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Le vingtième siècle a vu une accélération des acquisitions scientifiques et techniques dans tous les domaines, y compris celui de la naissance. Mettre au monde un enfant est de moins en moins considéré comme un processus physiologique mais plutôt comme une pathologie à encadrer médicalement, raison pour laquelle la technologie devient omniprésente autour de la grossesse et de l’accouchement. Au nom d’arguments sécuritaires, des procédures de surveillance obstétricales qui se veulent rassurantes sont mises en place.

Sage-femme depuis bientôt trente ans, j’ai essentiellement orienté ma pratique professionnelle autour de la dimension clinique et relationnelle, accordant une place privilégiée, à l’accompagnement des patientes au cours des différentes étapes liées à la naissance.

Mon expérience en Amérique du Sud m’a permis de remettre en question certaines pratiques et l’utilisation systématique de certaines technologies, considérées en France comme universelles ou indispensables, notamment en salle de naissances.
Indépendamment des raisons religieuses, culturelles et d’organisation sociétale qui expliquent, sans doute en partie, les écarts qui existent dans la façon de devenir mère, ma réflexion s’est aussi attardée sur l’éventuelle importance des pratiques obstétricales, si disparates d’un pays à l’autre.

En Argentine, les salles d’accouchements ne bénéficient d’aucun apport technologique, tandis qu’en France la médicalisation de l’accouchement eutocique se généralise et redéfinit la maternité.
Le terme médicalisation décrit une transformation culturelle qui « consiste à conférer une nature médicale à des représentations et à des pratiques qui n’étaient 6 jusqu’alors pas socialement appréhendées en ces termes » (Fassin, 1998, p.5, cité par Jacques, 2003).
L’analgésie péridurale est le fait essentiel de cette médicalisation. Elle permet une bonne maîtrise de la douleur, mais ne fait, en aucun cas, disparaître les angoisses et les peurs que ressentent les femmes et qu’elles ne peuvent plus exprimer au travers de leur corps insensibilisé. On oublie souvent de dire que l’évolution des techniques ne permet pas de tout contrôler et qu’elle n’apporte pas obligatoirement une garantie de qualité en ce qui concerne les relations humaines.


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