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Témoignages de mères en difficulté

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Au début, c'est comme une traversée du désert que l'on entreprend seule et puis, petit à petit les mots jaillissent, les idées se font plus claires et précises.

Là où s'ouvrir pouvait à chaque instant nous faire craindre l'hémorragie, on ressent désormais comme la nécessité de se réapproprier ses émotions en les verbalisant.

Viendra plus tard le désir de témoigner, de faire de cet impensable du départ : une histoire.

C'est important que d'un tel chaos puisse naître un récit, là où il n'y avait que débordement, silence et sidération.

Démêler l'écheveau qui a failli nous étouffer, retrouver et lier ensemble des moments éparses (mais si douloureux) de notre maternité pour en faire une histoire...

Lutter contre l'envie de substituer à la paralysie première des émotions, celle de la mémoire.

La difficulté maternelle n'est pas un état où l'on revient à son point de départ : c'est une traversée qui nous change pour toujours...*


*Chacun et chacune peut donc venir ici parler de sa douleur, de son vécu en toute liberté et de façon anonyme.

Ces témoignages vous sont simplement donnés à lire, vous pouvez ensuite en parler en accédant au forum de discussions.
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Je n'ai jamais été une folle de bébé, j'en voulais mais avec l'homme qui me donnerait envie d'en avoir. J'ai trouvé mon compagnon de route et ma première grossesse a débutée en août 2013. Dès le début, j'ai détesté être enceinte : grande fatigue, malaise perpétuel, nausées, changements physiques... Je n'ai été apaisée qu'à compter du début du congé maternité.
N'ayant jamais appréhendé l'accouchement, je suis allée assez décontractée à la maternité, malheureusement, déclarant de la fièvre en plein travail j'ai subi en pleine nuit une césarienne en urgence.

Plus de 4 ans après, cette période me hante toujours.
Si je témoigne aujourd'hui c'est parce qu'à l'époque je me suis sentie plus seule que jamais, et personne autour de moi n'avait jamais vécu quelquechose de comparable.

Il y a quelques années, j'accouche de mon fils, mon premier enfant, naturellement, comme je l'avais rêvé.

Très vite, dès la maternité, les difficultés apparaissent...

Je suis maman d'un petit garçon de trois ans, super beau, super joyeux et supermignon.

Mon fils était voulu, j'avais le bon âge, ma grossesse s'est plutôt bien passée cliniquement. J'avais choisi la bonne clinique, celle où tout le monde était bienveillant, j'avais pris des cours d'haptonomie, je voulais vraiment que tout soit parfait pour accueillir le bébé, j'avais suivi tous les cours de préparation à la naissance.

Psychologiquement, c'était le chaos :

La vie n'a pas été tendre avec ta maman tu sais ma princesse, je n'ai eu de cesse de me relever des épreuves que mes propres parents et ma propre maman m'ont fait supporter. Je me suis toujours dis que ce qui ne nous tuait pas nous rendait plus fort et qu'on sortait enrichi des difficultés et c'est ce qui m'a permis d'avancer. Quand j'ai rencontré ton papa, ça a changé ma vie, il m'a aidée à découvrir celle que je suis vraiment

Je me souviens...
Je me souviens de ne plus vouloir accoucher de peur de faire du mal à ma fille et ne pas savoir la protéger en dehors de mon ventre, les jours précédant sa naissance.
Je me souviens de la joie, des larmes puis des crevasses et de la douleur.
Je me souviens du jour de la chute d’hormones et de ceux qui ont suivi, avec ce mal-être qui s’installait et grandissait.

Cette enfant nous l'avons désiré pendant 2 ans,finalement nous avons eu recours à la PMA , PMA qui a réussi du premier coup.
On était surpris et en même temps heureux.
Au départ j'étais enceinte de jumeaux, mais un seul a survécu.
Dès le départ, j'ai beaucoup parlé à ma fille, je lui ai dit de se battre car je savais qu'il y avait des risques. J'ai eu peur pour elle, tout de suite mais peu à peu, plus la grossesse avançait plus j'étais rassurée.

J'ai accouché de ma fille en urgence par césarienne suite à un début de pré-éclampsie.

Chloé est née le 17 novembre 2014. Je suis restée à la clinique durant dix jours à cause d'une tension qui était encore très élevée. J'ai choisi d'allaiter notre fille, ce qui m'a beaucoup fatiguée. Chloé me réclamait beaucoup le sein, je pense après réflexion qu'il aurait fallu que je fasse un complément au biberon.

Là-dessus les fêtes de Noël sont arrivées, nous avons voulu être partout et cela a encore occasionné beaucoup de fatigue.

Il y a deux ans, et deux mois je mettais mon fils au monde. Tout ce que j avais pu ressentir en regardant des accouchements a la télévision n était pas au rendez vous, pour moi, à ce jour si unique.

Déjà ma grossesse s était passée psychologiquement très difficile car mon employeur n était pas content que je soit enceinte...

Alors tout a commencé à l'annonce de la grossesse aux urgences. J'y suis allée car j'ai eu des grosses douleurs. Mon stérilet s'était déplacé dans mon col. Donc on m'annonce que je suis enceinte de 10 semaines. Le choc est dur car mon premier avait à peine 12 mois. Et l'accouchement et les premiers mois on été très pénibles.

J'ai accouché de ma fille en urgence par césarienne suite à un début de prééclampsie , Chloé est né le 17 novembre 2014 . Je suis restée à la clinique durant dix jours à cause d'une tension qui était encore très élèvée ... J'ai choisi d'allaiter notre fille ce qui m'a beaucoup fatiguée , de plus les fêtes de noel sont arrivés , nous avons voulu être partout et cela à encore occassionné beaucoup de fatigue...

Il faut vivre avec le sentiment d'être un lapin pris dans les phares d'une bagnole.
Il faut vivre avec ce poids sur la poitrine, tout le temps ou presque.
Il faut vivre avec le regard des autres qui savent, qui tâchent de comprendre, ne comprennent pas vraiment.
Qui veulent aider, n'aident pas vraiment.

J'ai toujours désiré avoir une fille et pourtant lorsque je suis devenue maman en 1999 d'une petite Eva, j'ai regretté pendant des mois d'avoir eu ce bébé.

Rien durant cette grossesse ne m'avait préparée ni même avertie qu'une telle tempête allait me ravager à la naissance de mon enfant.

J'avais depuis toujours, en tous cas d'aussi longtemps que je me souvienne, souhaité être mère.

Je sais aujourd'hui que j'entretenais l'illusion d'un énorme bonheur car je pressentais certainement que ce serait aussi mon "merveilleux malheur"...

J'ai donné naissance à une petite fille en 1998, dans des conditions d'accouchement difficiles mais après une grossesse idyllique... Trop idyllique pour être normale d'ailleurs...

Je viens parler de quelque chose dont je n'ai quasiment jamais parlé à personne...
De quelque chose de vieux, mais qui résonne encore très douloureusement aujourd'hui...
De quelque chose que j'ai tenté d'enterrer, d'étouffer, de faire disparaître, qui a longtemps empoisonné mon existence, et qui pourrit la vie de ma fille...

J'avais 17 ans et je me suis retrouvée enceinte, le père de l'enfant me dit "débrouille toi ! Je ne veux rien savoir".

Au début je n'en parlais à personne car j'avais très peur mais à Noël 78, je me suis confiée à ma soeur qui a 17 ans de plus que moi. J'ai passé les vacances avec mes grands-parents et toute la sainte famille.

I. Mon cerveau a perdu la tête... (0-8 semaines après)
II. L'accouchement
III. Il y a des choses qu'il ne faut pas savoir (2.5-6 mois après)
IV. Epilogue
V. La boucle des chemins

J'écris car je ne suis peut être pas capable de dire tout cela.

J'ai cru il y a 10 jours que vous me reprochiez de m'endormir quand ma fille ne dort pas, et que mes angoisses allaient la perturber.
J'ai cru être jugée et vos mots sont toujours pour moi la Vérité.

Je suis une maman sans fleurs. Sans bravo, vous avez un beau bébé, vous avez été courageuse. Sans valise spéciale naissance pleine de coupons-réponses débiles.
Juste un petit bracelet que je porte au cou... mon enfant va très bien. Seulement il est loin de ses parents sans comprendre pourquoi.

J'ai 29 ans aujourd'hui. A l'époque 22 et j'étais en couple.
Tout allait pour le mieux, nous désirions un enfant rapidement, une première grossesse arriva...

Récit d'une psychose puerpérale :

J'ai accouché le 20 août 2004 d'une adorable petite fille : J. L'accouchement a été très long et douloureux (la péridurale n'ayant pas d'effet) mais j'avais la joie d'avoir une petite fille en bonne santé. Je voulais l'allaiter et cela a été très difficile car les sages-femmes étaient toujours pressées, préféraient donner le biberon et n'ont jamais pris le temps de me montrer comment il fallait faire.

J'ai rêvé de la maternité depuis que je suis toute jeune fille.
Je vous fais grâce de l'image d'Épinal que j'avais en tête, on est pas mal à tomber de haut tellement le décalage est grand avec la réalité.

Je suis l'heureuse (maintenant heureuse) maman d'une magnifique fille de maintenant 4 mois. Même si cet enfant était planifié depuis des années, le choc a tout de même été terrible. Ce petit être que nous voulions tant s'est transformé en cauchemar.

Tout a commencé un certain 29 août à 5h 30 du matin...
Premières contractions, premiers émois ( j'ai une petite puce de trois ans L, qui est née par césarienne, donc je ne connaissais à l'époque rien à l'accouchement , ni aux contractions du travail...du reste la naissance de ma fille fut un événement très heureux, et la césarienne malgré son caractère imprévu a été assez bien vécue) et premières douleurs...

J'estime avoir eu un accouchement raté, je peux le dire maintenant.
Pas physiquement, mais psychologiquement : bébé, on ne me l'a pas montré, on l'a posé sur mon ventre, recouvert par un linge : mon sentiment a donc été la surprise devant cette chose gluante et gigotante sur mon ventre, que je ne voyais pas, mais sentais juste. Violent peau à peau sans "présentation". Puis il a ouvert les yeux, mais pas sur moi, mais sur son père. Il a sursauté, et le père s'est exclamé : "il n'est pas beau !..."

J'étais très fusionnelle avec ma fille aînée et quand je suis tombée enceinte du 2eme bébé - suite à des problèmes de couple - j'ai commencé à avoir des doutes sur la solidité de ce dernier, sur son avenir. Du coup, j'ai mal vécu la seconde grossesse. J'ai eu un baby blues avant "l'heure" en quelque sorte...

J'ai 31 ans et une fille de 7 ans.
Je ne pouvais pas mieux revenir en arrière qu'en te lisant, car j'ai l'impression que c'est ma vie que je vois.
Moi, j'ai su que j'étais en difficulté maternelle quand ma fille a eu 5ans et demi et je n'ai commencé à recevoir de l'aide que quand elle en avait 6.

La grossesse et la naissance de mon enfant sont à jamais associées à des moments d'atroces angoisses...à tel point que j'ai sombré dans la folie.

 

Le 16 juillet 2005

Loulou,

En septembre, tu auras 4 ans...
C'est tout le temps qu'il m'a fallu pour réaliser ce qui s'était passé le jour de ta naissance, pour intérioriser ce rôle de mère qui me tombait dessus en l'espace de quelques heures.

Je ne vais pas parler ici de chiffres, de semaines d'aménorrhée, de tentatives à répétitions, de curetage, ni de gynécologue, de pilule, de petit ange. J'avais commencé à lire des témoignages de femmes, qui auraient elles aussi vécu ce que j'ai découvert, et traversé... Je ne comprends pas.

« En quel lieu, si saisi, si froid et si sanglant
Adressez vous ce pas incertain et tremblant ?
Qui vous a si matin tiré de votre couche ?
Quel trouble vous possède et vous ferme la bouche ? »

Si je tiens à témoigner ici, c'est parce que, durant mon parcours, j'ai longtemps cru que j'étais la seule femme, la seule mère à qui tout cela arrivait...

Comment commencer ? Comment dire ces choses qui font partie de ce qu'il y'a de plus douloureux en moi... ?

Ce bébé, je le voulais, je le désirais très fort et avant même qu'il ne soit dans mon ventre, je l'aimais déjà. Jamais je n'ai imaginé à quel point j'allais pouvoir descendre si bas. On ne prépare pas une maman, une future maman à ça...

LETTRE À MON FILS

Mon cher enfant,

Avant toi, je croyais qu'on naissait mère comme on naît fille ou garçon, brun ou blond, français ou italien.
Je pensais qu'être mère était la chose la plus évidente qui soit, qu'elle découlait du désir d'enfant concrétisé par une grossesse et finalisé par un accouchement.
Oui, avant toi j'avais tant de certitudes...

A toutes les mamans qui un jour, n’ont pas pu écouter l’histoire de leur enfant.
A tous les enfants qui, désespérément, intensément, ont voulu raconter une histoire à leur maman.

« Père... et terriblement seul face à la souffrance »  de .Pt

Je ne sais pas trop par où commencer. Je ne sais même pas s'il faut commencer... Tant de choses à dire.
Les émotions et la mémoire qui se bousculent et m'interpellent sans ordre apparent. Ce n'est pas évident de faire ressortir tout ça, de le partager, de lui donner un sens et de la logique (si jamais il y en a).

C'était il y a presque 3 ans, que je suis parti dans un voyage qui n'était pas le mien. C'était il y a presque 3 ans que G est né. Et si je suis là aujourd'hui à vous écrire vous savez certainement ce qui est venu après.

Le jour où j'ai appris que tu étais là, à l'intérieur de moi, j'ai explosé de joie. Je t'avais imaginé et désiré comme le plus beaux des cadeaux et je vais pouvoir te serrer dans mes bras, dans 9 mois. J'apprécie alors chaque jour de ma grossesse en attendant ta venue. Je veux te protéger et t'apporter le meilleur. Puis, plusieurs mois passent, et je me retrouve brusquement remplie d'angoisses, suite à une suspicion de maladie qui sera vite écartée par le corps médical. Mais mon angoisse est toujours là, de plus en plus forte, de plus en plus paralysante, jusqu'à en perdre le sommeil.

Je m'appelle Catherine, j'ai 52 ans, et je viens de terminer la lecture du livre "Tremblements de mères".
Cet ouvrage m'a été offert par ma fille Mélanie âgée de 28 ans, qui est infirmière en salle de naissance, et qui a tenu à me faire partager la souffrance de ces mères, car elle espère que ces témoignages vont m'aider à cicatriser de mon passé.
Elle est persuadée que sa grand-mère (ma mère) a souffert de cette pathologie et pense que ce livre va me permettre d'être dans la résilience.

Je ne sais pas quand ça a commencé. Je pensais dès la première minute de sa vie mais à bien y réfléchir, peut-être avant? Grossesse si idéale physiquement que si elle n'avait pas été voulue, j'aurais pu faire un déni tant je ne me sentais pas enceinte, malgré le ventre et les mouvements.
Dès les 4 mois de grossesse, phobies d'impulsion, dont je n'ai parlé à personne, de peur qu'on me qualifie de tarée.

Je n'ai jamais eu de facilité pour écrire et encore moins pour mettre en mots mes maux mais je me lance car je sais que poser les choses, c'est réparateur pour moi et que cela peut donner de l'espoir, peut-être, à d'autres qui se sentent démunies à un moment T ou qui se sentent seules.

"Je n'aurais jamais dû croire que je pouvais y arriver", "je n'aurais jamais dû avoir d'enfant", "je ne la regrette pas elle, je l'aime, mais je n'étais pas faite pour être mère"... 8 mois de grossesse, 1 mois d'avance, 14h de travail, 30 minutes dans nos bras... Transferts séparés vers un autre hôpital, elle en réa, moi en maternité...

Zhomme et moi nous nous sommes rencontrés en 2003; il a toujours voulu des enfants, moi non, de plus nous avions à peine 20 ans.
Les années ont passé, j'ai vu des naissances autour de nous. Puis en 2009, j'ai commencé à songer à la grossesse, mais le travail, le déménagement, étaient des "obstacles" pour un enfant.

Mon fils c'est ma vie, mon existence. Mon chamboulement aussi... Il est l'orage violent qui vient dans la sécheresse. Ça cogne, ça tonne mais ça rafraîchit.
Avant lui je savais que j'allais mal.
Avec lui, j'ai choisit de prendre les choses en main !

Partie 1 : un papa dans la tourmente puerpérale de sa compagne


Mon histoire est la même que celle des autres sauf que je suis un papa.
Il y a 3 mois et demi mon fils a vu le jour, 3 jours après la naissance il y a eu des pleurs de la maman face à la difficulté pour allaiter, 4 jours plus tard elle sortait avec 3 modes pour nourrir son fils (seins, tire lait, biberon).

Mars 2002... 4h du matin... je n'y résiste pas... je fais ce test de grossesse... POSITIF !!! Je me revois sauter de joie et dans l'impossibilité de me rendormir. 9 mois de bonheur, de plénitude... et un pti gars en prime !
1er novembre 2002. Je suis la spécialiste du faux travail. Mon pti gars a envie de nous rencontrer mais les choses sont longues et compliquées.

Mon fils est arrivé le 28 janvier.
J'ai attendu ce moment depuis des années et j'ai toujours imaginé que ce serait un instant unique dans ma vie de femme, un moment merveilleux. J'étais loin du compte... et la déception est loin d'être un mot suffisamment fort pour qualifier ce que je ressens, je dirais que je suis plus proche du traumatisme.

J'ai accouché en 2011 d'une petite Maryam que j'ai perdue à la naissance, 3 jours après le terme. Cela a été la plus grande épreuve de ma vie.
2 ans plus tard je tombe enceinte d'Assya, enfant désirée, "programmée", car je sentais que c'était le moment.

Parce que c'était à moi d'assumer mon enfant, de m'en occuper, de veiller sur mon tout petit. Je suis maman, je suis responsable de ce petit être.

Je me rappelle que je pleurais sans raison apparente vers les 7-8 mois de grossesse. Indicible. Inconsolable. Des peurs et des pleurs. "Ce sont les hormones". sûrement. Ce devait être usant pour mon entourage de me voir ainsi. Qui peut me consoler de cette angoisse profonde, qui rejaillira d'ailleurs plus intensément quelques mois plus tard.

Donner la vie est censé être l'expérience la plus heureuse de la vie d'une femme. Ce fut un cauchemar pour moi.

Pour Roxane, ma fille. Ta naissance m'a brisée. Je me suis reconstruire pour toi, grâce à toi.

Pendant ma grossesse, je t'imaginais grandir, te développer en moi. Dans mon ventre, bercée par mon rythme cardiaque, ma voix, mes mouvements, baignant dans un liquide chaud.

Jeune maman de 30 ans, d'une petite puce de 21 mois, je me sens aujourd'hui prête à partager mon témoignage de maman ayant traversé un énorme baby blues ou une DPP,

afin d'aider et d'échanger avec d'autres mamans qui sont dans la même situation.


Ma fille est née le 4/08/2013, après une grossesse merveilleuse.

Cependant sa venue au monde l'a été beaucoup moins.

J'ai mis 18 mois à tomber enceinte, 18 longs mois ; un parcours de PMA avait même été demandé. Et puis c'est arrivé: le 15 juin 2012, une prise de sang positive, la joie totale. Les premiers mois se sont bien passés.

Mais à partir de 4 mois de grossesse, je me suis mise à pleurer quotidiennement. Pourtant l'horreur a vraiment commencé lorsque le test pour le diabète de grossesse, à cinq mois et demi, est revenu positif.

Un très long chemin…mais je suis arrivée enfin !!!
J'ai toujours voulu avoir un enfant, être la mère que je n'ai jamais eu. De l'amour, j'en ai toujours eu de la part de mes parents; de la stabilité, du réconfort, jamais.
Il y a une phrase que j'ai lue un jour : un homme dans sa vie devrait avoir un enfant, écrire un livre et planter un arbre. J'aime cette citation.
L'arbre, je l'ai planté, le livre, je l'écrirai peut-être un jour, l'enfant, je l'ai eu en 2008.

Quelques semaines après la naissance de ma fille, j'ai fait une DPP qui a commencé de façon assez insidieuse, par des signes avant coureurs dont certains sont bien décrits sur ce site.

Nous désirions énormément cet enfant, et quelle ne fut pas notre joie d'apprendre que c'était une fille, après un beau garçon, à l'écho du 2ème trimestre ! Pendant ma grossesse, par contre, j'avais très souvent peur : qu'elle soit mal-formée, de ne pas l'aimer, de ne pas la supporter dans mon ventre, de faire une crise de panique pendant l'accouchement.

Notre petite Emma est une enfant désirée.


Pour ma part, le lien affectif s'est tout de suite créé.


Au moment du retour à la maison, je me suis retrouvée seule avec la petite, mon mari étant en deplacement la semaine. La fatigue s'est vite fait ressentir. Je n'imaginais pas ressentir un épuisement si grand ; et avec les crises du soir à supporter et apaiser, ses pleurs incessants que seuls mes bras calmaient, et un allaitement difficile, j'etais à vif. Je devenais agressive, nerveuse, stressée, angoissée (et je le suis resté longtemps).

J'ai 49 ans et mon fils 17 ans né en juillet 1998.

J'étais très heureuse d'attendre un bébé. Je lui avais fait une garde robe impressionnante. Mais au fur et à mesure que l'échéance approchait, je ressentais une angoisse, dont je ne parlais à personne.

Il faut que je précise que j'ai perdu mon grand-père en mai 1997, mon père en septembre 1997, et que j'ai été enceinte en octobre 1997.

 A la naissance de mon fils, j'étais euphorique, mais au bout de quelques jours, j'avais beaucoup de doutes, me posais beaucoup de questions : serais-je une bonne mère, serais-je capable de l'élever, serais-je capable de le comprendre..

Quand j’étais enfant, j'ai fait avec mon frère, de 2 ans mon aîné, des « frotti frotta » (jeux du docteur) à plusieurs reprises, et ceci s'est arrêté avant mon adolescence. Un jour, alors que j'étais adolescente, j'ai entendu à la télévision ce qu'était l'inceste, et j'ai fait un amalgame, en pensant que c'était ce que j'avais fait avec mon frère. A partir de ce moment, je me suis fortement culpabilisée, et cela m'a paniquée. J'ai gardé cela au fond de moi, je ne voulais plus y penser.


A 29 ans, je suis tombée enceinte. J'ai eu une grossesse idéale, j'étais heureuse et je me sentais bien dans mon corps, jusqu'au moment où mon gynéco m'a annoncé que j'allais bientôt accoucher. Là, j'ai commencé à tomber en dépression : la culpabilité de ce que j'avais fait avec mon frère avait resurgi. Cette idée revenait sans cesse, j'en étais affolée.

Je me souviens, c'était il y a maintenant 3 ans. Cela faisait un mois que j'étais devenue maman pour la première fois, d'une petite O.

Je me suis réveillée un matin et j'ai dit à mon mari « Ce n'est pas normal ce qui m'arrive ». Depuis dix jours je me sens très déprimée, au fond du trou, avec parfois un jour d'euphorie et d'excitation.

Non, oh non jamais je ne serai maman un jour. Ce sont ces mots que répétait sans cesse la jeune adulte que j'étais. J'avais si peur de souffrir et de faire souffrir. L'ombre d'un père meurtri et inquiétant était inscrite en moi si profondément.

Chloé est née le 17 novembre 2014. J'ai accouché de ma fille en urgence par césarienne suite à un début de pré-éclampsie. Je n'ai pas mal vécu la césarienne en elle même, autrement dit l'opération ; mais plutôt l'après césarienne. La sage femme a dû m'appuyer sur le ventre pour faire sortir d'éventuels caillots, ce qui a été très douloureux. De plus, je ne pouvais pas prendre Chloé de moi-même dans les bras, car le moindre mouvement était douloureux les trois premiers jours. Pourtant, cet épisode ne m'a pas empêchée d'avoir une bonne relation avec ma fille.

Je  suis restée à la clinique durant dix jours à cause d'une tension encore très élevée. J'ai choisi d'allaiter notre fille, ce qui m'a beaucoup fatiguée. Chloé me réclamait beaucoup le sein, je pense après réflexion qu'il aurait fallu que je fasse un complément au biberon.

J'ai 24 ans et je suis tombée enceinte en avril 2014. J'ai accouché le 22 janvier 2015, le jour pile du terme. Après une grossesse magnifique, j'ai eu un accouchement idéal, et le séjour à la maternité s'est très bien passé. Le papa est resté jour et nuit avec nous (mais en dormant par terre, le pauvre).
Vendeuse en prêt à porter, j'ai pris un congé parental de 6 mois. Or, à rester à la maison, la situation a commencé à se tendre. Je stressais tout le temps à propos des horaires et de l'organisation, pour savoir si je pouvais aller faire les courses sans manquer l'heure du biberon et ce genre de chose... En fait, je ne vivais plus. Je commençais à m'occuper du bébé et effectuer mes tâches quotidiennes par obligation, sans aucun plaisir.