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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar hirondelle » 13 Avr 2018, 20:10

ritalea a écrit:Car j'ai le sentiment de me construire "sur le dos" de ma fille. A ses dépends à elle. Pendant que je répare la petite fille en moi, je la vois pas elle

Malheureusement ou peut être heureusement je ne sais pas, nous nous reconstruisons toutes à cause ou grâce à notre DM, donc à notre enfant. Sans maternité, nous aurions sans doute pu poursuivre dans ce qu'on pensait être de la résilience.
La maternité nous oblige à faire ce retour en arrière.
La différence avec ta mère, c'est que toi tu as conscience des dégâts et tu ne vas pas reproduire ce schéma.... C'est difficile, voir impossible à tes yeux aujourd'hui.... c'est un travail de titan mais on en sort grandi un jour.... Combien de temps? Difficile à dire.... Une acceptation, un lâcher prise bien difficile, qui peut prendre un temps plus ou moins long selon la personne.

Je pense que malgré tout, rien n'est perdu, bien au contraire.... On en sort grandie... et pour mon cas et celui de beaucoup d'autres, la complicité qui s'instaure avec notre enfant est certaine et une grande victoire.... sans aucun doute, beaucoup plus de sensibilité entre nous... quelque chose que je n'ai pas avec mon ainé, avec qui je n'ai pas vécu cette difficulté.

C'est difficile, mais ne perd pas de vue le chemin parcouru.... Ta psy te fait bien avancer,c'est précieux :coeur: :super:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 16 Avr 2018, 18:21

ritalea a écrit: J'ai bien avancé depuis ma séance chez la psy d'il y a trois semaines. Parce qu'elle a posé un mot sur ce qui me semble être le cœur, ou du moins une partie du cœur de ma problématique: le clivage.
Je me suis construite ainsi: une partie de moi visible pour tous (les amies, l'extérieur, l'école, ma famille) où je suis (sincèrement) joyeuse, équilibrée, responsable, forte. Et une partie intime, mon moi le plus authentique, le plus profond, mon moi "petite fille" que je protégeais de ma mère, qui était en danger si je l'exposais à ma mère. Que seul mon mari connait parfaitement. Ma soeur un petit peu et mon père aussi.


J'aurai pu écrire sensiblement la même chose, à la différence que personne, même pas moi-même n'avait connaissance de mon moi le plus profond, celle que j'ose être aujourd'hui, celle qui ne colle à aucune étiquette. Comme toi c'est cette partie que mon fils venait toucher. Cette âme sensible, ma douceur, mon empathie, cette petite fille aimante.

Tu as fait de grands pas en thérapie. Quelle prise de conscience! Bravo!

ritalea a écrit:Est-ce que ton cheminement à abimé ta relation à ton fils? est-ce que cela a eu un impact négatif sur lui? son développement? votre relation?


Comment savoir? Comment savoir si mon fils garde en lui des sentiments, des émotions, des troubles liés à ma DM? Est ce que je le saurai un jour? Ce que je peux t'assurer c'est que d'un point de vue développemental, il n'y a rien à déclarer :) . A aucun moment, nous avons fait des liens entre certains aspects de son développement et ma DM. Il va bien. Grandit bien.

Je pense tout de même avoir induit chez lui d'un point de vue comportemental, des attitudes, peut-être de la nervosité à des moments donnés, du stress aussi, etc. mais est ce que tout parent n'induit pas ce genre de sentiment chez son enfant à un moment ou un autre?
C'est vrai, je me suis beaucoup projetée en lui petit et je ne pouvais pas l'imaginer comme un enfant calme, apaisé, serein, attentif. Tout le contraire de ce que je pouvais être enfant, ou du moins ce que je m'imaginais être enfant car à priori j'étais bien loin de la vérité.

On m'a souvent dit qu'il était nerveux, agité, colérique...à cause de ma DM? Je ne sais pas.
On m'a souvent dit qu'il était curieux, rieur, joueur, coquin et filou...à cause de ma DM? Je ne sais pas non plus.

Ce dont je suis certaine aujourd'hui, c'est du rôle crucial qu'à joué son père. Ce rôle de tiers, ce regard porté différemment sur ce petit ange, qui n'était ni sa mère, ni son père.

Aujourd'hui, mon fils (7 ans le mois prochain) est un petit bonhomme dynamique, sociable, curieux, stressé parfois, peureux parfois aussi, câlin, sensible, locace (très locace). Un enfant comme beaucoup d'autres non ?
Sacha n'a pas grandit qu'à travers sa mère. Il y a l'école, le rôle crucial des pairs, des professeurs, des nounous, des papys, des mamies, des tontons et des taties ;) . Dis toi que tu n'es pas TOUT pour ta fille. Tu es un repère, l'un des plus essentiels à ses yeux avec son père mais elle ne se construit pas qu'en fonction de toi comme cela a pu se faire pour toi et ta mère.

Ta fille aura ses casseroles comme chacun de nous. C'est aussi pour cela que nos enfants quittent un jour leur maison, pour faire mieux que leurs parents (ces vieux croutons ::d )

Courage et ne culpabilises pas! Quelle belle progression :amen:

:coeur: :coeur:
Enfin libre d'être mère.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 24 Avr 2018, 10:35

Merci Hirondelle pour tes mots :coeur:

Merci Santonella :coeur: Tu as raison c'est si dur voire impossible d'évaluer les répercussions de notre DM sur notre enfant. Mais DM ou pas, je pense qu'on a forcément un impact sur notre enfant comme tu l'écris si bien.

Santonella a écrit:C'est vrai, je me suis beaucoup projetée en lui petit et je ne pouvais pas l'imaginer comme un enfant calme, apaisé, serein, attentif. Tout le contraire de ce que je pouvais être enfant, ou du moins ce que je m'imaginais être enfant car à priori j'étais bien loin de la vérité.


Remarquais-tu que plus tu projetais cela sur lui plus il l'était dans son comportement?
A l'inverse, quand ton regard porté sur lui changeait et que tu parvenais à le voir lui et non toi en lui, ces attitudes ne te semblaient plus les mêmes?

Parce que voilà, en ce moment, et ça existe depuis le début de ma DM mais je suis focus là dessus en ce moment, ma fille c'est simple c'est moi. C'est horrible à ressentir. Elle est moi. Elle ressent comme moi, elle vit les choses comme moi, vis a vis de moi, comme je les ai vécu avec ma mère. Pourquoi c'est si fort?
Vraiment dans sa manière d'agir, de se comporter, je me retrouve vraiment, je me vois :nono:

Elle me fait complètement revivre et replonger dans moi petite fille, mes sensations, mes émotions, mon hypervigilance à ma mère. Et du coup j'ai une réaction de rejet vis à vis de ma fille parce que je rejette ce qu'elle me fait revivre. Je ne veux plus être en contact avec tout ça, je l'ai vécu, ça m'a fait souffrir je peux pas l'affronter à nouveau, le revivre.

Et me dire intellectuellement parlant "ça va être différent là tu es la mère, elle n'est pas toi", ne marche pas. C'est émotionnel. La réaction qu'elle provoque en moi. Elle vient toucher la petite fille que j'ai été, que je suis, et c'est comme si de nouveau on me demandait les m^mes choses que lorsque j'étais avec ma mère. Les mêmes responsabilités, les mêmes devoirs à accomplir, la même attitude à tenir. De nouveau. Et je peux plus.

C'est comme si ce n'était pas mon enfant mais qq chose qui vient mettre en danger cette petite fille, la petite fille que je suis. Cette petite fille le vit ainsi. Tu m'as écrit un jour "ta fille doit aussi rentrer dans ton cœur de petite fille". Que l'on se côtoie côte à côte, qu'elle ne représente plus un danger pour moi...

Je te parlais aussi de mon fonctionnement assez clivé entre mon moi authentique et mon moi "extérieur" disons le ainsi. Avec ma fille c'est ça (comme ma mère l'a été): il y a le moi mère où je suis relativement dévouée, bienveillante, à l'écoute, disponible, centrée sur les besoins de l'enfant. Et mon moi authentique n'a aucune existence dans ce moment là. Non pas que je me force a être mère mais plutôt que mes besoins ne sont pas écoutés. Centrer sur les besoins de ma fille je sais le faire a 200%: je l'ai fait avec ma mère toute ma vie, je n'étais jamais centrée sur moi. Et ma mère l'a toujours fait avec nous. Je n'ai jamais pu expérimenter la sensation d'avoir le noyau a l'intérieur de soi tout en étant en relation avec ma mère. Parce que ma mère n'avait pas non plus son noyau à l'intérieur d'elle.

Et en ce moment, je me sens très en colère. Je suis énervée contre ma fille :gene2: Elle n'a rien fait de spécial elle, mais c'est un sentiment que j'ai depuis qq jours. Parce que je n'en peux plus de me pas pouvoir faire co-exister ces deux facettes. Et si j'exprime mon moi authentique, celui là n'est pas mère :nono:

Je ne sais pas si je suis très claire, ça peut paraitre un peu shizo tout ça.

Avec le recul, je sais que ce clivage ma mère l'a fait a 2000%. Beaucoup plus que moi encore parce qu'elle elle ne s'est jamais accordé de temps pour son "moi authentique". Et je sais aussi que le clivage est un mécanisme de défense face à un traumatisme. Je peux imaginer que vu ce que ma mère a vécu, ce fut sa seule solution pour rester vivante, pour tenir. Sauf que ça ne s'est jamais "déclivé", même une fois partie de chez elle, même en devant mère, même en se mariant, même en thérapie. Je dirais que ça a lieu maintenant. Maintenant que sa mère, et ma grand mère maternelle est décédée fin janvier.

Et j'ai compris que finalement je n'ai jamais eu accès son vrai elle, son elle authentique. Donc j'ai attendu. Parce que je le devinais derrière tout ça. Et j'en avais besoin. Parce que tant qu'elle n'était pas elle, je ne pouvais pas commencer à vivre. A lâcher.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar anouk12 » 24 Avr 2018, 14:34

ritalea a écrit:Parce que voilà, en ce moment, et ça existe depuis le début de ma DM mais je suis focus là dessus en ce moment, ma fille c'est simple c'est moi. C'est horrible à ressentir. Elle est moi. Elle ressent comme moi, elle vit les choses comme moi, vis a vis de moi, comme je les ai vécu avec ma mère. Pourquoi c'est si fort?
Vraiment dans sa manière d'agir, de se comporter, je me retrouve vraiment, je me vois :nono:



Peut-être que ce n'est pas sa réalité. Peut-être que tu vois les choses comme ça car tu transfères. J'ai eu des phases comme ça où j'attribuais des attitudes/réactions à mon fils qui correspondait à ce que moi enfant j'aurais ressenti. Je me suis rendue compte il n'y a pas si longtemps que des fois c'est vrai, que des fois c'est vraiment seulement parce que inconsciemment je l'ai poussé à réagir comme ça et des fois totalement faux c'est juste mon cerveau qui me dit que mon enfant ressent comme moi.

Je sais pas si je suis très claire :pascontent:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar anouk12 » 24 Avr 2018, 14:42

ritalea a écrit:Je te parlais aussi de mon fonctionnement assez clivé entre mon moi authentique et mon moi "extérieur" disons le ainsi. Avec ma fille c'est ça (comme ma mère l'a été): il y a le moi mère où je suis relativement dévouée, bienveillante, à l'écoute, disponible, centrée sur les besoins de l'enfant. Et mon moi authentique n'a aucune existence dans ce moment là. Non pas que je me force a être mère mais plutôt que mes besoins ne sont pas écoutés. Centrer sur les besoins de ma fille je sais le faire a 200%: je l'ai fait avec ma mère toute ma vie, je n'étais jamais centrée sur moi. Et ma mère l'a toujours fait avec nous. Je n'ai jamais pu expérimenter la sensation d'avoir le noyau a l'intérieur de soi tout en étant en relation avec ma mère. Parce que ma mère n'avait pas non plus son noyau à l'intérieur d'elle.

Et en ce moment, je me sens très en colère. Je suis énervée contre ma fille :gene2: Elle n'a rien fait de spécial elle, mais c'est un sentiment que j'ai depuis qq jours. Parce que je n'en peux plus de me pas pouvoir faire co-exister ces deux facettes. Et si j'exprime mon moi authentique, celui là n'est pas mère :nono:

Je ne sais pas si je suis très claire, ça peut paraitre un peu shizo tout ça.

Avec le recul, je sais que ce clivage ma mère l'a fait a 2000%. Beaucoup plus que moi encore parce qu'elle elle ne s'est jamais accordé de temps pour son "moi authentique". Et je sais aussi que le clivage est un mécanisme de défense face à un traumatisme. Je peux imaginer que vu ce que ma mère a vécu, ce fut sa seule solution pour rester vivante, pour tenir. Sauf que ça ne s'est jamais "déclivé", même une fois partie de chez elle, même en devant mère, même en se mariant, même en thérapie. Je dirais que ça a lieu maintenant. Maintenant que sa mère, et ma grand mère maternelle est décédée fin janvier.

Et j'ai compris que finalement je n'ai jamais eu accès son vrai elle, son elle authentique. Donc j'ai attendu. Parce que je le devinais derrière tout ça. Et j'en avais besoin. Parce que tant qu'elle n'était pas elle, je ne pouvais pas commencer à vivre. A lâcher.


Une question toute bête qui me vient comme ça. Et si ce que tu appelles ton authentique ne l'est pas? Peut-être ai-je mal compris. Mais on dirait que ce que tu appelles ton moi authentique est "ton enfant blessé"? Bien sûr il fait partie de toi, il faut l'écouter, le soigner, etc... mais ce n'est pas lui et toutes les protections qu'il s'est construit qui constitue qui tu es au fond. Le but à terme est justement réussir de se détacher de ses blessures.
Pour moi, ton "moi" est plutôt la mère bienveillante que tu arrives à être malgré tes difficultés, malgré le fait que tu te sens pas mère mais tu as des difficultés à l'être tout le temps du fait que tu revis à travers ta maternité des blessures non cicatrisées (et dont tu n'avais pas consciences).
Là encore je sais pas si je suis claire mais en te lisant c'est l'impression que j'ai eu.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 02 Mai 2018, 14:00

ritalea a écrit:Remarquais-tu que plus tu projetais cela sur lui plus il l'était dans son comportement?
A l'inverse, quand ton regard porté sur lui changeait et que tu parvenais à le voir lui et non toi en lui, ces attitudes ne te semblaient plus les mêmes?


Je reformulerai les choses plutôt comme ça : plus je me projetais en lui et plus je voyais, c'est vrai, des aspects de son comportement ressemblant à 100% au mien petite fille et je ne voyais que ca. MAIS ce que je sais aujourd'hui c'est que je ne voyais pas le reste, tout ce qui n'était pas moi.
Mon attention se focalisait sur ce qui faisait écho en moi. J'ai beaucoup de vidéos de mon fils depuis sa naissance, je les regarde régulièrement et ce que je voyais de lui à l'instant T je ne le vois plus aujourd'hui. Je le vois LUI. Je crois que la perception de notre enfant est biaisée par notre psychisme. C'est valable pour tous les parents, DM ou pas. Aujourd'hui, cette DM, elle m'appartient, elle fait partie de MON histoire avant tout.

Ta fille ne peut pas être une copie de toi enfant. Elle a obligatoirement des attitudes que tu n'avais pas enfant. Arrives-tu à les identifier? Avec l'aide de tes parents, de ton époux? Ne ressemble t-elle pas un peu à son père aussi?

ritalea a écrit:Je te parlais aussi de mon fonctionnement assez clivé entre mon moi authentique et mon moi "extérieur" disons le ainsi. Avec ma fille c'est ça (comme ma mère l'a été): il y a le moi mère où je suis relativement dévouée, bienveillante, à l'écoute, disponible, centrée sur les besoins de l'enfant. Et mon moi authentique n'a aucune existence dans ce moment là.


Et si ce que tu considères comme ton MOI AUTHENTIQUE était finalement ton Moi mère. Personnellement, mon moi authentique c'est celui qui se rapproche le plus de ce que je suis aujourd'hui : une maman et une femme comme toi dévouée, bienveillante, à l'écoute, disponible. C'est comme si tu considèrais comme réel tes émotions de petite fille et comme fausses celle de ton MOI mère. Pourquoi ? L'authenticité ne se place pas plus d'un côté que de l'autre. L'émotion est encore plus présente du côté de ton moi petite fille mais ton coeur de mère aussi sait être touchée par l'émotion. Et ça ce n'est pas authentique?

ritalea a écrit:Parce que je n'en peux plus de me pas pouvoir faire co-exister ces deux facettes.

Il n'y a pas vraiment de co-existence possible, il s'agit bien là d'une mutation, d'une transformation, d'un abandon pour une renaissance.


:coeur: :coeur:
Modifié en dernier par Santonella le 02 Mai 2018, 14:07, modifié 1 fois.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 02 Mai 2018, 14:04

anouk12 a écrit:Et si ce que tu appelles ton authentique ne l'est pas? Peut-être ai-je mal compris. Mais on dirait que ce que tu appelles ton moi authentique est "ton enfant blessé"? Bien sûr il fait partie de toi, il faut l'écouter, le soigner, etc... mais ce n'est pas lui et toutes les protections qu'il s'est construit qui constitue qui tu es au fond. Le but à terme est justement réussir de se détacher de ses blessures.
Pour moi, ton "moi" est plutôt la mère bienveillante que tu arrives à être malgré tes difficultés, malgré le fait que tu te sens pas mère mais tu as des difficultés à l'être tout le temps du fait que tu revis à travers ta maternité des blessures non cicatrisées (et dont tu n'avais pas consciences).


Je n'aurai pas pu dire mieux
Merci Anouk
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 16 Mai 2018, 21:16

Merci Anouk, merci Santonella :coeur:

J'ai lu et relu et re relu vos phrases. Elles me parlent, me touchent en plein cœur. Vos mots sont si justes, qu'il me faut du temps pour les assimiler.

Santonella a écrit:Ta fille ne peut pas être une copie de toi enfant. Elle a obligatoirement des attitudes que tu n'avais pas enfant. Arrives-tu à les identifier? Avec l'aide de tes parents, de ton époux? Ne ressemble t-elle pas un peu à son père aussi?
Non je n'y arrive pas :nono: Ou je ne veux pas les voir,
ou je ne veux pas y croire...
J'ignore pourquoi mais arriver à me dire qu'elle n'est pas moi, qu'elle va bien, que ça va bien, c'est comme me demander, demander à mon moi petite fille de croire et de faire confiance à ma mère. J'ignore pourquoi je ressens ça comme ça mais c'est pourtant bien vrai. C'est complètement confus, ma mère/moi/ma fille. Je fais des amalgames de fou :nono:

Si objectivement je repère un truc qui est différent de moi petite, j'arrive toujours à faire le rapprochement avec moi.
Par exemple: si elle arrive à s'endormir tranquillement ailleurs que chez nous (ce que j'avais du mal à faire petite), je vais me dire qu'elle fait comme moi enfant, elle garde tout pour elle pour me protéger.
Si au contraire, elle fait une crise pour aller se coucher, ça vient complètement toucher mes angoisses que j'avais moi petite, et je me vois en elle.

Et tout est comme ça.

Mon mari voit beaucoup de lui en elle ;) : coquine, malicieuse, hyper active, bien dans sa peau. Elle lui ressemble aussi physiquement.
Ma mère elle, elle me voit moi petite, c'est sur ça n'aide pas ...


Santonella a écrit:Et si ce que tu considères comme ton MOI AUTHENTIQUE était finalement ton Moi mère. Personnellement, mon moi authentique c'est celui qui se rapproche le plus de ce que je suis aujourd'hui


Et Comment ce moi authentique peut-il être mon moi mère? quelque part j'aimerais tellement qu'on me dise que ce que je suis est suffisant. Ce serait comme guérir, rassurée la petite fille en moi. Qui n'a pas su face à sa mère :pleur4:
Je me sens tellement nulle si je suis vraiment moi, tellement pas mère. Tellement immature. Tellement petite fille.

Je lutte contre ce que je suis, contre qui je suis depuis le début. Car ce que je suis ne peut pas être mère. Je tente de me changer, de rentrer de force dans la peau de mère mais cette peau de mère n'est pas celle que je suis. Je ne suis pas ça. Je ne suis pas ma mère. Je n'arrive pas à l'être. Combien de fois j'ai eu envie de dire à ma fille: "moi je ne peux pas faire ça, être ça, moi derrière ce que je te montre je ne suis que ça". Et avec cette envie de tout lâcher. Mais je me sens tellement insuffisante et ça me fait peur aussi.

Finalement je me rends compte en écrivant que ma mère n'a jamais été dans l'authenticité non plus. C'était comme déloyal, impossible, interdit.

Santonella a écrit:C'est comme si tu considèrais comme réel tes émotions de petite fille et comme fausses celle de ton MOI mère. Pourquoi ?
Les émotions de mon moi petite fille c'est tout simplement MOI. Dans ce que je suis, dans la profondeur et l'authenticité de ce que je suis. Je n'ai pas envie de les perdre, je n'ai pas envie de me perdre. C'est ce que je suis... :(

Celles de mon moi mère, j'ai du mal à les trouver, les ressentir, les distinguer, les reconnaitre, les estimer. :(

Je ressens en ce moment très souvent de la colère envers ma fille. Car c'est comme si elle me demandait de perdre tout ce que je suis pour être mère. Je lui en veux de ça :gene2:

Je me sens perdue en ce moment, en lutte contre du vide, dans une lutte vaine contre moi même dont je n'arrive pas à me sortir.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 16 Mai 2018, 21:24

anouk12 a écrit:Une question toute bête qui me vient comme ça. Et si ce que tu appelles ton authentique ne l'est pas? Peut-être ai-je mal compris. Mais on dirait que ce que tu appelles ton moi authentique est "ton enfant blessé"? Bien sûr il fait partie de toi, il faut l'écouter, le soigner, etc... mais ce n'est pas lui et toutes les protections qu'il s'est construit qui constitue qui tu es au fond. Le but à terme est justement réussir de se détacher de ses blessures.
Pour moi, ton "moi" est plutôt la mère bienveillante que tu arrives à être malgré tes difficultés, malgré le fait que tu te sens pas mère mais tu as des difficultés à l'être tout le temps du fait que tu revis à travers ta maternité des blessures non cicatrisées (et dont tu n'avais pas consciences).


Anouk merci pour tes mots que j'ai lu et relu :coeur:

Je crois que tu as raison... Je n'avais jamais vu les choses ainsi, merci.

Mon moi authentique = mon enfant blessé. Oui certainement. Je me sens une petite fille qui crie, qui n'a pas eu son compte, qui est en demande, qui a des besoins et que personne ne voit. Et qui, en devenant mère, ne doit plus attendre quoique ce soit en tant que petite fille. Alors que c'est injuste, que j'en ai besoin, et que j'ai passé ma vie à attendre ça. Se détacher de ses blessures, ça veut dire laisser tomber, renoncer un dû qu'on aura pas quoi et ça me rend triste et ça me met en colère aussi.

Quand je suis mère je ne suis pas MOI. Tu vois ce que je veux dire? Je "n'exerce" pas naturellement mon rôle. Ce n'est pas émotionnel, ce n'est pas dans mon identité. Je ne me sens pas libre de le faire.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 18 Mai 2018, 07:27

Et cette libération dont tu parles,

L'as tu ressenti pas après pas, étapes par étapes? Comment l' as tu ressenti?

Pour ma part, plus je me rapproche de mon vrai "moi", dans mon devenir mère, plus je m'éloigne de ma mère, plus je lui suis déloyale et j'en souffre beaucoup aussi.

Donc de part et d'autre je ne ressens aucune libération :/

Si je me rapproche de ce que je suis en devenant maman, alors la petite fille abandonne sa propre maman, accepte de le faire, et cela m'est très difficile. J'aurais tellement voulu avoir qq chose de ma mère.

Je crois finalement que si je mets autant de temps à traverser cette DM c'est parce qu'au fond, cette loyauté je l'ai accepté, c'était mon engagement...à vie...et j'étais OK avec ça bien que cela me fasse passer à côté de pleins de choses de ma vie à moi, ce qui m'importait c'était ma mère, son regard, son approbation, son amour. J'avais un tel besoin d'elle b******

Si je veux devenir mère, à ma façon, c'est renoncer, laisser tomber ces attentes là, de petite fille. Grandir. C'est dur pour moi. :(
A la fois, je pense m'en sentir libérée, si j'arrive à ne pas culpabiliser.
Et à la fois je suis très triste d'avoir à le faire. :(
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