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Par Anne-Laure Fournier le Ray (Editions Bayard)


Tes mains:
Petit poing farouchement dressé,
D'une caresse je tente de l'apprivoiser

Tes doigts s'ouvrent et se déploient
Comme les plumes légères d'un paon,
Dévoilant lentement leur beauté
Presqu' à regret

Je niche un doigt
Au creux de ta paume
Et ton poing se referme sur lui
Avec une vigueur étonnante
Et moi géant vaincu
Je ne bouge plus...

Tu dors

Quand, penché au-dessus de toi,
Nous te regardons dormir,
Nous retenons notre souffle
Pour entendre le tien

Tes paupières gardent leur secret
Comme deux paravents japonais
Ta bouche entrouverte
Est émouvante d'abandon

Et tous ces petits tressaillements
Brusques et fugaces
Qui trahissent la vie bouillonnante,
Là, sous ton front lisse
Tu reposes dans nos bras,
Sans retenue,
La tête lourde.
Plus jamais dans ta vie
Tu ne connaîtras
Cet abandon
La confiance absolue
Que tu donnes a celui
Qui te porte
Rend ton petit corps
Léger et lourd à la fois

Comme nous t'avons guetté,
Petit furet
Moi qui t'ai porté dans mon ventre,
J'ai senti ta première roulade,
Bouleversante
Et je n'ai plus cessé
De t'écouter danser

Et moi qui t'ai porté dans mes yeux,
J'ai vu les courbes tendres
Que tu as dessinées sur le corps
De ta mère
Et je n'ai plus cessé de chercher
À te deviner...