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Je me souviens...
Je me souviens de ne plus vouloir accoucher de peur de faire du mal à ma fille et ne pas savoir la protéger en dehors de mon ventre, les jours précédant sa naissance.
Je me souviens de la joie, des larmes puis des crevasses et de la douleur.
Je me souviens du jour de la chute d’hormones et de ceux qui ont suivi, avec ce mal-être qui s’installait et grandissait.

 

Je me souviens du manque de sommeil, réelle torture humaine.
Je me souviens des attaques de panique et de l’incompréhension.
Je me souviens de la honte et de la culpabilité.
Je me souviens de la pression ressentie sur le fait de vite se relever, pimpante, et le sourire aux lèvres à nager dans le bonheur — oui il ne faudrait pas prendre goût au fait d’uniquement s’occuper de son bébé et soi les premières semaines tout en respectant son corps et son esprit en étant au lit.
Je me souviens des réflexions blessantes et destructrices.
Je me souviens d’avoir craqué et donné la sucette à contrecœur, en larmes.
Je me souviens du REF, du RED, de l’aversion, des vasospasmes, des mastites, des douleurs et de la peur de ne plus arriver à allaiter ma fille à force.
Je me souviens de ses cris de souffrances physiques et émotionnelles.
Je me souviens du soulagement lors du bon traitement chiropractique et de la culpabilité, encore, car il est arrivé « trop tard ».
Je me souviens que notre relation mère/fille a commencé à fleurir après la première libération de ses souffrances physiques.
Je me souviens de la professionnelle qui nous a aidés à enlever la sucette en nous expliquant pourquoi la succion était mauvaise en dehors de ses freins créant des douleurs constantes pour moi, et de la victoire qui a suivie pour ses 10 mois, après la culpabilité.
Je me souviens de la construction de notre complicité et du bonheur ressenti.
Je me souviens du poids qui s’est envolé lors de son premier anniversaire avec la pensée que j’ai eue : j’y suis arrivée, elle est en vie et heureuse.
Je me souviens du soulagement bis le jour où notre liste d’évictions alimentaires a été certes énorme, mais enfin la bonne. Et de la culpabilité, encore, car « trop tard ».
Je me souviens de la période automnale avec mon anniversaire en octobre où j’étais replongée dans mon mal-être de l’année d’avant avec la trouille d’y replonger.
Puis je me souviens de ma prise de conscience : je suis maman et épouse mais avant tout Ségolène. Aussi, je fais de mon mieux chaque jour depuis sa naissance alors stop. Respire. Prends un peu de temps pour toi. Et continue comme tu le fais, car tu t’en sors super bien finalement.
Je me souviens de la trouille de ne plus avoir de lait après la perte de 22 kilos en 16 mois.
Je me souviens des fêtes de fin d’année et de cette belle effervescence de décembre que j’ai vécue comme une première fois avec ma fille.
Je me souviens de mon courage d’enfin aller voir un médecin pour savoir si derrière la perte de mes kilos il y a autre chose que le manque de sommeil, le stress constant, les évictions alimentaires et les frustrations liées et l’énergie que demande le maternage proximal.
Je me souviens de ma joie quand j’ai enfin pris un kilo début janvier.

Aujourd’hui, j’ai la grippe et faisant partie de ceux qui croient qu’on devient malade quand notre âme a besoin qu’on prenne soin d’elle, je me libère.
Aujourd’hui, nous sommes en plein protocole « naet total reset » pour ses allergies — et les miennes — avec une kinésiologue et les premiers résultats sont stupéfiants. Vivement qu’elle arrête de souffrir, et nous aussi. Aujourd’hui, j’ai envie de finir ma formation de naturopathie avant la fin de l’année. Ça me laisse du temps, sans pression, et je vais y arriver.
Aujourd’hui, je suis heureuse et quand je regarde ma fille, je n’ai plus cette douleur au creux de moi. Aujourd’hui, je m’autorise enfin à ressentir entièrement l’amour que j’ai pour elle même s’il me fait encore peur. Comme celui que je ressens pour son père d’ailleurs.
Surtout, aujourd’hui j’ai réalisé que cet amour, quand il m’envahit, jaillit et l’entoure, est encore plus fort et protecteur qu’une simple barrière physique — mon ventre.
Aujourd’hui je suis une maman comblée et je réalise que je reviens de loin.
Ma fille est une guerrière, tout comme sa mère !
Et aujourd’hui j’ai envie de partager tout ça, car la difficulté maternelle est encore taboue et ne devrait pas l’être d’autant plus qu’elle est loin d’être rare.
Aussi, je remercie les personnes, parents ou non, qui, avec leurs bons et beaux gestes et mots, m’ont aidée jusqu’ici. Merci bien sûr tout particulier à mon mari qui a été un soutien, un pilier, que dis-je, un surhomme. Sans vous, ça aurait été encore plus difficile. Mais je le sais, je ne dois cette victoire qu’à moi-même.
À ma fille que j’aime

Ségolène