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Bibliothèque: Questions pour les mères
 
Titre:      Questions pour les mères
Catégorie:      Autour de la grossesse-naissance
LivreID:      612
Auteurs:      Alain Debourg, Micheline Blazy, Nathalie Boige, Marie-Odile Duval, Collectif, Alain Debourg, Micheline Blazy, Nathalie Boige, Marie-Odile Duval, Collectif, Yvonne Knibiehler, Yvonne Knibiehler
ISBN-10(13):      2749241383
Editeur:      Erès
Date de publication:      2014-06-05
Number of pages:      324
Langue:      Non spécifié
Prix:      15.00 EUR
Evaluation:      0 
Image:      cover
Description:     

Extrait de l'introduction de Yvonne Knibiehler

Pourquoi ce livre ? Déclarons-le d'emblée : notre objectif est ambitieux. Nous voudrions inviter nos lectrices, nos lecteurs à repenser ce qu'on appelle la maternité. Le discours traditionnel, pétri de moralisme et de glorification, n'a plus guère d'audience, même s'il ressuscite chaque année, rengaine obligée, à l'occasion de la fête des mères. Nous croyons nécessaire d'en inventer un autre, et nous souhaitons que les femmes prennent l'initiative. Pourquoi ?
Nous sommes mères et grands-mères : nous avons une expérience vécue de ce qu'on appelle la maternité, dans des générations différentes, et nous pratiquons auprès de nos filles une sorte d'«observation participante», pour parler comme les ethnologues. Nous en avons aussi une expérience professionnelle : nos divers métiers nous conduisent souvent à côtoyer des femmes devenant, ou devenues, mères. En outre, formées par des disciplines différentes, notre travail commun bénéficie des éclairages convergents de plusieurs sciences humaines. Or nous partageons un double constat. Primo, la place de la maternité dans le vécu et les représentations des femmes a beaucoup changé, à la fin du XXe siècle, et pose des problèmes inédits. Secundo, la maternité est inconciliable avec les valeurs actuelles, axées sur la production de richesses immédiatement consommables, sur la compétition, sur la rentabilité.
Après les victoires des années 1960-1970, tout paraissait pourtant bien clair : maîtresses de leur fécondité, les filles d'Ève seraient libres d'enfanter ou non et de choisir le moment ; l'enfant désiré serait mieux aimé, mieux élevé ; l'expérience maternelle, naguère trop souvent subie, et aliénante, aurait pour seule fin l'épanouissement narcissique du moi féminin ; en même temps, le sujet femme pourrait exister de manière autonome et assurer son développement personnel. Au seuil du troisième millénaire, l'horizon s'est brouillé, et nous entendons des propos tout différents : nos filles, nos petites-filles, pour la plupart, semblent chercher dans l'être mère des racines authentiques, des marques de leur identité propre. Ce n'est pas un retour en arrière - elles sont toujours aussi attachées à leur indépendance et à l'égalité entre femmes et hommes. C'est plutôt, nous semble-t-il, une nouvelle étape du féminisme, en quête de fondements plus solides, le maternel équilibrant le féminin. En même temps, elles sont assaillies de doutes : est-ce bien de vouloir un enfant ? Serai-je capable de l'élever ? Mon partenaire sera-t-il un bon père ? Pourrai-je garder mon emploi ? Elles ont aussi quelque peine à se faire respecter en tant que mères, notamment dans le monde du travail. Les valeurs dominantes de productivité, de rentabilité, de compétitivité relèguent au second plan le temps maternel, comme si c'était du temps perdu, ou une activité de loisir.

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