantes
  • Agitation, panique...
  • Oscillation entre état "normal" et hallucinations auditives et visuelles, aller retour entre lucidité et confusion : entend des voix, "voit" des personnes généralement des proches décédés, dialogue avec personnes décédés...
  • Excitation, abattement, allure stuporeuse
  • Confusion dans le temps et l'espace
  • Sentiments omniprésents d'incapacité, de culpabilité, de déshonneur, de déchéance, de ruine...
  • Peur d'être tuée, empoisonnée, se sent menacée, surveillée...
  • Propos incohérents centrés essentiellement sur l'enfant : celui-ci demeure le centre de ses préoccupations, peur qu'il ne meure ou qu'il lui soit enlevé, le bébé est parfois perçu comme un messie, un sauveur dont la naissance ébranlera ou sauvera le monde (délire marial).


L'évidence des caractères dépressifs de ce type de difficulté maternelle ne devrait pas conduire son "soin" à la relégation psychiatrique systématique. (Voir à la sismothérapie comme on peut encore le trouver sur certains sites d'informations médicales).
Parler de psychose est un abus de langage, c'est faire d'un épisode de vérités personnelles, une pathologie psychiatrique et préjudiciable pour l'identité maternelle.
Cet évènement est "juste" une déstructuration provisoire et le délire se présente comme une tentative de survie, une issue de secours face à un évènement qui déborde le psychisme de la mère. Mais c'est un épisode qui a le visage et la tonalité de la psychose, pas la structure (sauf antécédent psychiatrique, bien sûr). C'est un accouchement de mots hors cadre, hors codage.
Michèle Benhaim, dans son livre "La folie des mères", juge le terme comme en partie inexact et impropre :
En effet si les troubles psychiques constatés ressemblent à ceux mis en place par des gens psychotiques, cette psychose peut toucher des femmes qui n'ont jamais présenté de problèmes psychiatriques auparavant. La folie maternelle éclate donc comme "un coup de tonnerre" chez des femmes n'ayant présenté aucun signe alarmant pendant leur grossesse, même si avec le recul de l'analyse, une certaine fragilité psychique pouvait se deviner. »
Pour l'auteur, même si il y a délire et déni de leur maternité, le fait que ces femmes souffrent de leur état, qu'elles se sentent comme persécutées par leur enfant, tend à prouver que l'on se trouve en présence de "quelque chose" qui s'arrange pour revêtir l'apparence d'une psychose... « le délire rencontré dans les psychoses puerpérales me semble n'être, en somme , que l'exagération des propos que peut tenir n'importe quelle mère ... »

« À chaque naissance nouvelle, c'est un nouveau monde qui vient virtuellement à être et la déraison peut accompagner le plus conforme des projets d'enfants » Monique Bydlowsky

Le bébé : Symptôme et Témoin de Maternité

"Je m'étais perdu à moi-même, Et tu es venu me donner de mes nouvelles" André Breton (l'amour fou)


L'enfant témoin :

L'enfant est développement, il ne lance pas seul.
La maternité est liée avec le fait qu'un enfant puisse naître sur un plan psychique, qu'à la coupure du cordon ombilical qui signe l'accouchement, puisse se substituer un cordon psychique avec sa mère qui signe le début de sa naissance.

Après l'accouchement, l'enfant va devoir s'adapter au monde extérieur c'est-à-dire en quelque sorte effectuer sa "naissance psychique".
Il ne connaissait jusque là que le monde "in utero", monde premier qui l'a structuré pendant de longs mois et dont il garde une certaine mémoire et empreinte. C'est une structure d'Être particulière et dont il "s'attend" à retrouver les caractéristiques une fois né. Il ne se trouve pas écologiquement et instinctivement lié et adapté au monde extérieur, à la différence de l'animal.
Et pour pouvoir entrer dans ce monde, il faudra que ce qui l'environne, corresponde avec ce qui l'a jadis entouré, que ce qu'il découvre soit d'une manière ou d'une autre la manifestation et la révélation de ce qui avait été ressenti avant de naître. Il lui faudra un « sas » pour assurer cette transition natale, un correspondant natal dont la mère est le meilleur représentant possible.
C'est elle qui va être ce lien natalisant, ce relais essentiel de naissance psychique et cette fonction va bien au-delà des notions d'élevage et d'affection que l'on doit au bébé.

La naissance psychique de l'enfant s'élabore dés les premières minutes, les premiers jours, les premières semaines de sa vie: il naît progressivement de l'échange des regards*, de la présence, de la voix, du toucher, du corps à corps et de l'odeur maternels, de toutes ces choses imprégnées de l'état d'esprit de la mère, tour à tour tranquille, agitée, présente, absente...
Peu importe au fond, c'est le désir et l'intention maternels qui soutiennent et confirment sa possibilité de vie. Du plus profond d'elle-même, sans même en prendre conscience lorsque tout va bien, la mère offre ses yeux, son visage, son coeur...
C'est le langage du don non limité par les mots ou les attitudes, qui ne réside pas dans le faire ou l'avoir, mais dans l'être et l'intention.
La naissance psychique de l'enfant signe aussi celle de sa mère : dans le retour qu'elle en a (éveil, regards et sourires du bébé) elle se sent confirmée dans son identité maternelle et rassurée dans sa capacité à faire vivre cet enfant.

* Le premier regard (le proto regard) échangé juste après la naissance peut être une chance pour la mère et pour l'enfant de démarrer sur de bonnes bases.


Comme nous l'avions précédemment mentionné, la difficulté maternelle ne se révèle pas toujours à travers les troubles dépressifs de la mère. Les signes d'appel viennent parfois du bébé et de ses troubles du comportement ou de santé.
Pris dans l'anxiété maternelle, l'enfant peut ne pas être totalement né à lui-même, et être en panne ou en difficulté* dans sa naissance psychique. En se penchant sur ses troubles, on peut mettre à jour une souffrance profonde de la mère jusque là insoupçonnée. Le diagnostic de difficulté maternelle passe alors par celui de la difficulté natale du bébé.

* S'il y a trop ou trop peu de sollicitations maternelles, lorsque la mère demande de la maternité à son enfant ou est en grande attente d'une confirmation de ces capacités maternelle, lorsque le bébé est sommé de naître psychiquement dans les plus brefs délais, d'être très vite compétent, d'être un bon bébé... C'est une mère qui lui demande de la rassurer, ou de lui indiquer les voies de sa maternité, c'est le regard médical et celui de l'enfant qui doivent alors venir valider sa maternité faute de la ressentir au plus profond d'elle-même et c'est en fait une inversion du processus de Maternité.


L'observation précoce* du nouveau né ou plutôt du « naissant » va témoigner de la maternité inconsciente de sa mère et de sa mise en place qu'elle soit immédiate, différée, partielle ou par intermittence.

* Surnommé "le petit clinicien" par l'unité de Maternologie, qui désormais s'appuie davantage sur son observation, notamment lors de l'allaitement (sein ou biberon), pour émettre un diagnostic que sur celle de sa mère.


L'enfant symptôme :

Aveugle à sa difficulté, la mère consultera pour son enfant, soit pour des problèmes récurrents de maternage, soit pour des troubles physiques ou psychiques de l'enfant. Ces affections infantiles à répétition, quelques fois incompréhensibles pour le monde médical, permettront dans les soins fréquents qu'elles requièrent, de masquer à tous et en premier à celle qui le vit, les difficultés d'attachement qui en sont à l'origine. En s'absorbant dans une fonction de soignante ou d'infirmière rien ne viendra trahir la souffrance maternelle cachée et souvent inconsciente. Le temps de la médication ou des soins à prodiguer vient combler le temps vide de la maternité, à défaut de repères intérieurs, il y a des repères médicaux.
Cette dérobade permanente devant la réalité vertigineuse de son bébé est connue et reconnue par l'unité de Maternologie sous la désignation de SPEM : Syndrome pédiatrique d'évitement maternel.
Le SPEM repose sur une double substitution :
La difficulté de l'enfant se substitue à celle de sa mère et la compétence soignante maternelle affichée à celle de la compétence maternelle.
Une relation pathogène entre la mère et l'enfant s'installe, au fil des consultations médicales, relation qui sera renforcée par les avis médicaux successifs où les problèmes de santé de l'un consécutifs à la difficulté maternelle de l'autre deviennent "nécessaires" à la première pour ne rien dévoiler de sa problématique maternelle. (Laquelle reste ne l'oublions pas, presque totalement inconsciente et inimaginable pour la mère).
Devoir assurer au jour le jour la santé du bébé renforcera les systèmes de défense et d'évitement de la mère.
Là où la difficulté maternelle éloignait dans un premier temps le bébé de sa mère, le SPEM va les rapprocher mais il n'est pas sûr qu'il bénéficiera d'une réelle maternité nécessaire à sa naissance psychique.
La maladie ou les problèmes de l'enfant seront les seuls garants de cette identité maternelle enfin constituée. On peut presque alors parler de « fausse identité maternelle », puisqu'elle a du se construire sur un leurre.
Cette organisation méticuleuse, orchestrée par les prescriptions médicales sans cesse renouvelées aura un effet supplémentaire : elle permettra à la mère de pouvoir enfin se plaindre et de lui fournir un registre "légal" pour évacuer son angoisse : parce que son bébé sera ou paraîtra malade, elle pourra s'effondrer sans honte et sans déshonneur. La dépression deviendra « acceptable » car reposant sur des préoccupations "maternelles" légitimes : la santé de l'enfant.

Relever ce type de difficulté maternelle n'a bien évidemment pas pour but de stigmatiser et dévaloriser celles qui se réfugient ainsi derrière les soins de santé à donner à leur bébé, ni même de leur reprocher de saisir cette voie (perche ?) pédiatrique pour avoir accès à leur enfant.
Comme nous l'avons vu précédemment, le Devenir mère est souvent aléatoire et il faut parfois emprunter des chemins détournés pour y parvenir.


C'est le rôle du médecin et des services pédiatriques d'être vigilants à ce sujet et de garder à l'esprit dans un souci de prévention de mal-naissance" de l'enfant, qu'ils sont non seulement en présence d'un bébé malade (car les problèmes de santé sont bien souvent réels et nécessitent d'être pris en compte), mais également en présence d'une mère et de ses possibilités maternelles qui se donnent à voir et à entendre au cours de cette consultation.
"Un bébé sans sa mère ça n'existe pas !" nous rappelait déjà Winnicott, voulant ainsi spécifier que l'observation du nourrisson demeure inséparable de l'environnement dans lequel il se développe.

Les appels du bébé* :

* (Ou pouvant être compris comme tels)

Doivent se repérer au plus tôt et être traités très vite en raison de la plasticité cérébrale du bébé (neuf premiers mois) et des dispositions affectives maternelles encore toutes vibrantes d'attente et d'espoir, et avant qu'elles ne se replient dans la dépréciation et le ressentiment. Certains peuvent passer inaperçus tant ils s'installent à bas bruit sous une apparence anodine.
Les signes de vulnérabilité somatique qui traduisent une difficulté de naître doivent être reconnus comme tels, et leur rattachement à une possible défaillance maternelle, ne doit pas empêcher en parallèle les investigations médicales et les soins physiologiques.

On peut remarquer :

  • Des troubles précoces du sommeil, avant même l'installation de son propre rythme de vie (sommeil / éveil).
  • Des bronchiolites à répétition.
  • Des régurgitations fréquentes et importantes.
  • Des pleurs incessants, difficiles à apaiser, des spasmes du sanglot.
  • Une prise de poids insuffisante, courbe de croissance faible.
  • Des affections dermatologiques.
  • Des malaises vagaux trés brefs dont la cause restera inconnue, où bébé semble perdre connaissance et où son visage bleuit...
  • Un bébé comme absent, faisant peu de bruit, qui se comporte comme s'il régressait et avait enclenché une marche arrière dans sa naissance.
  • Un bébé hypotonique.
  • Un bébé ayant des difficultés à se nourrir, à prendre le sein ou le biberon, une prise d'alimentation lente ou rapide comme s'il devait se remplir très vite pour se rassurer.
  • Un bébé trop sage, qui s'adapte au rythme et à l'humeur de la maman, qui se protège dans le sommeil, qui se montre sérieux quand elle est sombre, et enjoué quand la mère l'est (début d'un faux self), un bébé qui va aller en s'épuisant à porter ainsi la déprime maternelle.
  • Autres signes mis en évidence sur les vidéos cliniques de la Maternologie :
  • Un bébé ne cherchant pas ou n'accrochant pas le regard* de sa mère notamment lors du temps consacré à l'allaitement : il "préfèrera" par exemple fermer les yeux comme absorbé en lui-même. Tous les regards échangés entre eux deux ne traduisent pas systématiquement la mise en route de la relation du don : certains bébés sont comme réquisitionnés par le visage de leur mère, dés le début de leur allaitement, comme s'ils étaient appelés à la rassurer sur ses capacités maternelles. Ils sont du début jusqu'à la fin de leur allaitement comme chevillés au visage de leur mère alors qu'ils devraient être au fur et à mesure de leur nourrissage, dans l'absorption, la communication avec la mère, la détente et enfin la rêverie.
  • Il y a des allaitements qui relèvent davantage de la confrontation ou de l'affrontement que de la rencontre .Ce sont des allaitements où la relation de Don ne s'installe pas, où la présence fluide, attentive et constante de la maman auprès du bébé fait défaut : celle-ci étant trop tendue, comme aspirée dans une souffrance intérieure. Certains bébés semblent se couvrir perpétuellement le visage de leurs mains lorsqu'ils boivent, comme pour se protéger de trop d'intensité.
  • La deuxième main de la maman qui ne porte pas ou insuffisamment l'enfant pendant l'allaitement, qui ne l'empaume pas, qui semble gire à coté.
  • Un bébé sans tonus, comme "mou", en position foetale dans le berceau comme s'il était toujours dans le ventre de sa mère, un bébé comme en retrait, qui semble déchoir ou s'effondrer pendant l'allaitement.
  • Un bébé comme hostile au monde ; qui s'oppose ou se raidit au contact de sa mère sorte de raideur corporelle, semble manifester comme un comportement d'opposition ou de rejet pendant l'allaitement.
  • Notion de "bébé aux besoins intenses" dont on retrouve des descriptions sur certains sites Internet, et qui invitent la mère a toujours plus d'investissement dans l'action et le maternage. Il faut se demander dans quelle mesure ces "besoins intenses" ne sont pas en fait dans certains cas, des demandes réitérées de naissance psychique, face à une difficulté maternelle qui s'ignore et qui va aller en se creusant davantage, faute d'être prise en considération et à se disperser ainsi dans les soins et actions de maternage. Il importe de rester vigilant afin de ne pas plaquer des "catégories" sur ce qui pourrait être en fait une difficulté maternelle.

* Il est accordé une importance toute particulière aux "levers de yeux" du bébé sur sa mère et la Maternologie recommande aux services de maternité de bien s'assurer avant de renvoyer la maman chez elle que les premiers regards de son nouveau-né aient été pour elle.


Nous espérons que ce passage vous permettra de vous sensibiliser à une autre face de la difficulté maternelle, qui n'est pas (et nous le soulignons) volontairement et sciemment induite par la mère mais la conséquence d'un état maternel aléatoire impossible à rendre compte ouvertement.
Il y a donc urgence à ce qu'un diagnostic rigoureux (maternologique ou similaire), vienne confirmer (ou infirmer) que ces problèmes de santé sont l'expression détournée d'une souffrance maternelle cachée.

La difficulté maternelle peut suspendre ou entraver la naissance psychique d'un enfant mais on peut tout à fait donner les moyens de sa naissance en soutenant la maternité de sa mère

« Le sens de la naissance humaine est de pouvoir être au monde, l'être que l'on a été avant d'être au monde » Jean Marie Delassus

Pourquoi de tels moments ?

L'accès à la maternité relève aujourd'hui de décisions individuelles ou de couple, à la fois volontaires et facultatives. A ce titre, la maternité inaugure donc des difficultés qui étaient jusque là imprévisibles si ce n'est inconcevables : comme celle par exemple de ne pas pouvoir être au rendez-vous de son enfant, malgré le désir et l'attente que l'on en avait.
Déprime, manque d'élan, ou démission viendront contrecarrer les projets d'enfant les plus élaborés ou "entacher" les naissances les plus attendues. La difficulté maternelle sera alors vécue non pas comme un bouleversement possible et légitime eu égard à la dimension incroyable de ce que l'on vit, mais comme la sanction méritée d'un manquement à ses responsabilités.
Nombreuses sont les femmes qui abordent la maternité comme une possibilité de confirmation de leur propre identité, ou comme un moyen de réparer certaines failles de leur enfance. Ces attentes relativement nouvelles « suggérées » en partie par la maîtrise « presque » totale de la contraception et celle plus partielle de la fécondité semblent majorer les risques de déception et d'effondrement ou du moins rendre leurs éprouvés plus sensibles. Les questionnements, les bouleversements qu'on ne peut maîtriser ou les souffrances psychiques qui peuvent survenir sont devenues, sinon inacceptables du moins insupportables à vivre et devant être écartés à tout prix (à n'importe quel prix ?). La volonté d'avoir un enfant se superpose et se confond désormais avec le désir d'enfant. Comme le dit Jean-Marie Delassus : "aujourd'hui, ce n'est plus un enfant quand je veux ou si je le veux, mais parce que je le veux !"

Aussi, si la nosographie traditionnelle appliquée aux troubles de maternité (dérèglement hormonal et dépression du post partum) peut dans un premier temps nous soulager et nous dispenser d'aller plus loin, elle ne fait que retarder la mise à jour de leur signification. Arrive le moment où on ne peut plus faire l'économie délibérée de réflexions sur ce problème de fond et sur la nature de la maternité en cours.
Les pourquoi lancinants : « pourquoi moi ? Pourquoi avec cet enfant là ?» ne manqueront pas de surgir, rappelant que la maternité est aussi un processus psychique aux multiples ramifications qui peut s'enrayer et sur lequel la volonté ou le désir d'enfant (consciemment) n'a que peu ou pas de prise.
Répondre à ces questions, tenter de le faire et de rejoindre l'épicentre de ces effondrements fait partie du processus de reconstruction. C'est la colonne vertébrale de la thérapie, même si cette quête ne doit pas devenir obsessionnelle. Plusieurs mois ou années sont parfois nécessaires pour mettre à jour les différentes strates de ces difficultés, difficultés allant bien souvent au-delà de son histoire personnelle et tapant parfois au coin d'une problématique conjugale et/ou familiale préexistante.
Jusqu'à présent la recherche de l'étiologie de ces évènements s'est davantage faite dans un but prédictif qu'avec le souci de comprendre ce qui s'observait. Ces études pour le moins hasardeuses et risquées ont souvent été entreprises dans le dessein d'élaborer des diagnostics anténataux de risque de dépression du post partum et de "profiler" les futures mères à risque, confortées dans leur perspective* par la peur de l'infanticide ou de la maltraitance**.

* Les auto-questionnaires destinés à mettre en évidence les risques de difficulté maternelle laissaient planer sur celles qui y répondaient des doutes douloureux quant à leur avenir maternel. Ce qui revenait à inquiéter / fragiliser ces futures mères au nom d'une hypothétique et légitime prévention.

** Aucune étude ne s'est véritablement attachée à faire le lien entre maltraitance infantile et difficulté maternelle, selon Jean Marie Delassus, environ 12 % des difficultés maternelles pourraient être à l'origine de maltraitance sur l'enfant dans sa première année (Le sens de la maternité page 186-187)


Ne serait-il pas préférable de mieux comprendre ce qui se passe plutôt que de s'attacher systématiquement à vouloir prévoir ou guérir au plus vite ? Certes, vouloir éviter ou apaiser au plus vite des souffrances ou des relations pathogènes entre la mère et l'enfant est louable.
Mais derrière cet empressement collectif à vouloir tout mettre en oeuvre pour que la difficulté maternelle ne puisse émerger, n'y aurait-il pas aussi le souci de vouloir se protéger de ces manifestations ? Y aurait-il dans les souffrances exprimées quelque chose de déstabilisant et de dérangeant pour l'ordre établi ? Les mères en difficulté maternelle poseraient-elles suffisamment problème pour qu'il faille y remédier au plus vite ?
En voulant rétablir au plus vite la « bonne santé » et les comportements que l'on attend d'une mère vis-à-vis de son nouveau né, ne va t-on pas quelque part la priver (ou la dissuader) de la possibilité de comprendre et de donner sens à ce qu'elle vit : éléments qui lui seront ensuite indispensables pour « raccrocher les wagons » après un tel tremblement de mère ?
Y a-t-il urgence à ce qu'elle retrouve le sourire ou que ses larmes ou son apathie cessent, quand on sait combien l'apparence du bonheur peut être une feinte, une manière de donner le change, de rassurer l'autre afin de lire dans son regard le soulagement ou la conviction que cela va mieux et que l'on peut désormais passer à autre chose ?
Il conviendrait alors de réfléchir aux modes d'interventions auprès des mères et de leurs bébés y compris dans l'urgence d'une décompensation psychique *...

* Où hospitalisation psychiatrique, séparation d'avec le bébé (pour son bien) sont toujours préconisées.


La recherche autour des facteurs prédisposant à la difficulté maternelle et de sa possible prévention en prénatal n'a jusqu'à présent abouti à rien de probant : 78% d'erreurs dans la prévision prénatale *.

* Les 21,5 % restant englobant des causes diverses et relevant d'avantage de coïncidences que de la mise en perspective d'un facteur étiologique fiable et universel.


Les repérages précoces (avant la naissance) des "défaillances" maternelles sont limités dans leur efficacité car ils sont cloisonnés à une connaissance des facteurs de risques de la dépression et ne prennent pas en compte la nature même de la maternité psychique ainsi que les différents stades de sa construction. Ces facteurs qui ne s'appuient que sur le négatif des situations parentales (ce qui leur fait défaut) ne peuvent constituer le socle d'une prédiction fiable de la difficulté maternelle, pas plus qu'il ne peuvent élaborer une conduite thérapeutique préventive en prénatal. Là encore, le fait de vouloir "prédire" une éventuelle difficulté postnatale, trés tôt en prénatal, relève de l'impossibilité collective et individuelle d'accueillir l'imprévisible de la maternité psychique et de ses effets.
« Aucun facteur en soi quel qu'il soit n'est prédictif en prénatal sauf s'il provoque une atteinte sévère de l'identité de la future mère » Jean-Marie Delassus.
C'est l'accouchement, la rencontre concrète avec le bébé et la mise en route du caractère transférentiel de la maternité psychique qui rendront compte de la véritable nature de chaque maternité.
La prévention ou plutôt "l'esprit de prévention" dans le prénatal doit donc d'avantage passer par l'information (y compris des risques de difficulté maternelle), l'écoute, l'accompagnement et le soutien (si besoin) du vécu de la grossesse et par le souci de privilégier dès l'accouchement la reconnaissance de préalables à l'effondrement maternel, plutôt que de passer par des tentatives de prédiction de ce qui se passera ensuite entre la mère et l'enfant ou par la mise en place de thérapies allant dans ce sens.
Dans la recherche de l'étiologie possible d'une défaillance maternelle, il faut se garder de faire une lecture systématiquement causaliste de ce qui s'observe (une cause en masquant une autre).
C'est l'accumulation ou l'association de plusieurs facteurs, dont tous ne sont pas appréhendables avant la naissance, qui entraîne un risque plus conséquent.

Les facteurs d'effondrement :

Dans le cadre de la difficulté maternelle existent et coexistent deux types de difficulté : des difficultés maternelles dites primaires (c'est-à-dire liées à la structure psychique de la maternité et ses différents stades ou étapes - Maternogenèse ou Maternalité -), et des difficultés maternelles dites secondaire (liées aux évènements extérieurs qui poussent la mère à abandonner, à désinvestir sa maternité).
Les facteurs qui n'entrent pas en ligne de compte (toutes études confondues) : les facteurs économiques et sociaux, sauf s'ils engendrent un stress permanent ou une atteinte à l'identité pour la maman, l'âge et le nombre d'enfants.

Les facteurs couramment évoqués ou pouvant prêter à questionnement :

- Rôle des hormones : Facteur incontournable dans l'évocation des causes probables, tant est profondément ancrée la certitude que la maternité a une base purement biologique et que la femme dispose d'un fond naturel pour devenir mère.
Même si la relation est complexe entre affects et biologie et que la grossesse et l'accouchement sont l'occasion de modifications hormonales conséquentes, on reste encore à l'heure actuelle de nos connaissances, au stade des hypothèses à ce sujet. Seule une association (mais sans en préciser la nature) entre dépression du post partum et dérèglement thyroïdien a été retrouvée (mais dans seulement 3% des cas d'hypothyroïdie), Jacques Dayan : "Psychopathologie de la périnatalité".
Il est cependant possible qu'un interventionnisme médical trop poussé favorise l'arrêt d'une hormone naturellement secrétée pendant l'accouchement (l'ocytocine), et de ce fait crée des conditions d'accueil du nouveau-né bien plus difficiles.**

* Michel Odent (« L'amour scientifié »).


Facteur gynécologique : Pas de corrélation entre antécédents de règles douloureuses et dépression du post partum.

L'absence de préparation à l'accouchement et de soutien pendant la grossesse et dans le post partum : peuvent altérer l'estime de soi. La mère doit désormais s'appuyer sur le nouveau né pour se sentir mère et beaucoup moins sur le groupe social.

Conscience aiguë de ses responsabilités : sentiment de ne plus jamais être seule ni autonome, sentiment écrasant de responsabilités, accentué par l'apparente fragilité et dépendance de l'enfant et par l'idéalisation dans nos sociétés et culture de la fonction maternelle.

Échographie et effets iatrogènes dans le vécu de la grossesse : Certes au niveau sécurité ou préparation psychologique à la venue et réalité de son enfant, l'échographie peut apparaître comme une avancée notable.
Cependant l'échogriffe (Pascale Rosenfelter) ou L'Interruption Volontaire de Fantasmes (Michel Soulé) n'est pas anodine : Elle déplace les angoisses en les reportant dés la période de grossesse (crainte de découvrir une malformation ou un retard de croissance), et les paroles prononcées lors d'une consultation échographique peuvent venir fixer des craintes jusque là imaginaires. Pour Claude Émile Tourné (gynécologue), l'usage de l'échographie nécessite de multiples précautions verbales et ne doit pas être l'occasion pour le soignant de manifester ses angoisses : les risques d'anomalie foetale qu'il peut évoquer au cours d'un examen risquent de mettre entre parenthèses la gestation psychique de l'enfant, gestation qui pourra ne reprendre que partiellement ou difficilement, une fois le risque écarté. « On pourrait parler du pas suspendu de la cigogne » Francine Dauphin. Alors que la grossesse échappait jusque là à la relation d'objet, l'échographie introduit cette notion. Quelle que soit sa précision technique, en donnant à voir un enfant en développement, l'échographie risque de se substituer à l'imagination et aux fantasmes maternels, de les contredire ou démentir ... On peut donc s'interroger sur le bien-fondé de l'imagerie 3D, dans le domaine de l'interruption de fantasmes !

La panacée de la péridurale : si les risques physiologiques ne sont ni inexistants ni anodins (la barrière foetale est une illusion à ce niveau), on peut également se demander ce qu'il en est sur un plan psychique : dans le récit des mères qui sont en difficulté relationnelle avec leur enfant, beaucoup se plaignent de n'avoir rien ressenti sur un plan physique lors de l'accouchement, elles se sont senties comme flouées de sensations physiques qui leur auraient été nécessaires pour se sentir mère.
Pour Monique Bydlowski, la douleur physique peut être un moyen de faire savoir à la mère "de l'intérieur" que l'enfant ce n'est pas elle, de reconnaître son altérité en ayant senti son passage dans le corps. Sans douleur, sans éprouvé physique l'accouchement risque d'être marqué d'une certaine irréalité et étrangeté. Francine Dauphin (sage femme) pose la question d'une forme d'utilité de la douleur physique de l'accouchement : avec le silence des corps, ce sont tous les affects qui sont aussi mis au silence, tus et ensevelis. Traiter systématiquement la douleur par l'anesthésie* reviendrait donc selon elle à se tromper de cible, puisque plus personne ne peut entendre la psyché s'exprimer : la souffrance du passage de l'état de femme à l'état de mère a été ainsi muselée. Comme pour la césarienne, ces enfants qui ont été fortement voulus et/ou désirés, se font « par la tête alors que l'accouchement se fait et se vit dans le corporel. Le sentiment de maternité se fait et se vit lui aussi dans le vécu et le ressenti de l'accouchement. Dans le « je ne me sens pas mère » on peut y entendre comme la déflagration du « je n'ai rien ressenti à mon accouchement ».

* Là encore, si la femme était à chaque fois accompagnée et non livrée à elle-même, où seule avec son compagnon, tout aussi démuni et vulnérabilisé par la situation qu'elle, pendant la dilatation, elle pourrait gérer autrement sa douleur, de manière plus active et intuitive sans doute, sans être couchée sur le dos, position douloureuse s'il en est.


Relation avec le sexe de l'enfant : uniquement de manière individuelle. Pour certaines, il sera plus difficile de s'imaginer ou de devenir mère d'une fille ou d'un garçon. Le positionnement pourra être malaisé, selon la place ou la valeur qui leur aura été attribuée autrefois en tant que fille ou soeur...
« Chez certaines femmes elles-mêmes, les identités maternelle et féminine ne sont pas superposables, il leur faut alors l'expérience de donner la vie à une fille pour se sentir femmes. Dans le constat déçu du sexe de l'enfant peut s'exprimer la différence entre identité féminine et identité maternelle.... » Monique Bydlowski

Incidence du déroulement de l'accouchement : Si l'accouchement s'est révélé difficile techniquement ou humainement, si la femme s'est sentie mal jugée ou peu respectée par l'équipe soignante, la rencontre avec son bébé peut ne pas avoir eu lieu ou se trouver parasitée. Il peut y avoir un décalage entre le compte rendu médical et le vécu de l'accouchement de la mère, qui aura eu le sentiment d'être dépossédée de tout ressenti corporel et de son libre arbitre...
Un accouchement « raté » ou « décevant » peut dés les premières minutes comme se « rattraper» par le premier regard échangé avec le bébé, si l'équipe médicale évidemment donne cette possibilité à la maman avant d'emmener le bébé pour lui donner les premiers soins ou avant de le mettre directement en peau à peau.

L'allaitement maternel ou artificiel : le choix de l'allaitement étant souvent sans relation de cause à effet en lui-même, on peut y puiser autant de courage et de valorisation que de découragement et de défaillance. En revanche, toute forme d'allaitement qui n'aura pas été soutenue ou qui aura été jugée ou dépréciée pourra avoir des conséquences sur la relation mère enfant, de même que la perspective du sevrage et de la reprise de travail (deux mois après l'accouchement pour un premier enfant) pourra précipiter un effondrement.

Antécédents de fausse-couche ou deuils* périnatals : deux situations pathogènes, la fausse-couche est souvent banalisée en raison de sa fréquence et de son caractère souvent eugénique. Il y a alors un sentiment de culpabilité par rapport à l'enfant non né (d'où l'importance d'aider là aussi la femme à faire le deuil) ; en cas de deuil périnatal, l'inconscient ne peut se résoudre à devoir choisir entre l'enfant décédé et celui à venir ou à naître.

* Notion de deuil (Catherine Garnier Petit) : processus mental qui consiste à accepter progressivement la perte définitive d'une personne, d'un objet, d'un état ou d'une situation. Processus qui nécessite du temps et de l'énergie qui supprime non pas le souvenir mais la souffrance qui y est attachée.


L'attente d'un enfant avive la mémoire de l'origine et amène des questionnement multiples : De quel désir suis-je né ? Puis-je être mère après avoir été portée par cette mère là ? Donnerai-je une place au père de mon enfant alors que mon père ne m'en a pas donnée ... »
On retrouve et revit à travers la présence charnelle de l'enfant les alternances de présences et d'absences maternelles qui ont été les nôtres bébé.
La maternité est l'occasion de réveil d'expériences douloureuses d'abandons chez la mère, d'autant plus difficiles à vivre qu'ils ne se présentent que rarement de façon consciente, mais plutôt sous forme d'angoisses, d'anxiété et parfois de rêves confus.

Facteurs parentaux, familiaux et conjugaux :
En mettant au monde un enfant, la mère revit les moments conflictuels de sa petite enfance, et notamment ses propres difficultés d'attachement à ses parents : attachement profond ou complexe, mais toujours inconscient. Donner naissance à un enfant, lui donner vie et s'y attacher peut être alors ressenti aussi comme une possible trahison vis-à-vis de ses parents, comme une façon de les rapprocher de la mort. L'engagement que requiert un enfant ne peut coexister avec ce genre d'attachement au parent ou au prix de grands déchirements, d'un véritable écartèlement de soi et de sentiments profonds de culpabilité.

Paramètre maternel (relation avec sa mère, notamment pendant la toute petite enfance) : peut handicaper le processus psychique du devenir mère : Si ce paramètre est ou a été pesant, sombre, fusionnel, ou confusionnel. Sentiment alors qu'on ne sera jamais à la hauteur de sa propre mère... Souffrances à cause d'un défaut ou d'un manque d'identification à une image maternelle positive.*

* Les femmes amatrides de François Perrier, femmes ayant été privées de références maternelles suffisamment bonnes.


Paramètre paternel (relation avec le père enfant, notamment pendant la toute petite enfance) : Si le père a été absent, omniprésent, omnipotent, s'il a sollicité trop tôt et de manière exclusive les compétences maternelles de sa fille, tout en déniant les lui reconnaître (stade de la confirmation par le père dans la Maternogenèse).

Paramètre familial : La confusion des places dans une famille est source de malaises et de dysfonctionnements (l'incestuel de Racamier). Lorsque les barrières entres les différentes générations ne sont pas clairement mises en place, lorsque le banal et le sexuel ne sont pas différenciés, là « où souffle le vent de l'inceste sans inceste... ».

Clauses du "contrat de naissance" de la mère (à sa propre naissance) ou de celle de l'enfant à venir : c'est-à-dire le ou les projets inconscients dont l'enfant ou la mère elle-même est/était porteur/porteuse d'avance à l'insu de tous, lorsqu'il ou elle est/était investi(e) lui aussi comme étant "réparateur" de ses propres parents, ce qui n'est ni sa place, ni son rôle.
Ce contrat de naissance pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'accès à sa maternité pour la mère ou future mère dans le cas d'une prise de décision d'accoucher sous X.

Problèmes de couple : l'arrivée de l'enfant est un bouleversement qui peut mettre à jour tous les dysfonctionnement conjugaux ; autorité étouffante mais sous jacente du mari qui se révèle lors de la naissance de l'enfant, concurrence de maternité (dévalorisation systématique de la mère et de ses actions). Ici, la revendication maternelle du père peut être d'autant plus forte que la grossesse et l'accouchement l'auront confronté à l'impossible de son anatomie, à ce à quoi il aurait du renoncer étant enfant déjà. C'est ainsi que l'on voit des pères "voler" la maternité de leur compagne, sans le savoir. Il existe aussi un effondrement du père, lui aussi en difficulté de par son histoire personnelle, et il lui sera alors impossible d'être contenant et/ou bienveillant vis-à-vis de la mère de son enfant.

Elsa Grangier, chroniqueuse aux Maternelles sur France 5, marraine de Maman Blues

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